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Blé : l’Algérie parmi les pays confrontés à la hausse des prix mondiaux

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Les perturbations qui affectent les exportations de blé depuis la Russie et l’Ukraine entraînent une hausse des coûts sur le marché international. L’Algérie, qui figure parmi les principaux importateurs mondiaux de cette céréale, est directement concernée par cette situation, même si plusieurs facteurs limitent son exposition au choc.

Selon les données rapportées ce samedi par Al Jazeera, le marché mondial ne fait pas face à un manque généralisé de blé. La production devrait rester à des niveaux élevés. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) prévoit une production mondiale de 810,7 millions de tonnes en 2026, tandis que le département américain de l’Agriculture (USDA) table sur environ 822,4 millions de tonnes pour la campagne 2026-2027.

La principale difficulté concerne davantage l’acheminement des céréales que leur disponibilité. La Russie et l’Ukraine représentent à elles seules environ 30 % des exportations mondiales de blé. Les risques liés à la guerre, les perturbations portuaires et l’augmentation des coûts du transport et de l’assurance ont réduit les capacités d’exportation depuis la région de la mer Noire.

Des prix en hausse sur plusieurs marchés

Cette situation a favorisé une hausse des prix sur les marchés des pays exportateurs sollicités pour remplacer une partie des volumes provenant de la mer Noire.

Début septembre, le prix du blé australien de référence atteignait environ 301 dollars la tonne, contre 312 dollars pour le blé australien de qualité supérieure. Le blé canadien à haute teneur en protéines s’établissait pour sa part à environ 331,34 dollars la tonne, avec une progression de 13,5 %.

Ces niveaux ne correspondent toutefois pas à un prix mondial unique. Les différences de qualité, de teneur en protéines, d’origine et de coûts de transport expliquent une partie des écarts entre les différentes variétés.

En Ukraine, les opérations de chargement dans plusieurs ports de la mer Noire restent limitées par les risques sécuritaires. Les itinéraires passant par le Danube et les voies terrestres vers la Roumanie permettent de maintenir une partie des exportations, mais leurs capacités ne permettent pas de remplacer totalement celles des ports en eau profonde.

La Russie rencontre également des difficultés dans certains ports. Une partie des exportations est progressivement réorientée vers des installations de la Baltique et de l’Arctique, mais ces infrastructures disposent d’une capacité inférieure à celle des principaux ports céréaliers du sud du pays.

L’Algérie parmi les grands pays importateurs concernés

Pour l’Algérie, l’USDA prévoit des importations de blé de l’ordre de 8,3 millions de tonnes durant la campagne 2026-2027, contre une précédente estimation de 8,5 millions de tonnes. Cette révision s’explique notamment par la progression des stocks disponibles sur le marché national.

L’Algérie figure ainsi parmi les principaux pays importateurs exposés à la hausse des prix. Selon les données citées par Al Jazeera, elle occupe la cinquième position parmi les pays dont la facture pourrait être fortement affectée par une augmentation des cours.

À titre indicatif, une hausse de 50 dollars du prix moyen de la tonne, appliquée à 8,3 millions de tonnes importées, représenterait environ 415 millions de dollars supplémentaires sur la facture annuelle.

L’impact ne se traduit toutefois pas nécessairement par une hausse équivalente du prix du pain pour le consommateur. Entre le cours international du blé et le prix des produits alimentaires interviennent notamment le transport, l’assurance, le taux de change, le stockage, la transformation, la distribution ainsi que les mécanismes de soutien public.

Le système d’importation, la diversification des fournisseurs et le niveau des stocks peuvent également contribuer à amortir les variations des cours internationaux.

L’Égypte et l’Indonésie également exposées

L’Égypte fait partie des pays pour lesquels la hausse des prix pourrait entraîner une facture importante. Ses importations de blé sont estimées à environ 12 millions de tonnes pour 2026-2027, alors que la production nationale devrait atteindre 10 millions de tonnes pour une consommation évaluée à 20,7 millions de tonnes.

Sur cette base, une augmentation de 50 dollars par tonne représenterait environ 600 millions de dollars supplémentaires si elle s’appliquait à l’ensemble des volumes importés.

L’Indonésie devrait également importer environ 12,5 millions de tonnes de blé. Le pays dépend largement des importations pour approvisionner notamment les secteurs de la farine, des pâtes, des produits de boulangerie et de l’industrie alimentaire.

Le Bangladesh, le Nigeria, la Turquie, le Yémen et le Soudan figurent également parmi les pays concernés par la hausse des coûts.

Au Nigeria, les effets du renchérissement du blé peuvent être amplifiés par les coûts du financement en devises, du transport et par les fluctuations du taux de change. En Turquie, la situation est différente puisque le pays produit du blé, en importe et joue également un rôle dans la transformation et la réexportation de produits céréaliers.

Au Yémen et au Soudan, les difficultés économiques, logistiques et alimentaires rendent en revanche la hausse des coûts d’approvisionnement particulièrement sensible.

Un problème d’acheminement plus que de disponibilité

La situation actuelle ne correspond donc pas à une pénurie mondiale de blé. La production reste élevée et plusieurs pays exportateurs disposent de volumes importants.

La difficulté réside principalement dans la capacité à transporter ces céréales vers les marchés importateurs. Lorsque les ports de la mer Noire fonctionnent au ralenti, les acheteurs se tournent vers l’Australie, le Canada, l’Argentine ou certains fournisseurs européens. Cette réorientation augmente cependant la pression sur les ports, les navires, les réseaux ferroviaires et les capacités de stockage.

L’USDA prévoit d’ailleurs un recul du commerce mondial du blé à environ 213,2 millions de tonnes en 2026-2027, contre 226,6 millions de tonnes la campagne précédente.

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