En Algérie, tous les candidats à des postes dans la fonction publique, ainsi que dans les entreprises publiques et privées, doivent désormais passer un test antidrogue.
La loi relative à la prévention et à la répression de l’usage et du trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes, promulguée le 13 juillet dernier, impose des tests de « dépistage négatifs attestant de la non-consommation de stupéfiants et/ou de substances psychotropes ». L’application de cette mesure attendait toutefois la publication d’un texte réglementaire.
Cette étape a été franchie avec la parution, ce lundi 2 février au Journal officiel n°8, du décret exécutif n° 26-76 du 14 janvier 2026, qui définit les conditions et modalités de prévention de l’usage de stupéfiants et/ou de substances psychotropes lors du recrutement dans les secteurs public et privé.
Ces tests concernent les « candidats aux concours de recrutement dans les administrations, les établissements et institutions publics, les établissements d’intérêt général et ceux ouverts au public et les institutions et organismes du secteur privé », selon la loi antidrogue.
L’article 3 du décret précise que « outre les autres conditions de recrutement prévues par la législation et la réglementation en vigueur, il est exigé que les dossiers de recrutement dans les secteurs public et privé comportent des tests de dépistage négatifs prouvant que le candidat n’a pas consommé de stupéfiants et/ou de substances psychotropes ».
Les tests antidrogues concernent également les fonctionnaires et travailleurs candidats aux examens et tests professionnels, dans les secteurs public et privé, selon le texte signé par le Premier ministre Sifi Ghrieb.
Ils sont exigés dans tous les dossiers de candidature pour des fonctions ou postes d’emploi dans les administrations, les établissements et institutions publics, les établissements d’intérêt général, les établissements ouverts au public ainsi que les institutions et organismes du secteur privé.
Ces tests sont effectués dans des laboratoires autorisés par le ministère chargé de la santé, conformément aux normes qui garantissent l’exactitude et la fiabilité des résultats. « Les tests de dépistage consistent à rechercher l’usage d’une ou de plusieurs substances, classées comme stupéfiants et/ou substances psychotropes par la réglementation en vigueur », précise le texte.
Et d’ajouter : « Les analyses peuvent inclure l’examen d’échantillons biologiques de sang, de salive ou d’autres échantillons biologiques qui permettent de détecter la consommation de stupéfiants et/ou de substances psychotropes. » « Pour la vérification des résultats des analyses, il peut être recouru à la technologie du code à réponse rapide (QR Code), qui permet de déterminer l’identité du candidat qui a subi les analyses, le laboratoire d’analyses et leurs résultats », selon la même source.
« Les conditions et les modalités d’application du présent article et la liste des laboratoires autorisés à effectuer les analyses prévues au présent décret, sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé », indique le décret, et souligner que « les laboratoires concernés enregistrent les résultats des tests par voie électronique et/ou sur support papier et sont astreints à préserver leur confidentialité et à ne pas porter atteinte à la vie privée des personnes concernées. »
Les candidats qui consomment des stupéfiants et/ou des substances psychotropes pour des « raisons médicales et de santé » doivent « déclarer les substances qu’ils utilisent et de fournir », avec le dossier de candidature, en plus des « tests prévus au présent décret, un certificat médical qui le prouve, sauf si cela est incompatible avec l’emploi ou le poste à pourvoir ». L’article 7 précise que « l’avis du médecin du travail peut être requis pour le secteur privé ».
« Les tests prévus par le présent décret, sont valables pour une durée de trois (3) mois, à compter de la date de leur établissement. Les mêmes analyses peuvent être utilisées dans plusieurs dossiers de recrutement ou de candidature aux examens et tests professionnels, sous réserve des dispositions de l’alinéa 1er du présent article », stipule l’article 9 du texte.
À l’exception des cas prévus par l’article 7, les dossiers de candidature et ceux des fonctionnaires et travailleurs candidats aux examens et tests professionnels qui ne « comportent pas de tests de dépistage négatifs » sont « rejetés ».
« Quiconque divulgue, hors les cas où la loi l’exige, les informations relatives aux analyses prévues par le présent décret et leurs résultats, est passible des peines prévues par la législation en vigueur », et « la présentation de tests et de documents inexacts est passible des peines prévues par la législation en vigueur. »
L’article 14 indique que les dispositions du décret « ne peuvent constituer des dispositions d’exclusion du recrutement ou de candidature aux examens ou tests professionnels dans les secteurs public et privé ».
« Les personnes dont les résultats des tests prévus par le présent décret font apparaître la présence d’un usage de stupéfiants et/ou de substances psychotropes, peuvent postuler à des emplois dans les secteurs public et privé après avoir suivi les mesures curatives prévues par la loi n° 04-18 du 25 décembre 2004 ».
Les règlements intérieurs des établissements, institutions et organismes « doivent être mis en conformité avec les dispositions du présent décret, dans un délai maximum de six (6) mois, à compter de la date de sa publication au Journal officiel ».






