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Président Tebboune : « L’Algérie n’a jamais demandé un quota de visas à la France »

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Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que l’Algérie n’avait jamais demandé à la France de fixer un quota de visas pour les ressortissants algériens. Cette déclaration intervient alors que la question des visas continue d’alimenter le débat politique en France, malgré l’amélioration progressive des relations entre Alger et Paris.

Lors de l’entrevue accordée lundi soir aux médias nationaux, le chef de l’État est revenu sur la polémique née après les déclarations de l’ambassadeur de France en Algérie concernant les visas. Il a été interrogé sur les réactions de responsables de la droite et de l’extrême droite françaises à la suite des propos du diplomate.

Le président Tebboune a dénoncé ce qu’il considère comme l’attitude d’une partie de la classe politique française. « C’est vraiment le comportement d’une minorité agissante, vraiment une minorité bruyante et agissante puisque maintenant ça se répercute sur leurs dirigeants », a-t-il déclaré, précisant vouloir « réaffirmer trois choses pour les Algériens, avant nos amis français ».

Le chef de l’État a d’abord assuré que « le président algérien n’a jamais demandé un quota de visas, un nombre de visas ou parlé de visas ». Il a rappelé que cette question relève de la souveraineté de chaque État, tout en soulignant qu’entre l’Algérie et la France, les problèmes « sont enchevêtrés ».

Dans ce contexte, il a ajouté : « Ce n’est pas un problème de  »je veux », ce n’est pas uniquement le problème des accords de 1968. Qu’est-ce qui a amené l’accord de 1968, qu’est-ce qui a amené les accords d’Évian, qu’est-ce qui a amené la guerre de libération ? Tout ça, on en fait table rase ? Une anesthésie collective de la conscience ? Non ! ».

Le président Tebboune a également insisté sur le fait que l’Algérie ne sollicite pas de faveur en matière de visas. « l’Algérie ne quémande pas », a-t-il affirmé, ajoutant que le pays n’avait jamais demandé de quota, notamment parce que « les Algériens qui émigrent actuellement, c’est des intellectuels, des médecins, des ingénieurs, il n’y a plus d’ouvriers qui vont là-bas. »

Il est aussi revenu sur les déclarations de l’ambassadeur de France en Algérie. Selon lui, le diplomate a présenté la reprise de la délivrance des visas « comme étant un geste, mais l’Algérie n’a jamais demandé ce geste-là (…) il a cru bien faire à son niveau, mais la désinformation, c’est la culture des mauvais, parce qu’ils n’affrontent pas la réalité. » Cette « désinformation » concernait également la question de la mémoire, en attribuant à l’Algérie des revendications qu’elle n’a jamais formulées.

À ce sujet, il a déclaré : « Je n’ai jamais demandé d’excuses. La même minorité agissante dit  »le gouvernement, à chaque fois, il s’excuse ». Il ne s’est jamais excusé, je n’ai jamais demandé d’excuses et l’Algérie ne demandera pas d’excuses. On n’est pas fous pour demander des excuses à une génération qui n’a rien à voir avec ce qui s’est passé il y a des siècles. »

Il a également écarté toute demande d’indemnisation envers la France. « On ne l’a pas fait et on ne le fera pas. Je n’ai jamais demandé d’indemnisation, l’Algérie ne fera jamais la manche, l’Algérie ne demandera jamais de l’argent à quelqu’un, c’est un problème de dignité nationale », a-t-il déclaré. Il a précisé que la seule demande formulée concernait les conséquences des essais nucléaires français, « parce qu’il y a des dégâts collatéraux jusqu’à présent, pour une prise en charge des malades, c’est tout ».

Selon le président Tebboune, les critiques visant l’Algérie trouvent leur origine dans « un héritage de l’OAS et d’avant l’OAS… ». Il a toutefois insisté sur le fait que ces positions ne reflètent pas celles de l’ensemble de la société française. « Ce n’est pas la France, on sait faire la différence. Nous avons suffisamment côtoyé assez d’intellectuels français, assez de Français honnêtes pour ne pas leur coller cette tare, parce que c’est une véritable tare », a-t-il affirmé.

Cette polémique est née après un entretien accordé le 14 juillet au site TSA par l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet. Le diplomate avait indiqué que la délivrance des visas retrouvait progressivement un rythme normal et qu’un retour au niveau enregistré avant la crise diplomatique, soit environ 250 000 visas par an, pouvait être envisagé.

Les déclarations du président Tebboune interviennent aussi quelques jours après celles des autorités françaises. À l’issue du Conseil des ministres du 22 juillet, la porte-parole du gouvernement français, Maud Brégeon, avait rappelé les propos d’Emmanuel Macron : « La France a engagé un travail exigeant sur des enjeux et des sujets majeurs avec l’Algérie. Mais pour autant il n’y a aucun objectif chiffré en matière de visas et il n’y a aucun laxisme de la part de la France. »

Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’était également exprimé sur ce dossier en déclarant : « J’ai participé aux discussions avec l’Algérie. On n’a jamais évoqué ce sujet. » Ces prises de position interviennent alors que les échanges entre Alger et Paris ont repris après plusieurs mois de tensions diplomatiques qui avaient affecté plusieurs dossiers, notamment celui des visas. Selon les autorités françaises, le nombre de visas accordés aux ressortissants algériens avait reculé de plus de 20 % en 2025.

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