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Algérie-France : Stéphane Romatet évoque la relance des échanges économiques, l’usine Renault et les visas

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Deux mois après son retour à Alger, l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, estime que les relations entre Alger et Paris sont engagées dans une phase de reprise après près de deux années de tensions. Dans un entretien accordé à TSA, il est revenu sur les dossiers économiques, la délivrance des visas ainsi que sur l’évolution des relations bilatérales entre les deux pays.

Pour Stéphane Romatet, la crise entre les deux pays a également eu des répercussions sur le plan économique. Il rappelle que « le volume des échanges entre l’Algérie et la France a baissé », notamment les exportations françaises vers l’Algérie.

L’ambassadeur considère toutefois que plusieurs signaux montrent une reprise progressive de la coopération économique. Il cite notamment la visite en Algérie du président du Medef à l’invitation du président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula. Une visite de ce dernier en France est d’ailleurs prévue à l’automne, avant un nouveau déplacement d’une délégation du Medef en Algérie.

Autre illustration de cette reprise, la participation française à la dernière Foire internationale d’Alger (FIA 2026). Selon lui, la France a pu y installer « un pavillon français avec une trentaine d’entreprises », traduisant l’intérêt des sociétés françaises pour le marché algérien. « L’Algérie est une terre d’investissement », affirme-t-il, ajoutant que de nombreuses entreprises souhaitent reprendre leurs projets et rechercher de nouveaux partenaires.

Plusieurs secteurs sont concernés par cette dynamique, notamment le transport maritime, l’industrie pharmaceutique, l’agroalimentaire, la finance, mais aussi l’innovation et les nouvelles technologies. Stéphane Romatet souligne également la participation de startups algériennes au salon Vivatech en France, estimant que des coopérations peuvent se développer dans « l’économie digitale, l’intelligence artificielle, la mécanique quantique » ainsi que dans le domaine de la santé.

Interrogé sur l’industrie automobile, l’ambassadeur confirme que Renault poursuit ses discussions avec les autorités algériennes. « Il y a un projet de Renault de rouvrir son usine d’Oran et des discussions sont en cours avec les autorités algériennes, avec le ministère de l’Industrie », indique-t-il, en exprimant le souhait que cette réouverture puisse intervenir rapidement.

Il rappelle également que Stellantis est déjà présent en Algérie à travers Fiat, tout en soulignant que le groupe comprend aussi Peugeot. Selon lui, « l’Algérie est aussi un marché important pour les constructeurs automobiles français » et « il y a de la place pour tout le monde ».

Vers un retour progressif au niveau d’avant-crise pour les visas

La question des visas figure également parmi les priorités évoquées par l’ambassadeur. Il explique que la France a cherché à éviter que les tensions diplomatiques aient des conséquences directes sur les citoyens des deux pays. « Notre objectif (…) ça a été de faire en sorte que la population n’en subisse pas les conséquences », affirme-t-il.

Il reconnaît toutefois que les difficultés rencontrées ces derniers mois, notamment le manque de personnel dans les services consulaires, ont réduit le nombre de rendez-vous disponibles et ralenti le traitement des demandes. Depuis son retour à Alger, la priorité est donc de « remettre à niveau nos réseaux diplomatiques et consulaires » afin de faciliter à nouveau l’obtention des rendez-vous et des visas.

Avant la crise, la France délivrait environ 250 000 visas par an aux ressortissants algériens. Ce chiffre a diminué durant la période de tensions. L’objectif affiché est désormais de retrouver progressivement le niveau antérieur. Stéphane Romatet précise également que Paris et Alger travaillent au rétablissement complet des effectifs de leurs représentations diplomatiques et consulaires respectives afin que celles-ci puissent exercer pleinement leurs missions.

Au-delà des dossiers économiques et consulaires, l’ambassadeur estime que son retour à Alger répond à une volonté politique commune de tourner la page de la crise. Il explique être revenu « à la demande du président de la République pour réengager avec l’Algérie une relation basée sur la confiance », avec pour mission de « remettre cette relation sur les rails ».

Selon lui, les échanges officiels ont déjà repris à travers plusieurs visites ministérielles dans les deux sens et la relance des contacts dans les domaines de la sécurité, de la justice et des migrations. Il souligne que les deux pays souhaitent reconstruire des mécanismes de coopération qui avaient été fortement ralentis. Parmi les dossiers remis à l’ordre du jour figurent la lutte contre le narcotrafic ainsi que les affaires liées aux biens mal acquis.

Concernant ce dernier dossier, Stéphane Romatet rappelle que les échanges entre les autorités judiciaires ont repris, notamment après la visite du ministre français de la Justice à Alger et le déplacement d’une délégation de hauts magistrats algériens à Paris.

Pour l’ambassadeur, la priorité est désormais de « faire redémarrer les moteurs de la relation bilatérale », afin de « rattraper le temps perdu » et de reconstruire « la confiance retrouvée entre la France et l’Algérie ».

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