Les revenus tirés des exportations de pétrole de l’Algérie ont reculé en 2025, dans un contexte marqué par la baisse des prix du brut sur les marchés internationaux. C’est ce qui ressort d’un rapport de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et relayé ce jeudi 14 mai par la plateforme spécialisée Attaqa.
Selon ces données, les recettes pétrolières algériennes se sont établies à 22,4 milliards de dollars en 2025, contre 25,8 milliards de dollars en 2024, soit une baisse de 13 %, ce qui représente 3,4 milliards de dollars.
Cette diminution intervient alors même que les volumes exportés ont légèrement augmenté. Les exportations de pétrole de l’Algérie ont atteint 996.000 barils par jour en 2025, en hausse de 20.000 barils quotidiens par rapport à l’année précédente.
Le recul des recettes s’explique principalement par la baisse des cours mondiaux du pétrole. Le prix moyen du Brent s’est établi autour de 70 dollars le baril en 2025, contre 80 dollars en 2024, soit le plus important recul annuel enregistré depuis la crise sanitaire de 2020.
Les données historiques de l’Opep montrent que les recettes pétrolières de l’Algérie ont connu d’importantes fluctuations depuis les années 1960, au gré des variations des prix du brut et des volumes exportés.
Le niveau le plus élevé jamais enregistré remonte à 2008, lorsque les revenus des exportations pétrolières avaient atteint 53,6 milliards de dollars. Cette année-là, les prix du pétrole avaient fortement progressé, approchant les 150 dollars le baril sur les marchés internationaux. Au cours de la dernière décennie, entre 2016 et 2025, les recettes cumulées des exportations de pétrole de l’Algérie ont totalisé environ 233 milliards de dollars.
Au début des années 1960, les revenus pétroliers du pays restaient limités. Ils étaient estimés à 106 millions de dollars en 1960 avant de passer à 456 millions de dollars en 1963. Les recettes ont ensuite progressé régulièrement pour dépasser le seuil du milliard de dollars en 1972. Deux ans plus tard, elles franchissaient les 4 milliards de dollars. En 1980, les revenus pétroliers avaient dépassé 12,9 milliards de dollars, avant d’entrer dans une longue période de fluctuations durant les années 1980 et 1990.
À partir des années 2000, la hausse des prix du pétrole a permis une forte progression des recettes. Elles sont passées de 14,2 milliards de dollars en 2000 à plus de 23 milliards en 2004, puis 33 milliards en 2005. La tendance s’est poursuivie jusqu’au record de 2008.
En 2010, les recettes pétrolières algériennes avaient reculé à 38 milliards de dollars avant de remonter à 51,5 milliards en 2011. Par la suite, elles sont restées comprises entre 40 et 45 milliards de dollars pendant plusieurs années, avant de chuter à 21,7 milliards de dollars en 2015 puis à 18,6 milliards en 2016, à la suite de la baisse des prix du pétrole.
La crise du Covid-19 a entraîné un nouveau recul en 2020, avec des recettes limitées à 13,2 milliards de dollars. Depuis 2021, les revenus pétroliers ont connu une reprise progressive, avec 23,3 milliards de dollars cette année-là. Ils ont atteint 32,5 milliards de dollars en 2022, année marquée par les tensions liées à la guerre en Ukraine, avant de repartir à la baisse les années suivantes, avec 26,1 milliards de dollars en 2023, 25,8 milliards de dollars en 2024 et 22,4 milliards de dollars en 2025.
Concernant les volumes exportés, les données de l’Opep indiquent que les exportations pétrolières de l’Algérie ont longtemps évolué entre 600.000 et 700.000 barils par jour à partir des années 1980. Le seuil du million de barils quotidiens a été franchi pour la première fois en 1988. Les exportations ont ensuite dépassé 1,7 million de barils par jour en 2007, un niveau qui reste le plus élevé enregistré à ce jour. Depuis 2020, les exportations algériennes sont repassées sous le seuil du million de barils par jour et n’ont pas retrouvé leurs niveaux des années précédentes.
L’Opep indique également que les réserves pétrolières de l’Algérie restent stables à 12,2 milliards de barils depuis 2021. Le pays dispose ainsi des troisièmes plus importantes réserves de pétrole en Afrique, derrière la Libye et le Nigeria. La production algérienne de pétrole brut a atteint 936.000 barils par jour en 2025, soit une hausse de 29.000 barils quotidiens par rapport à 2024. En 2010, elle avoisinait toutefois 1,2 million de barils par jour.






