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Opep+ : une hausse de 188.000 barils/jour en juin

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Sept pays membres de l’alliance Opep+, dont l’Algérie, ont décidé d’augmenter leur production pétrolière pour le mois de juin. Cette décision intervient dans un contexte marqué à la fois par une volonté affichée de stabilité du marché et par des fragilités internes au sein du groupe.

Réunis dimanche 3 mai dans le cadre de la coordination des signataires de la Déclaration de coopération (DoC), l’Algérie, l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Kazakhstan, le Koweït et Oman ont validé une hausse collective de leur production. Celle-ci atteindra « 188.000 barils par jour » supplémentaires en juin, selon les informations communiquées par le ministère des Hydrocarbures et l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

Pour l’Algérie, cette augmentation se traduira par un ajout de 6.000 barils par jour. Sa production devrait ainsi atteindre 989.000 barils quotidiens au cours du mois de juin.

Lors de cette réunion tenue par visioconférence, le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, ainsi que des responsables du secteur ont pris part aux discussions portant sur les perspectives du marché pétrolier à court terme. Les participants ont réaffirmé « leur attachement à poursuivre la concertation étroite et continue, ainsi que leur détermination à agir de manière responsable, coordonnée, et proactive, à même de soutenir l’évolution positive du marché pétrolier international et de maintenir sa stabilité ».

Les échanges ont également mis en avant un contexte économique mondial jugé « orienté vers une stabilisation progressive ». Les ministres ont relevé « des indicateurs encourageants de reprise, soutenus par une dynamique de demande appelée à se renforcer davantage dans les semaines à venir ». Ils ont par ailleurs estimé que le ralentissement récent devrait laisser « progressivement place à une amélioration de la consommation pétrolière, portée par des fondamentaux globaux solides », selon le ministère algérien des Hydrocarbures.

Malgré cette orientation, la situation du marché reste marquée par plusieurs incertitudes. L’Opep+ traverse en effet une phase délicate après le retrait des Émirats arabes unis de l’alliance. Le communiqué publié par l’Opep à l’issue de la réunion ne mentionne pas ce départ, une absence interprétée par certains analystes comme le signe de tensions internes.

Selon Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, cité par l’AFP, cette omission reflète « en effet » un signe de tensions dans les relations avec Abou Dhabi après son départ de l’alliance cette semaine. Il estime qu’« en s’en tenant à la même trajectoire de production – simplement sans les Émirats arabes unis -, elle fait comme si de rien n’était, minimisant volontairement les fractures internes et affichant une image de stabilité ».

Au-delà de ces équilibres politiques, la mise en œuvre effective de l’augmentation décidée reste incertaine. Plusieurs pays membres font face à des contraintes qui limitent leur capacité de production. Le blocage du détroit d’Ormuz, dans un contexte de tensions au Moyen-Orient, freine notamment les exportations de certains producteurs du Golfe.

Les données disponibles montrent d’ailleurs un écart important entre les quotas et la production réelle. Celle-ci « est tombée à 27,68 millions de barils par jour en mars », alors que les quotas cumulés atteignaient 36,73 millions de barils quotidiens, « soit un déficit d’environ 9 millions de barils par jour », selon l’analyste Priya Walia.

Dans ce contexte, la situation varie selon les pays. La Russie, deuxième producteur du groupe, bénéficie de prix élevés de l’énergie mais rencontre des difficultés à maintenir son niveau de production, notamment en raison des conséquences économiques et sécuritaires liées à la guerre en Ukraine.

Le départ des Émirats arabes unis constitue par ailleurs un tournant pour l’alliance. Pour certains observateurs, il s’agit d’un changement important dans l’équilibre du groupe. Ce pays dispose de capacités de production importantes et a investi massivement dans ses infrastructures, avec un objectif affiché d’atteindre 5 millions de barils par jour d’ici 2027, bien au-delà de ses anciens quotas, notamment son dernier quota fixé à 3,447 millions de barils par jour.

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