L’Égypte envisage d’importer environ 6 millions de barils de pétrole brut algérien durant l’été prochain, à partir du mois de juillet, selon des informations rapportées ce dimanche 10 mai par Al Arabiya. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie visant à diversifier les sources d’approvisionnement énergétique et à renforcer la sécurité énergétique du pays.
D’après une source citée par le média, le ministère égyptien du Pétrole et des Ressources minérales prévoit de recevoir près de deux millions de barils par mois en provenance d’Algérie, soit entre 65 000 et 70 000 barils par jour. Les volumes pourraient être revus à la hausse selon les besoins du marché local et les capacités des raffineries égyptiennes, notamment pendant la saison estivale marquée par une hausse de la consommation de carburants et de la demande des centrales électriques.
La même source a indiqué que cette opération s’inscrit dans le cadre de la coopération entre l’Autorité générale égyptienne du pétrole et le groupe Sonatrach, avec l’objectif d’élargir les partenariats entre les deux pays dans les secteurs du pétrole et du gaz. Le 5 mai, Sonatrach et la Compagnie pétrolière nationale égyptienne « EGPC » ont signé un mémorandum d’entente en prélude à la conclusion de contrats de vente de pétrole et de produits pétroliers par Sonatrach à la partie égyptienne.
« Cet accord, d’une durée déterminée, permettra aux deux parties d’identifier, d’examiner et de concrétiser les opportunités de commercialisation du pétrole brut et des produits pétroliers algériens et égyptiens », a expliqué Sonatrach dans un communiqué, soulignant que la signature de cet accord vient « consolider l’étroite coopération entre Sonatrach et les entreprises égyptiennes dans le domaine des hydrocarbures ».
Les besoins des raffineries égyptiennes sont estimés à environ 5 millions de barils de brut par mois, soit près du tiers des besoins du marché local. Les autorités égyptiennes souhaitent également obtenir des facilités de paiement pouvant aller jusqu’à six mois pour les cargaisons importées d’Algérie, dans le cadre de la coopération énergétique régionale entre les deux pays.
Selon la même source, l’Égypte cherche actuellement à diversifier ses fournisseurs de pétrole afin de réduire sa dépendance à une seule origine d’approvisionnement. Cette orientation intervient dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques sur les marchés mondiaux de l’énergie, les perturbations des chaînes logistiques et la hausse des coûts de transport depuis certaines régions exportatrices.
Le pétrole algérien présente, selon la source, un avantage lié à la proximité géographique entre les deux pays, ce qui permet de réduire les coûts de transport par rapport à d’autres fournisseurs plus éloignés.
L’Égypte poursuit parallèlement le développement de ses capacités de raffinage. Plusieurs unités ont été agrandies ces dernières années dans le cadre d’un programme visant à faire du pays un centre régional du commerce et du transit énergétique. Ces projets ont entraîné une hausse de la demande en pétrole brut destiné à alimenter les nouvelles installations et à augmenter la production de carburants.
La raffinerie de MIDOR aurait ainsi traité plus de 49 millions de barils de brut en 2025 après ses récentes extensions.
Toujours selon la même source, la production pétrolière égyptienne se situe actuellement entre 510 000 et 525 000 barils par jour, alors que les besoins des raffineries du pays sont estimés entre 700 000 et 750 000 barils quotidiens. Cet écart pousse Le Caire à augmenter ses importations afin de répondre à la demande intérieure.
L’Égypte importe déjà du pétrole brut et des produits pétroliers depuis plusieurs pays, notamment l’Arabie saoudite, le Koweït, l’Irak et les Émirats arabes unis. L’arrivée de l’Algérie comme fournisseur direct devrait offrir davantage de flexibilité dans la gestion des approvisionnements énergétiques.
La coopération envisagée entre Alger et Le Caire ne se limiterait pas au pétrole brut. Des discussions porteraient également sur des projets liés au raffinage, au marketing pétrolier et aux investissements communs, alors que l’Égypte poursuit le renforcement de ses capacités de stockage stratégique et de ses infrastructures énergétiques.






