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TSGP : le Niger annonce le lancement des relevés topographiques début octobre

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Le Niger prévoit de lancer début octobre les relevés topographiques du tracé du gazoduc transsaharien (TSGP) sur son territoire, a annoncé le ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tini, dans une déclaration à la chaîne AL24 News. Cette opération doit permettre d’avancer vers la réalisation du tronçon nigérien du projet reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger.

Le ministre a précisé que des équipes nigériennes seront mobilisées à partir du début du mois prochain afin de déterminer et de finaliser le tracé, ainsi que de réaliser les études topographiques nécessaires. Ces opérations seront accompagnées par les études liées à l’environnement, à l’impact du projet et aux aspects géotechniques.

Cette annonce intervient quelques jours après la visite de travail effectuée les 21 et 22 septembre à Niamey par le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab. Les discussions avec les responsables nigériens avaient notamment porté sur l’avancement du TSGP et sur la nécessité d’accélérer le lancement de la campagne de levés topographiques sur le territoire nigérien.

Le tronçon algérien déjà en chantier

Le projet reliera les ressources gazières du Nigeria aux infrastructures algériennes, en passant par le Niger. La partie algérienne (700 km) est déjà entrée dans la phase de réalisation. Les travaux de construction de ce tronçon ont été officiellement lancés le 4 juin à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar. Le tracé algérien doit suivre le corridor de la route transsaharienne jusqu’au Centre national de dispatching gazier de Hassi R’Mel.

Le Niger doit pour sa part achever les études préparatoires avant le passage aux travaux sur son territoire. Hamadou Tini a indiqué que Niamey travaille avec Alger afin d’harmoniser le calendrier des deux parties. Le tronçon nigérien, long de 841 km, attend encore son lancement.

Le projet TSGP s’étend sur environ 4.200 kilomètres entre le Nigeria (1.037 km), le Niger (841 km) et l’Algérie (2.310 km). Il ne reste que 1.641 km à réaliser, dont 100 km au niveau du Nigeria, 841 km au Niger et 700 km en Algérie.

Une étude de faisabilité actualisée a été adoptée par les trois pays en juin dernier, marquant une nouvelle étape dans la préparation du projet. Le gazoduc est conçu pour acheminer 30 milliards de mètres cubes par an jusqu’en Europe. Le coût de sa réalisation est estimé à 13 milliards de dollars.

Le ministre nigérien considère le TSGP comme une infrastructure qui ne doit pas se limiter au transport du gaz. Selon lui, le projet doit également contribuer au développement d’activités économiques et industrielles le long de son corridor.

« Nous réfléchissons déjà à ce que le gaz permettra de développer le long du corridor, notamment les activités de production d’électricité, les types de centrales et les sites appropriés pour leur implantation, ainsi que les industries qui ont besoin d’énergie et les industries de transformation, y compris les activités agricoles et la production d’engrais », a-t-il déclaré.

Niamey entend ainsi utiliser le passage du gazoduc pour développer progressivement son marché gazier, soutenir la production d’électricité et favoriser l’implantation d’activités industrielles. Pour Hamadou Tini, le projet doit également permettre au Niger et, plus largement, aux pays du Sahel de bénéficier d’un meilleur accès aux infrastructures énergétiques et, à terme, à la Méditerranée.

Niamey veut un partenariat durable avec Sonatrach

Au-delà du gazoduc, le ministre nigérien a insisté sur la volonté de son pays d’élargir sa coopération énergétique avec l’Algérie. Niamey souhaite notamment associer Sonatrach à plusieurs étapes du développement de son secteur pétrolier, de l’exploration jusqu’à la transformation et la commercialisation.

« Le rôle que nous voulons pour l’Algérie est celui du partenaire stratégique, mais aussi celui du partenaire dans la construction des compétences », a affirmé Hamadou Tini.

Il a mis en avant la complémentarité entre les deux pays, le Niger disposant de ressources pétrolières et gazières encore largement à développer, tandis que l’Algérie dispose d’une expérience dans l’exploration, la production, le raffinage et les activités industrielles liées aux hydrocarbures.

Le ministre a notamment cité les projets de Kafra et de Bilma, ainsi que la raffinerie de Zinder. Pour Kafra, quatre puits d’exploration ont été lancés en août avec la participation de l’ENAFOR, filiale de Sonatrach. Les opérations doivent permettre de mieux déterminer les caractéristiques et le potentiel du gisement avant d’éventuelles décisions de développement industriel.

Concernant Bilma, Niamey souhaite d’abord achever les études techniques, juridiques et économiques avant de déterminer les modalités de développement du bloc et le choix des partenaires.

La coopération avec Sonatrach pourrait également concerner la raffinerie de Zinder. Le Niger souhaite bénéficier de l’expertise algérienne pour préparer la prochaine opération de maintenance générale de cette installation, prévue en 2027.

La formation au cœur du partenariat

Hamadou Tini a également insisté sur le transfert de compétences. Niamey souhaite que les projets réalisés avec des partenaires algériens contribuent à former des ingénieurs et des techniciens nigériens capables d’assumer progressivement des responsabilités dans le secteur des hydrocarbures.

« Nous voulons que chaque projet international, notamment avec Sonatrach, laisse derrière lui des compétences, des infrastructures, des entreprises et des cadres nigériens capables d’assumer progressivement des responsabilités », a-t-il expliqué.

La coopération prévoit notamment des formations en Algérie, des échanges d’experts et la participation de spécialistes algériens aux projets développés au Niger. Des équipes mixtes pourraient également être constituées pour certains projets.

Cette orientation rejoint le mémorandum d’entente conclu entre les deux pays dans le secteur des hydrocarbures, qui prévoit notamment le développement des compétences, les échanges d’expertise et le transfert de technologie.

Une coopération énergétique à dimension régionale

Le développement du TSGP s’inscrit dans une coopération plus large entre Alger et Niamey. Lors de son intervention à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, avait salué l’appui de l’Algérie à son pays.

Il avait notamment déclaré que « le Niger est debout parce que la République algérienne démocratique et populaire, pays frère et voisin, a choisi de l’accompagner par un investissement substantiel dans l’exploitation de ses ressources naturelles et par un soutien constant à son système de défense« .

Le Premier ministre avait également cité les projets énergétiques et d’infrastructures reliant les deux pays, dont le TSGP et la route transsaharienne.

Sur le plan énergétique, l’Algérie a aussi contribué à la réalisation d’une centrale électrique de 40 mégawatts à Niamey, inaugurée en juin dernier.

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