Les ministres en charge des hydrocarbures de l’Algérie, du Nigeria et du Niger se sont réunis mercredi 3 juin à Alger dans le cadre de la 5e réunion ministérielle du Comité de pilotage du projet de gazoduc transsaharien (TSGP). Cette rencontre a permis d’examiner l’avancement du projet et de valider le rapport final de l’étude de faisabilité actualisée.
Organisée au Centre international de conférences (CIC) Abdelatif-Rahal, la réunion a rassemblé le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, le ministre d’État nigérian des Ressources pétrolières chargé du Gaz, Ekperikpe Ekpo, ainsi que le ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tini. Le PDG de Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, et les responsables de la compagnie nigériane NNPC et de la société nigérienne Sonidep ont également pris part aux travaux, aux côtés d’experts des trois pays, selon un communiqué du ministère des Hydrocarbures.
Les discussions ont porté sur les résultats de l’actualisation de l’étude de faisabilité réalisée par le cabinet international « Penspen », ainsi que sur l’état de mise en œuvre de la feuille de route arrêtée lors des précédentes réunions tenues à Niamey, Abuja et Alger.
Adoption et validation du rapport final de l’étude de faisabilité actualisée du projet
À l’issue des travaux, les trois pays ont adopté et validé le rapport final de l’étude de faisabilité. Ce document servira de base technique et économique pour les prochaines étapes du projet. Les participants ont également convenu de lancer les procédures opérationnelles nécessaires à sa concrétisation et de poursuivre la coordination entre les compagnies nationales chargées du suivi du dossier.
Le gazoduc transsaharien, long de plus de 4.000 kilomètres et doté d’une capacité de transport de 20-30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, constitue l’un des plus importants projets d’infrastructures énergétiques en Afrique et dans le monde. Inscrit dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), ce projet devrait contribuer de manière significative au renforcement de la position du continent africain en tant que principal fournisseur d’énergie à l’échelle mondiale, tout en soutenant le développement économique et l’intégration régionale entre les pays africains.
Dans une déclaration commune des trois ministres, Mohamed Arkab a annoncé le lancement des travaux de réalisation du tronçon algérien du projet de gazoduc transsaharien, qui constitue une partie centrale de ce projet stratégique continental. Les travaux de réalisation de ce tronçon seront officiellement lancés, jeudi, depuis le champ gazier d’Aoulef, dans la wilaya d’Adrar, a ajouté le ministre, soulignant le rôle stratégique de ce tronçon dans l’acheminement du gaz naturel en provenance du Nigeria, via le Niger, vers l’Algérie, en prélude à son orientation vers les marchés régionaux et internationaux grâce aux infrastructures développées dont dispose l’Algérie dans les domaines du traitement, du transport, de la liquéfaction et de l’exportation du gaz naturel.
Lancement ce jeudi des travaux du tronçon algérien du TSGP
Ce tronçon contribuera aussi à la valorisation des ressources nationales en gaz naturel à travers le raccordement de plusieurs bassins gaziers algériens, existants ou récemment découverts, particulièrement le bassin d’Ahnet, au réseau national de transport, renforçant ainsi les capacités d’exportation du pays et sa position en tant que fournisseur fiable d’énergie, a-t-il poursuivi.
Evoquant l’importance du TSGP, le ministre d’Etat a affirmé que ce projet continental « ne constitue pas uniquement une infrastructure de transport de gaz naturel, mais également un modèle d’intégration africaine et de développement partagé, dans la mesure où il contribuera au renforcement de la sécurité énergétique, à la création d’emplois et à la réalisation du développement économique au profit des peuples des pays concernés et de tout le continent ».
Il a, à cet égard, réaffirmé l’engagement de l’Algérie, conformément aux orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à soutenir la coopération intra-africaine, à promouvoir les partenariats Sud-Sud et à accompagner les projets structurants favorisant l’intégration continentale et servant les intérêts des peuples africains. M. Arkab a estimé que les résultats de cette 5e réunion du Comité de pilotage « reflètent la volonté politique des trois pays et leur détermination à poursuive la concrétisation de ce projet continental stratégique ».
Pour sa part, le ministre d’Etat nigérian a souligné que cette réunion avait, une nouvelle fois, confirmé l’engagement des trois pays à œuvrer, à travers une coopération étroite, à la mise en oeuvre effective du projet, au service des intérêts de leurs peuples et du continent africain, tout en contribuant au renforcement de la sécurité énergétique et à l’approvisionnement des marchés ciblés, notamment européens, en gaz naturel. M. Ekpo a indiqué que les trois parties ont pris connaissance des résultats de l’étude de faisabilité relative à ce projet stratégique et décidé de poursuivre résolument sa mise en oeuvre, soulignant que le Nigeria est déterminé, aux côtés de ses partenaires, à faire passer ce projet à une nouvelle étape après plus de 25 années sans concrétisation.
De son côté, le ministre nigérien a indiqué que le gazoduc transsaharien constitue « un véritable projet de transformation économique, de coopération régionale et de souveraineté énergétique », relevant que les efforts déployés pour sa réalisation interviennent dans un contexte international marqué par une demande croissante en énergie, une reconfiguration des marchés mondiaux du gaz et une volonté affirmée des pays africains de mieux valoriser leurs ressources naturelles au profit de leurs peuples. M. Tini a estimé que ce projet représente « le symbole d’une Afrique qui construit elle-même son avenir, mise sur l’intégration régionale et transforme ses ressources en source de prospérité pour l’avenir du continent africain ».
Après avoir souligné que l’esprit de confiance, de solidarité et de responsabilité ayant caractérisé les discussions constitue un gage de réussite de cette initiative, le ministre nigérien a mis en avant l’« importance stratégique majeure » de ce projet pour son pays en ce qu’il favorisera une valorisation durable de ses ressources, le renforcement de sa position en tant que corridor énergétique régional, l’attraction d’investissements structurants et la création d’emplois et d’opportunités économiques. Il contribuera aussi à l’électrification du pays et permettra de soutenir l’industrialisation et le développement socioéconomique, a-t-il ajouté.
Les ministres nigérian et nigérien reçus par le président Tebboune
En marge de cette réunion, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu les ministres nigérian et nigérien du secteur des hydrocarbures ainsi que les délégations qui les accompagnaient.
À l’issue de l’audience, le ministre nigérian Ekperikpe Ekpo a souligné l’importance du projet pour les trois pays concernés et pour le continent africain. Il a assuré que le Nigeria « ne ménagera aucun effort » pour sa réalisation. Selon lui, le président Tebboune a manifesté « un grand intérêt » pour l’aboutissement de ce projet « vital », qui présente « une grande importance pour l’Algérie, le Niger et le Nigéria, en termes d’industrialisation et de création d’emplois, en plus de sa dimension africaine ».
Le responsable nigérian a rappelé que le projet est en préparation depuis plusieurs années et qu’il « représente beaucoup pour les trois pays concernés ». Il a estimé que sa concrétisation aurait « un impact considérable » sur l’ensemble du continent. Évoquant la réunion ministérielle, il a considéré que la participation d’une délégation de haut niveau de la NNPC constitue « la confirmation et l’engagement que ce projet verra le jour ».
De son côté, le ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tini, a mis en avant la qualité des relations entre Alger et Niamey, qu’il a qualifiées de niveau « sans précédent et stratégique ». Il a également remercié l’Algérie pour la centrale électrique offerte au Niger et inaugurée le même jour.
Le ministre a indiqué que la coopération bilatérale connaissait des « progrès tangibles » dans le secteur des hydrocarbures. Il a notamment évoqué les accords signés entre Sonidep et des filiales de Sonatrach ainsi que le projet pétrolier « Kafra », qui « entrera en phase d’exploitation à partir du mois de juillet prochain ».
Concernant le gazoduc transsaharien, Hamadou Tini a affirmé avoir transmis le message du président nigérien portant sur « l’adhésion totale du Niger à sa concrétisation, en tant que projet structurant et important non seulement pour les trois pays, mais pour l’ensemble de l’Afrique », tout en saluant l’accompagnement technique apporté par l’Algérie.







