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Algérie : 95 % des importations peuvent être remplacées par une production locale, selon une étude de l’AAPI

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Une étude réalisée par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) conclut qu’une grande partie des importations de l’Algérie pourrait être progressivement remplacée par une production nationale. Publiée dans le premier numéro de la revue semestrielle Investment DZ, paru au début du mois d’août, cette analyse met en avant les secteurs offrant les meilleures perspectives d’investissement pour réduire la dépendance du pays aux importations et développer les exportations hors hydrocarbures.

L’étude s’inscrit dans la stratégie de l’AAPI visant à orienter les investissements vers des activités à forte valeur ajoutée. Elle explique avoir procédé à une analyse détaillée des importations annuelles de l’Algérie afin d’identifier les produits qui pèsent le plus sur la balance commerciale, d’évaluer les possibilités de les fabriquer localement et de repérer les opportunités d’investissement susceptibles d’accompagner cette évolution.

Identifier les secteurs les plus porteurs

Selon l’AAPI, cette étude a pour objectif de déterminer les secteurs industriels présentant « le plus fort potentiel de substitution aux importations » tout en favorisant la diversification des exportations. Elle recense les opportunités d’investissement dans différents domaines, évalue les capacités de production existantes et met en évidence les atouts dont dispose l’économie algérienne.

L’agence souligne également que l’analyse accorde une attention particulière aux secteurs capables de répondre à la demande nationale et de réduire la dépendance aux marchés extérieurs, notamment dans les industries agroalimentaires, pharmaceutiques, les équipements industriels et les machines.

Une analyse basée sur dix années de données

Pour établir ses conclusions, l’AAPI indique avoir combiné plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs. L’étude s’appuie notamment sur l’évolution des volumes d’importation entre 2014 et 2024, la fréquence des importations, le poids de chaque catégorie tarifaire dans les importations totales, mais aussi les coûts de production, la disponibilité des matières premières, les capacités technologiques ainsi que les compétences nationales.

Plus de 36 milliards de dollars d’importations pourraient être remplacés

Les premiers résultats montrent que près de 95 % de la valeur moyenne annuelle des importations étudiées, estimée à 38,86 milliards de dollars, pourraient être couverts par une production nationale, soit environ 36,87 milliards de dollars.

Ces opportunités concernent 673 lignes tarifaires sur un total de 5 393, réparties entre 11 secteurs et 144 branches industrielles. Elles couvrent un large éventail de produits, allant des équipements industriels et agricoles aux matières premières, en passant par les biens de consommation alimentaires et non alimentaires.

L’étude recense également 535 lignes tarifaires présentant un potentiel de diversification des exportations, ce qui pourrait contribuer à renforcer la présence des produits algériens sur les marchés internationaux tout en réduisant la dépendance aux revenus des hydrocarbures.

Sept secteurs considérés comme prioritaires

L’AAPI identifie plusieurs secteurs jugés stratégiques pour atteindre ces objectifs. Il s’agit des industries du fer et de l’acier, de la construction mécanique et électrique, des industries chimiques, du caoutchouc et des plastiques, de l’agroalimentaire, de la transformation du bois, du papier et du liège, du textile ainsi que des matériaux de construction, de la céramique et du verre.

Selon l’étude, ces activités offrent les conditions nécessaires au développement d’une base industrielle intégrée reposant sur la création de valeur et une meilleure intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

Plus de 7 600 projets d’investissement concernés

L’AAPI relève également que parmi les 19 054 projets d’investissement enregistrés à la fin de l’année 2025, 7 656 projets, soit plus de 40 % du total, pourraient contribuer directement à remplacer des importations par une production locale.

Ces projets, évalués à environ 27,4 milliards de dollars, devraient permettre la création de plus de 270 000 emplois directs, selon les estimations de l’agence.

Une base pour orienter les politiques d’investissement

En conclusion, l’étude estime que l’Algérie dispose d’une base lui permettant de réorienter une partie importante de la demande intérieure vers des produits fabriqués localement. Elle considère que le développement des investissements dans les secteurs identifiés constitue un levier pour réduire la facture des importations, soutenir l’industrialisation, créer des emplois et améliorer la compétitivité de l’économie.

L’AAPI souligne enfin que cette analyse fournit « une base pratique » pour élaborer des politiques d’investissement plus ciblées, capables d’accompagner la transition vers un modèle économique « plus diversifié, résilient et durable ».

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