Le projet de phosphate intégré (PPI) a franchi plusieurs étapes cette semaine avec le lancement de travaux à Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa, à Oued Kebrit, dans la wilaya de Souk Ahras, ainsi qu’au port d’Annaba. Ces opérations concernent l’extraction et l’enrichissement du phosphate, sa transformation chimique, la production d’engrais et les infrastructures portuaires destinées à son acheminement.
Le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, accompagné du ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, et du ministre des Mines et de l’Industrie minière, Mourad Hanifi, a supervisé ces différentes opérations.
Extraction et enrichissement à Bled El Hadba
À Bir El Ater, dans la wilaya de Tébessa, les membres du gouvernement ont procédé jeudi après-midi à la pose de la première pierre d’un complexe consacré à l’extraction et à l’enrichissement du phosphate sur le site de la mine de Bled El Hadba.
Les ressources géologiques de cette mine sont estimées à environ 1,2 milliard de tonnes de phosphate brut. Le site constitue, selon Mohamed Arkab, « le premier maillon du projet intégré d’extraction, d’enrichissement, de transformation et d’exportation du phosphate vers les marchés mondiaux ».
Le ministre a également présenté Bled El Hadba comme une « base minière importante au cœur du bassin phosphaté de l’est du pays ».
Le complexe doit fournir la matière première destinée au pôle industriel de transformation chimique d’Oued Kebrit, dans la wilaya de Souk Ahras. Les capacités annoncées prévoient l’extraction de 10,5 millions de tonnes de phosphate brut par an, dont 5,5 millions de tonnes de phosphate enrichi et commercialisable et 3,2 millions de tonnes de phosphate concentré.
Lors de sa visite, Mohamed Arkab a appelé les entreprises concernées à « poursuivre les efforts et d’accélérer le rythme de réalisation afin d’atteindre la phase de production de phosphate enrichi dans les délais impartis ».
Il a également insisté sur « la nécessité de poursuivre le travail sur un rythme soutenu et de renforcer la coordination entre les différentes parties et entreprises concernées, tout en veillant au respect du calendrier fixé en veillant à la qualité de l’exécution et à la conformité des installations aux normes afin d’atteindre les objectifs fixés pour ce projet stratégique ».
Une unité de transformation à Oued Kebrit
À Oued Kebrit, dans la wilaya de Souk Ahras, une autre étape du projet a été lancée jeudi avec la pose de la première pierre d’un complexe de transformation chimique du phosphate et de production d’engrais.
Les travaux sont réalisés par la société italienne SAIPEM selon la formule EPC Fast Track, qui regroupe l’ingénierie, la fourniture et la construction dans un délai accéléré. Des filiales de Sonatrach, notamment SARPI, GCB et GTP, participent également à la réalisation.
Le complexe comprendra plusieurs unités destinées à la production d’engrais phosphatés et azotés, dont l’urée, ainsi que des matières chimiques intermédiaires comme l’acide sulfurique, l’acide phosphorique et l’ammoniac.
Dans sa première phase, sa capacité de production est annoncée à environ 2,4 millions de tonnes d’engrais phosphatés par an et 570.000 tonnes d’engrais azotés par an.
Le site d’Oued Kebrit doit ainsi assurer la transformation du phosphate enrichi provenant de Bled El Hadba en produits industriels destinés notamment au secteur agricole.
Les infrastructures portuaires d’Annaba
Le volet logistique du projet a également connu une avancée mercredi soir avec le lancement officiel des travaux des installations portuaires du quai minéralier au port d’Annaba.
Après une présentation technique consacrée au projet d’extension du port phosphatier, Mohamed Arkab a expliqué que cette opération « s’inscrit dans le cadre du suivi, sur le terrain, des différentes phases du projet de phosphate intégré, les travaux relatifs aux installations portuaires représentant le dernier maillon de la chaîne logistique du projet qui consistera à réceptionner et à charger le phosphate enrichi, les engrais et des produits connexes vers les marchés nationaux, régionaux et internationaux ».
Le ministre a aussi souligné « l’importance de poursuivre la coordination étroite entre les différents secteurs et entreprises concernés, et de renforcer le suivi des travaux sur le terrain, tout en veillant à augmenter le rythme d’exécution et à surmonter les obstacles qui viendraient à entraver l’avancement du projet ».
Les infrastructures portuaires doivent assurer la liaison entre les différents pôles du projet, depuis l’extraction à Bled El Hadba jusqu’à la transformation à Oued Kebrit, en passant par le transport ferroviaire et l’acheminement des produits vers les marchés.
Le ministre a ainsi instruit les entreprises chargées de la réalisation d’intensifier le suivi sur le terrain et de renforcer la « coordination continue » entre les différents intervenants.
Une liaison ferroviaire entre les différents pôles
Ces opérations font suite à la signature, le 12 août dernier, de deux contrats EPC par Sonatrach et Algerian Fertilizer Company (AFC) dans le cadre de la première phase du Projet Phosphate Intégré. Le premier contrat, conclu avec l’italienne Saipem, concerne les installations de transformation et de production d’engrais au niveau de Bled El Hadba et d’Oued Kebrit. Le second, signé avec la société chinoise CHEC, porte sur les installations portuaires à Annaba.
Le projet intégré s’étend sur plusieurs wilayas de l’est du pays, notamment Tébessa, Souk Ahras et Annaba. Il associe l’extraction et l’enrichissement du phosphate, sa transformation industrielle, la production d’engrais ainsi que son transport et son acheminement vers les marchés.
Cette organisation s’appuie notamment sur la ligne ferroviaire minière Est, actuellement en cours de réalisation sur 422 km entre les wilayas de Tébessa, de Souk Ahras et d’Annaba. Elle doit assurer le transport du phosphate depuis les installations de Bled El Hadba vers le pôle de transformation chimique d’Oued Kebrit, puis l’acheminement des produits vers les installations portuaires d’Annaba.
Le dispositif doit ainsi assurer la continuité des opérations, de l’extraction du minerai à sa transformation en engrais et autres produits industriels, jusqu’à leur transport et leur expédition vers les différents marchés.
À travers cette organisation, les autorités visent notamment à accroître la transformation locale du phosphate, à approvisionner le marché national en engrais, à développer les exportations hors hydrocarbures et à créer des emplois autour des différentes activités liées au projet.







