L’organisme espagnol de promotion du commerce extérieur et de l’investissement (ICEX) estime que le développement du secteur de l’eau en Algérie ouvre de nouvelles perspectives aux entreprises espagnoles spécialisées dans ce domaine. Dans une analyse consacrée à la stratégie algérienne de gestion des ressources hydriques, il invite les opérateurs ibériques à s’intéresser au « grand plan algérien pour l’eau », qui offre « de nouvelles opportunités pour les technologies espagnoles de l’eau ».
Selon l’ICEX, les autorités algériennes ont renforcé les moyens financiers consacrés au secteur. L’organisme indique que le gouvernement a « considérablement augmenté le budget alloué au secteur de l’eau. Les investissements publics pour 2026 s’élèvent à environ 390 milliards de dinars, soit près de 2,4 mds d’euros, ce qui représente une hausse notable par rapport à l’année précédente. Une part importante de ces ressources est consacrée aux grands projets d’infrastructures de transfert d’eau, aux nouvelles usines de dessalement et aux stations d’épuration ».
L’organisme considère que les sociétés espagnoles disposent d’un savoir-faire pouvant répondre à plusieurs besoins du marché algérien, notamment dans l’amélioration de la gestion des ressources existantes. « Bien que l’Algérie dispose d’un potentiel hydrique estimé à 19,4 mds de mètres cubes par an, une part importante de ces ressources n’est pas exploitée efficacement. Les limitations en matière de collecte, de stockage, de transport et de distribution entraînent des pertes considérables. De fait, les fuites et les défaillances des réseaux urbains génèrent des pertes de près de 40% de l’eau produite, un chiffre qui, à lui seul, illustre l’ampleur des besoins d’investissement actuels », relève-t-il.
L’ICEX indique également que la consommation annuelle d’eau en Algérie est estimée à 10,4 milliards de mètres cubes et pourrait atteindre 12,9 milliards de mètres cubes à l’horizon 2030. L’agriculture demeure le principal secteur consommateur avec 70 % des volumes utilisés, devant les besoins domestiques puis industriels.
Le document souligne aussi la place grandissante du dessalement de l’eau de mer dans la politique nationale. Cette filière assure aujourd’hui 42 % de l’eau potable consommée dans le pays et devrait encore se développer avec le deuxième Programme national complémentaire, qui prévoit la réalisation de six nouvelles usines de dessalement pour un montant de 2,8 milliards de dollars.
L’ICEX estime que les entreprises espagnoles peuvent trouver leur place dans ce programme, notamment en fournissant des équipements et des technologies qui ne sont pas produits localement. Il précise : « Bien que la réalisation de nombreux projets soit actuellement confiée à des groupes publics algériens, le besoin en technologies de pointe demeure important, notamment pour les composants spécialisés qui ne sont pas encore fabriqués localement. C’est précisément là que résident certaines des meilleures opportunités pour les entreprises espagnoles… L’expérience acquise sur des marchés aux conditions similaires fait de l’Espagne un partenaire technologique particulièrement précieux pour l’Algérie ».
Le rapport rappelle que plusieurs groupes espagnols sont déjà présents en Algérie. Des entreprises telles qu’Abengoa, Acciona Agua, FCC Aqualia, GS Inima, Tedagua et Sacyr ont participé à la construction ou à l’exploitation de plusieurs usines de dessalement. D’autres sociétés, notamment Lantania et Elecnor, sont également intervenues dans des projets liés au traitement des eaux usées ainsi qu’aux infrastructures de transport et de distribution de l’eau potable.
L’ICEX souligne par ailleurs que l’Algérie représente un débouché pour les fabricants espagnols de pompes, de systèmes hydrauliques, de composants électroniques, de membranes et d’équipements destinés au traitement des eaux usées.
L’organisme identifie également le traitement et la réutilisation des eaux usées comme un secteur appelé à se développer au cours des prochaines années. Les autorités algériennes visent un taux de réutilisation de 60 % d’ici 2030, contre seulement 10 à 20 % actuellement.
À ce sujet, l’ICEX indique que « cette transformation nécessitera des investissements massifs dans les nouvelles technologies de traitement tertiaire, de filtration avancée, de désinfection et de contrôle de la qualité des eaux recyclées », rappelant que l’Espagne dispose d’une « vaste expérience dans les applications agricoles, urbaines et industrielles ».
L’organisme estime que les entreprises espagnoles pourront également contribuer à la modernisation des réseaux de distribution grâce aux solutions numériques et aux outils de gestion intelligente, destinés à réduire les pertes d’eau, en particulier celles provoquées par les fuites dans les réseaux urbains.







