Le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM), l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont alerté vendredi sur un risque de pénurie de pétrole cet été si le trafic maritime via le détroit d’Ormuz ne revient pas rapidement à la normale.
À l’issue d’une réunion entre leurs responsables, les quatre institutions internationales ont indiqué dans une déclaration commune que « les stocks mondiaux de pétrole se réduisent à un rythme record du fait de la perte majeure de livraisons passant par le détroit d’Ormuz ».
Selon elles, le maintien des difficultés de navigation dans cette zone stratégique pourrait entraîner des conséquences sur l’approvisionnement énergétique mondial. Le communiqué souligne que « si la circulation maritime ne revient pas à la normale, une réduction rapide et continue des stocks mondiaux avant le pic de demande de l’été dans l’hémisphère nord représenterait un risque accru en termes de sécurité énergétique (…) et plus largement de résistance de l’économie ».
L’attaque de l’Iran par les Etats-Unis et Israël fin février a entraîné, parmi les ripostes de Téhéran, la fermeture du détroit d’Ormuz, un passage maritime essentiel par lequel transite près d’un cinquième des hydrocarbures échangés dans le monde.
Les répercussions se font particulièrement sentir dans plusieurs économies émergentes et en développement, notamment en Asie. Face à la diminution de l’offre disponible, certains gouvernements ont adopté des mesures visant à limiter la consommation de produits pétroliers.
Les organisations internationales relèvent également que « si l’économie mondiale continue de résister, les effets du conflit touchent de manière disproportionnée les pays les plus vulnérables », notamment en raison de la hausse des prix du pétrole et des engrais.
Lors des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale organisées à la mi-avril, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, avait indiqué que l’institution était prête à répondre à une éventuelle augmentation des demandes d’assistance financière émanant de pays confrontés à des difficultés économiques.
À cette occasion, elle avait estimé que les besoins additionnels pourraient atteindre entre 20 et 50 milliards de dollars en raison des conséquences de la guerre.
Bien qu’un cessez-le-feu ait été conclu entre les parties concernées puis prolongé, les discussions entre Washington et Téhéran n’ont pas encore abouti à un accord politique susceptible de régler durablement la crise.
Par ailleurs, l’Iran a instauré un dispositif administratif destiné à percevoir des taxes sur les navires empruntant le détroit d’Ormuz, qu’il partage avec le Sultanat d’Oman.





