Accueilla deuxTizi-Ouzou : 64% du foncier industriel reste inexploité

Tizi-Ouzou : 64% du foncier industriel reste inexploité

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Un séminaire national consacré aux zones d’activités économiques et industrielles s’est tenu mercredi 13 mai à l’université Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, à l’initiative du laboratoire Développement, économie, finance et institution (DEFI). La rencontre a réuni des universitaires, des responsables locaux et des représentants d’institutions publiques autour des questions liées au développement économique local et à l’exploitation du foncier industriel dans la wilaya de Tizi-Ouzou.

Les débats ont porté sur les difficultés rencontrées dans plusieurs zones d’activités, notamment en matière d’aménagement et d’accueil des investisseurs, rapporte ce samedi le journal El Watan. Dans son intervention, le président de la commission investissement de l’APW, Ali Bacha, a indiqué que « beaucoup de ces zones ont été conçues comme de simples parcelles de terrain perchées sur des collines, créées sans véritable vision d’aménagement, sans cohérence économique, sans étude prospective et parfois sans même les infrastructures minimales nécessaires à l’activité économique ».

Il a également évoqué la question des terrains non exploités, affirmant que des « assiettes foncières restent inexploitées durant des années alors que des centaines de jeunes investisseurs cherchent un terrain pour créer de l’emploi et produire de la richesse ». Il a cité le cas de jeunes entrepreneurs contraints de louer des espaces auprès de bénéficiaires de concessions dans les zones d’activités.

Il a aussi abordé les obstacles administratifs et techniques qui retardent certains projets d’investissement, notamment ceux liés aux réseaux énergétiques ou aux conditions d’implantation. Selon lui, « ces textes doivent être accompagnés de mécanismes plus souples, intelligents et adaptés aux réalités des régions montagneuses afin de permettre le développement sans remettre en cause la sécurité juridique ou l’intérêt général ».

De son côté, le président de la Chambre de commerce et d’industrie Djurdjura, Lakhdar Madjene, a estimé que les zones d’activités constituent un outil important pour encourager l’investissement local et favoriser la création d’entreprises. Il a également insisté sur le rôle de l’université dans le développement économique local.

La directrice de l’industrie de la wilaya, Sadia Mahmoudi, a présenté un état des lieux du foncier industriel dans la région. Elle a rappelé que la wilaya dispose de 18 zones d’activités économiques et de trois zones industrielles couvrant une superficie totale de 876 hectares.

70% des entreprises industrielles hors des zones aménagées et 64% des lots industriels non exploités

Lors d’une communication consacrée à l’impact des zones d’activités sur l’emploi, les enseignants universitaires Mohamed Khaznadji et Tahar Hamaz ont indiqué que 70% des entreprises industrielles de Tizi-Ouzou exercent en dehors des zones aménagées. Ils ont aussi relevé que 64% des lots situés dans les ZAE et les zones industrielles sont soit non attribués, soit inexploités.

Les deux universitaires ont affirmé que « la moyenne des postes d’emploi crées est nettement plus élevé dans les entreprises installées dans les ZAE que les entreprises hors zones. L’apport des ZAE à l’emploi total industriel de la wilaya de Tizi-Ouzou est de 15% ». Ils ont recommandé la réhabilitation des espaces existants et une meilleure utilisation du foncier avant d’envisager la création de nouvelles zones.

Ils ont également plaidé pour une prise en compte de l’emploi dans l’attribution des terrains destinés à l’investissement, en soulignant : « Il faut inclure le critère de l’emploi dans l’attribution du foncier d’investissement ».

Le professeur Kamel Moulai, responsable du bureau de liaison université-entreprise, a pour sa part abordé les aspects réglementaires du foncier industriel en Algérie. Il a évoqué la nécessité de renforcer la gestion et la protection du domaine public et privé de l’État, tout en privilégiant la concession comme principal mode d’accès au foncier industriel et en réduisant progressivement la cession gratuite.

Il a également mis l’accent sur la rationalisation du cadre institutionnel, la sécurité juridique et la digitalisation afin d’améliorer la gestion du foncier industriel.

Plusieurs autres communications ont été présentées durant cette rencontre scientifique. Nadia Dorbane et Naima Hachemi ont traité de l’intégration de l’écologie industrielle dans la conception des zones d’activités, tandis que Lyas Zerkhefaoui et Abdenour Khammes ont présenté une analyse sur la gouvernance des ZAE dans la wilaya de Tizi-Ouzou.

Des représentants de différentes institutions publiques, notamment de la direction de l’industrie, de Divindus, de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement et de l’agence foncière, ont également pris part aux travaux pour partager leurs constats et expériences de terrain.

La présidente du séminaire, Dahbia Akkache-Maacha, a expliqué que cette rencontre a permis d’aborder plusieurs thèmes liés à l’aménagement des zones d’activités, au cadre légal et institutionnel, ainsi qu’aux questions environnementales et au développement durable. Elle a déclaré : « Cette rencontre nous a permis d’aborder le foncier industriel, le cadre légal et institutionnel, l’innovation, la gestion environnementale et le développement durable dans les ZAE ».

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