AccueilénergieL'Allemagne importe une nouvelle cargaison de GNL algérien

L’Allemagne importe une nouvelle cargaison de GNL algérien

Date:

L’Algérie a exporté une nouvelle cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Allemagne en octobre dernier, dans un contexte de préparation du marché européen à la saison hivernale.

L’Allemagne a importé 74 000 tonnes de GNL algérien durant le mois d’octobre 2026, selon les données rapportées vendredi 6 novembre par la plateforme spécialisée Attaqa. Il s’agit de la deuxième cargaison de gaz liquéfié algérien réceptionnée par le pays européen, après une première livraison de 50 000 tonnes effectuée trois mois auparavant.

Cette nouvelle livraison intervient alors que les pays européens cherchent à sécuriser leurs approvisionnements avant l’hiver. Les niveaux de stockage restent en effet inférieurs aux objectifs fixés. En Allemagne, le taux de remplissage des réserves de gaz s’établissait à 60,2 % au 5 novembre, contre un objectif de 80 %.

Les difficultés d’approvisionnement sur les marchés internationaux, accentuées par les perturbations liées à la crise du détroit d’Ormuz au Moyen-Orient, compliquent également le remplissage des installations de stockage. À l’échelle européenne, le taux moyen de remplissage des réserves était de 74 %, son niveau le plus bas depuis 2013.

La livraison d’octobre s’inscrit dans le cadre du développement des échanges gaziers entre Alger et Berlin. Un premier contrat d’exportation de GNL algérien vers l’Allemagne avait été signé en février 2024, à l’occasion de la visite en Algérie de Robert Habeck, alors vice-chancelier et ministre allemand de l’Économie et de la Protection du climat.

La première cargaison algérienne avait quitté le complexe de liquéfaction de Béthioua en juin 2026 à bord du méthanier Tessala, appartenant à Sonatrach. Elle avait atteint, le 8 juillet, le terminal flottant de regazéification Wilhelmshaven 1.

Les deux pays ont également convenu de renforcer leur coopération dans ce domaine. En juillet dernier, la société allemande VNG a signé un nouvel accord avec Sonatrach prévoyant une augmentation des volumes de GNL destinés au marché allemand à partir du 1er janvier 2027.

Cette coopération intervient dans le cadre de la diversification des sources d’approvisionnement de l’Allemagne, qui a réduit sa dépendance au gaz russe acheminé par gazoduc.

Sur l’ensemble du marché allemand, les importations de GNL ont atteint 433 000 tonnes en octobre 2026, en baisse de 27 % sur un an. En revanche, sur les dix premiers mois de l’année, elles ont progressé de 20 %, à 6,6 millions de tonnes, contre 5,5 millions durant la même période de 2025. Ce volume rapproche le pays de son record annuel de 7,1 millions de tonnes enregistré l’année dernière.

La production algérienne attendue à 10 milliards de pieds cubes par jour

Sur le plan de la production, l’Algérie devrait enregistrer une progression de son extraction de gaz naturel en 2026. Selon un rapport de la Chambre africaine de l’énergie, relayé ce samedi 7 novembre par Attaqa, la production moyenne nationale pourrait atteindre 10 milliards de pieds cubes par jour sur l’ensemble de l’année.

Ce niveau représenterait une hausse de 1,6 % par rapport à 2025, lorsque la production moyenne s’était établie à 9,84 milliards de pieds cubes par jour. Il s’agirait également de la première augmentation annuelle depuis 2023.

Cette évolution s’appuie notamment sur la mise en service de nouveaux projets et les opérations de développement des gisements existants. Ces investissements visent à compenser le déclin naturel de certains champs arrivés à maturité et à maintenir les capacités de production nationales.

Parmi les projets concernés figure le développement du gisement de Tin Fouyé Tabankort, entré en exploitation cette année. Ce champ devrait contribuer à hauteur de 2 % à la production quotidienne de gaz du pays.

Le projet de développement du champ d’In Amenas 2 figure également parmi les installations mises en service. Il s’agit de l’un des principaux projets consacrés au gaz humide en Algérie. Il regroupe quatre gisements dont la teneur en méthane est inférieure à 85 %.

En parallèle, les travaux d’extension et de développement du champ de Hassi R’mel, le plus important du pays, se poursuivent. Le programme prévoit notamment l’ajout de 121 milliards de mètres cubes de gaz sec aux réserves du gisement, ainsi que de 7 millions de tonnes de condensats.

L’objectif à plus long terme est de porter les capacités de production de gaz naturel de l’Algérie à 200 milliards de mètres cubes par an, dont la moitié serait destinée à l’exportation.

Les données disponibles montrent toutefois des variations de la production au cours des premiers mois de 2026. Selon les calculs d’Attaqa, la moyenne enregistrée entre janvier et août a dépassé les 10 milliards de pieds cubes par jour, pour atteindre environ 10,36 milliards.

Les chiffres mensuels de l’organisation JODI font état d’une production de 8,688 milliards de mètres cubes en août 2026, soit une moyenne quotidienne de 9,90 milliards de pieds cubes. Ce volume était supérieur à celui enregistré durant le même mois de 2025, qui s’était élevé à 8,363 milliards de mètres cubes, équivalant à 9,52 milliards de pieds cubes par jour.

La production avait dépassé les 11 milliards de pieds cubes par jour durant les trois premiers mois de l’année, avec 11,88 milliards en janvier, 11,28 milliards en février et environ 11,01 milliards en mars. Elle a ensuite reculé au cours des deuxième et troisième trimestres, oscillant entre 9,5 et 9,94 milliards de pieds cubes par jour.

Ces perspectives de progression reposent donc sur la contribution des nouveaux projets et la poursuite des investissements dans les gisements existants, dans un contexte où l’Algérie cherche à maintenir ses approvisionnements intérieurs tout en renforçant ses capacités d’exportation.

Articles associés

Derniers articles