Le groupe espagnol Moeve, anciennement Cepsa, a conclu un accord avec la compagnie indonésienne Pertamina pour lui vendre ses participations dans trois champs pétroliers situés dans le bassin de Berkine, en Algérie. Bien que les deux groupes n’ont pas communiqué le montant de la transaction, la valeur de cette opération est estimée entre 700 millions et un milliard d’euros par plusieurs médias économiques espagnols.
Annoncé mercredi 4 novembre, l’accord concerne les parts détenues par Moeve dans les champs de Rhourde el Khrouf, Bir el Msana et Ourhoud. Ces actifs, qui ne sont pas exploités directement par le groupe espagnol, sont développés en partenariat avec Sonatrach.
La cession concerne deux filiales de Moeve, Cepsa Algérie et Cepsa (Rhourde El Rouni). L’acquisition sera réalisée par PAEP, la filiale de Pertamina chargée de ses activités d’exploration et de production en Algérie depuis 2014. La finalisation de l’opération reste conditionnée à l’approbation des autorités algériennes.
Selon le quotidien économique espagnol Expansión, la valeur des actifs serait comprise entre 700 millions et un milliard d’euros, sur la base d’une production supérieure à 20 000 barils équivalent pétrole par jour. Le média El Cronista avance également cette estimation, en se référant à des analystes. Ces montants restent néanmoins indicatifs, les conditions financières de l’accord n’ayant pas été dévoilées.
Cette opération permettra à Pertamina de consolider sa présence dans le bassin de Berkine, où elle détient déjà des intérêts dans plusieurs actifs. En 2013, la compagnie indonésienne avait racheté, pour 1,75 milliard de dollars, les activités algériennes de l’américain ConocoPhillips. Cette acquisition lui avait notamment permis de prendre des participations dans Menzel Lejmat Nord, El Merk et Ourhoud.
La vente des actifs algériens s’inscrit dans le cadre de la réorientation stratégique engagée par Moeve depuis 2023. Le groupe espagnol avait alors commencé à céder ses participations à Abou Dhabi, avant de poursuivre ses opérations de désinvestissement en Colombie et au Pérou en 2024, puis au Suriname en 2025.
Contrôlé par le fonds émirati Mubadala (62%), aux côtés du fonds américain Carlyle (38%), Moeve entend désormais concentrer ses investissements sur les énergies bas carbone. Dans le cadre de son programme « Positive Motion », le groupe prévoit de consacrer 2,4 milliards d’euros au développement de l’hydrogène vert et des biocarburants de deuxième génération.
La cession de ses participations pétrolières en Algérie ne signifie toutefois pas un départ du marché national. Présent dans le pays depuis plus de 35 ans, le groupe espagnol souhaite maintenir ses activités dans le domaine des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert.
En octobre 2024, Moeve et Sonatrach avaient signé un protocole d’accord portant sur une étude de faisabilité pour le développement de projets liés à l’hydrogène vert. Cette signature était intervenue à Oran, le même jour que la conclusion d’un accord autour du projet SoutH2 Corridor.
Parallèlement, le bassin de Berkine continue de susciter l’intérêt de compagnies étrangères. Le thaïlandais PTTEP a notamment lancé la production du champ de Hassi Bir Rekaïz, tandis que l’italien Eni a récemment annoncé une découverte dans cette région.







