Les importations algériennes de machines et d’équipements agricoles en provenance d’Italie ont enregistré une hausse en 2025. Elles sont passées de 34,43 millions de dollars en 2024 à 49,45 millions de dollars en 2025, selon les données présentées lundi 28 septembre à Alger lors d’une rencontre économique consacrée à la mécanisation et à la transformation numérique de l’agriculture.
La rencontre, organisée par l’Agence italienne pour le commerce extérieur, en collaboration avec FederUnacoma, a réuni 13 entreprises italiennes spécialisées dans les équipements agricoles ainsi qu’environ 90 opérateurs économiques algériens, rapporte Agenzia Nova.
Au-delà de l’importation de matériel, les discussions ont porté sur le développement de partenariats industriels entre les entreprises des deux pays. L’objectif affiché par les autorités algériennes est notamment d’augmenter la production agricole et de réduire la dépendance aux approvisionnements extérieurs.
Mécanisation et nouvelles technologies
Lors de cette réunion, les principaux axes du plan national consacré au développement de la productivité agricole ont été présentés. Le secteur représente environ 14 % du produit intérieur brut (PIB) de l’Algérie. Sa production était estimée à 38,2 milliards de dollars en 2024, avec plus de 2,7 millions d’emplois répartis sur environ 1,3 million d’entreprises.
La production nationale permet actuellement de couvrir près de 73 % des besoins agricoles du pays.
Plusieurs difficultés restent toutefois à résoudre, notamment les rendements de certaines cultures stratégiques, le niveau de mécanisation à différentes étapes de la production, les pertes après récolte et les capacités de stockage.
L’Algérie consacre chaque année entre 2 et 3 millions d’hectares aux céréales, pour un rendement moyen d’environ 17 quintaux à l’hectare. Dans ce domaine, les autorités misent notamment sur une meilleure gestion de l’eau, la mécanisation du cycle de production et le recours à l’agriculture de précision.
Les drones, la télédétection et l’intelligence artificielle figurent également parmi les technologies appelées à être davantage utilisées dans le secteur agricole.
Les capacités de stockage
Le développement des infrastructures de stockage constitue un autre volet de la stratégie agricole. La capacité actuelle de l’Algérie est d’environ 4 millions de tonnes. Le pays prévoit de la porter à 9 millions de tonnes.
Le programme prévoit notamment la réalisation de 36 silos stratégiques, pour une capacité totale de 3 millions de tonnes, ainsi que 350 centres de stockage locaux pouvant accueillir 1,75 million de tonnes. À cela s’ajoutent 16 silos métalliques d’une capacité globale de 250 000 tonnes.
Le premier silo métallique est entré en service en août dernier. La livraison des 36 systèmes de stockage stratégiques doit, pour sa part, commencer au deuxième trimestre 2027.
Le ministère a également présenté Agrodrive, une entreprise publique chargée de mettre en place et de gérer un parc national de machines agricoles. Le dispositif doit permettre aux agriculteurs et aux investisseurs d’accéder à des tracteurs et à d’autres équipements sans devoir financer seuls leur acquisition.
Le projet agricole de Timimoun
La coopération agricole entre l’Algérie et l’Italie comprend déjà un projet d’envergure dans le sud du pays. Il s’agit du projet porté par le groupe italien BF Spa à Timimoun, qui prévoit l’exploitation d’environ 36 000 hectares consacrés notamment aux céréales, aux légumineuses et aux oléagineux.
Le projet comprend également la réalisation d’unités de transformation, de silos et d’autres infrastructures nécessaires à l’activité agricole.
L’accord-cadre signé en juillet 2024 prévoit un investissement de 420 millions d’euros dans le cadre d’un partenariat entre BF et le Fonds national d’investissement (FNI). La participation italienne est fixée à 51 %, contre 49 % pour la partie algérienne.
Selon les données présentées lors de la rencontre d’Alger, le projet devrait générer plus de 6 700 emplois, dont plus de 1 560 emplois directs.
Des échanges commerciaux dominés par l’énergie
Le développement des partenariats agricoles intervient alors que les échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Italie atteignent déjà un niveau important. Ils se sont élevés à environ 14,9 milliards de dollars en 2025.
Sur cette période, les exportations algériennes vers l’Italie ont atteint 10,84 milliards de dollars, tandis que les importations algériennes en provenance de ce pays se sont établies à 4,05 milliards de dollars.
L’Italie est ainsi le premier client de l’Algérie et son deuxième fournisseur. Les échanges restent cependant largement liés aux hydrocarbures. Les combustibles minéraux et autres produits énergétiques ont représenté 96,7 % des exportations algériennes vers l’Italie en 2025.
Les exportations italiennes vers l’Algérie sont, en revanche, davantage diversifiées, avec une place importante pour les machines, les équipements et les biens industriels.
La rencontre a également mis en évidence des possibilités de développement des exportations algériennes hors hydrocarbures vers le marché italien, notamment dans les engrais, l’acier et les produits agricoles.
Pour les entreprises italiennes, le marché algérien offre ainsi des débouchés qui dépassent la vente de tracteurs et de machines. Les besoins portent également sur les équipements d’irrigation, l’agriculture de précision, les solutions numériques, ainsi que les technologies destinées au stockage et à la transformation des produits agricoles.
Le projet de Timimoun s’inscrit dans cette orientation, avec un dispositif qui associe production agricole, infrastructures, transformation et stockage.







