Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé, ce mardi 8 septembre, une réunion consacrée à l’état d’avancement des travaux de transformation de la caserne militaire dans le désert du Tanezrouft en une prison pour barons de la drogue et narcotrafiquants, ainsi qu’aux modalités de sa réception en vue de son placement sous la tutelle du ministère de la Justice et de sa mise en service, indique un communiqué de la Présidence de la République.
« Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, Chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, a présidé, ce jour, une réunion de travail à laquelle ont pris part le Général d’Armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, Chef d’Etat-Major de l’Armée nationale populaire (ANP), M. Lotfi Boudjemaa, ministre de la Justice, garde des Sceaux, des officiers supérieurs de l’ANP et le Directeur général de l’Administration pénitentiaire », précise la Présidence de la République.
Selon la même source, les discussions ont notamment concerné l’avancement des travaux engagés sur le site ainsi que les prochaines étapes avant son transfert au ministère de la Justice. « La réunion a été consacrée à l’état d’avancement des travaux de transformation de la caserne militaire dans le désert du Tanezrouft en une prison pour barons de la drogue et narcotrafiquants, ainsi qu’aux modalités de sa réception en vue de son placement sous la tutelle du ministère de la Justice et de sa mise en service. »
Le projet avait été annoncé quelques jours auparavant, lors d’une réunion présidée par Abdelmadjid Tebboune le 2 septembre. À cette occasion, « il a été décidé de transformer une caserne de l’ANP située dans le Grand Sahara à Tanezrouft en une prison de haute sécurité destinée aux barons de la drogue et à ses trafiquants. »
La même réunion avait également débouché sur une décision concernant la lutte contre le trafic de stupéfiants. « il a été décidé de créer un organe sécuritaire spécialisé dans sa lutte, à l’instar de ce qui est en vigueur dans plusieurs pays, comme les Etats-Unis d’Amérique. » Ce nouvel organisme devrait notamment s’inspirer de structures spécialisées existant à l’étranger, dont la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine.
Une prison dans une région parmi les plus reculées et hostiles du Sahara
Situé dans l’extrême sud-ouest de l’Algérie, à la frontière avec le Mali, le Tanezrouft est une vaste zone désertique quasi inhabitée. En été, les températures peuvent y dépasser les 50 °C. Surnommé le « pays de la soif », ce territoire compte parmi les régions les plus reculées et hostiles du Sahara. Cette implantation doit donc permettre d’installer l’établissement pénitentiaire dans une zone particulièrement éloignée des principaux centres urbains.
La création de cette prison intervient alors que les autorités algériennes multiplient les opérations contre les réseaux de trafic de stupéfiants et de substances psychotropes. Le 21 août dernier, les services concernés avaient annoncé la saisie de plus de dix millions de capsules de prégabaline ainsi que de plus de 33 kilogrammes de cocaïne. Les autorités avaient présenté cette opération comme une saisie record.
Sur le plan juridique, l’Algérie a également renforcé ces dernières années les sanctions prévues contre différentes formes de trafic de drogue. Plusieurs modifications ont ainsi été apportées à la législation concernant la production, le transport, la commercialisation et la distribution de stupéfiants et de substances psychotropes.
La loi de 2023 a notamment durci les sanctions pour plusieurs infractions. Cette évolution s’est poursuivie avec la loi n° 25-03 du 1er juillet 2025, qui a adapté certaines dispositions pénales aux nouvelles formes de criminalité liées aux drogues. De nouveaux textes ont également été adoptés en 2026 dans le domaine de la prévention et de l’identification des personnes impliquées dans des infractions liées aux stupéfiants.







