Le directeur général de l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT), Abdelatif Azira, a évoqué jeudi l’état des barrages en Algérie, marqué par une amélioration à la faveur des précipitations enregistrées depuis le début de l’année. Selon lui, le taux national de remplissage varie actuellement entre 55 et 59 %, avec des réserves appelées à augmenter dans les prochaines semaines grâce aux nouveaux apports en eau.
Intervenant dans l’émission « L’Invité du jour » de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, il a indiqué : « Aujourd’hui, le taux national de remplissage des barrages se situe entre 55 et 59 %, ce qui représente un volume stocké de 4,6 milliards de mètres cubes ». Il a ajouté que cette situation devrait encore évoluer positivement avec les pluies récentes.
Plusieurs barrages affichent déjà un taux de remplissage de 100 %. « Nous avons pratiquement une vingtaine de barrages totalement remplis, notamment Beni Haroun avec un volume dépassant les 860 millions de mètres cubes, ainsi que les barrages de Tichy-Haf à Béjaïa, Bouhanifia à Mascara, ou encore ceux de Relizane et Tiaret », a-t-il précisé.
D’autres infrastructures affichent cependant des niveaux plus faibles, avec des taux de remplissage inférieurs à 30 %. Cette situation concerne notamment 16 barrages localisés dans les wilayas de Batna, Bordj Bou Arréridj et Tlemcen. Malgré ces écarts, le directeur général de l’ANBT a assuré que l’alimentation en eau reste garantie à travers le système d’interconnexion entre les barrages, mis en place pour assurer une meilleure répartition des ressources hydriques à travers le pays.
L’Algérie dispose actuellement de 82 barrages en exploitation. Abdelatif Azira a également fait savoir que cinq nouveaux barrages sont en cours de réalisation avec des taux d’avancement avancés. « À ce propos, je vous informe que nous avons procédé à la mise en eau du barrage d’Oued Lazreg, dans la wilaya de Khenchela », a-t-il déclaré. En parallèle, l’ANBT a lancé 28 études d’avant-projet détaillé pour de futurs barrages dans différentes régions du pays.
L’ANBT veut valoriser la vase des barrages
Le phénomène d’envasement reste l’un des principaux défis liés à la gestion des barrages en Algérie. L’accumulation de sédiments au fond des retenues réduit progressivement leur capacité de stockage et leur durée d’exploitation.
Face à cette problématique, l’ANBT travaille sur des solutions de valorisation des sédiments extraits lors des opérations de dévasement. L’objectif est de réutiliser cette matière dans plusieurs secteurs industriels, notamment les cimenteries et les briqueteries, avec des perspectives d’utilisation dans l’agriculture.
Le directeur général de l’agence a indiqué : « Nous en sommes à notre quatrième campagne de dévasement, et cette fois-ci, nous allons extraire 10 millions de mètres cubes de vase. Cette quantité sera systématiquement récupérée et stockée ».
Selon lui, les travaux menés avec des universités et des industriels ont montré que cette vase peut remplacer certaines matières premières utilisées dans la fabrication du ciment et des briques.
« L’étude réalisée conjointement avec le groupe des cimenteries et les universités met en évidence plusieurs avantages liés à l’utilisation de la vase. D’abord, cela permet de réduire l’extraction d’argile issue des gisements naturels, ce qui contribue à la protection de l’environnement. Ensuite, nous avons constaté que son intégration dans le processus de fabrication du ciment permet de réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de carbone, ce qui est énorme », a expliqué Abdelatif Azira.
Au-delà de leur rôle dans le stockage des eaux de surface, le responsable estime que les barrages peuvent aussi contribuer au développement économique et social. Il souhaite ainsi faire de ces infrastructures « des entités économiques à part entière », en encourageant le développement d’activités éducatives et économiques autour de ces ouvrages.






