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Hydrogène vert : les opportunités d’investissement en Algérie détaillées dans un guide de l’agence allemande GIZ

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Un guide publié en août 2026 par la GIZ, pour le compte du ministère fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie, présente les possibilités d’investissement dans l’hydrogène vert et les applications Power-to-X en Algérie. Le document revient sur le potentiel énergétique du pays, les projets envisagés, les conditions d’implantation des entreprises étrangères ainsi que les mécanismes de financement et les principales règles fiscales, bancaires et sociales.

L’Algérie cherche à développer une nouvelle filière autour de l’hydrogène vert et des produits issus du Power-to-X (Pt-X). Cette orientation s’inscrit dans une volonté plus large de réduire la dépendance de l’économie aux hydrocarbures et de créer de nouvelles chaînes de valeur industrielles.

C’est dans ce contexte que la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), pour le compte du ministère fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie, a publié à Alger, en août 2026, un « Guide d’investissement dans l’hydrogène vert et les applications Power to-X (Pt-X) en Algérie ». Le document a été élaboré par la GIZ Algérie, l’AHK Algérie et le cabinet MIDEAST LAW. Il s’inscrit dans le cadre du programme international H2Uppp, consacré au développement de l’hydrogène dans les pays du Sud.

Un potentiel lié au solaire, à l’éolien et à la proximité de l’Europe

Le guide présente l’Algérie comme un marché susceptible d’intéresser les entreprises européennes engagées dans la transition énergétique. Il met notamment en avant la superficie du pays, son niveau d’ensoleillement, ses ressources éoliennes et ses infrastructures routières, ferroviaires, portuaires et aéroportuaires.

« L’Algérie est aujourd’hui considérée comme l’une des destinations d’investissement les plus attractives de l’espace
méditerranéen pour les entreprises européennes engagées dans la transition énergétique, mais elle n’occupe pas encore une
place de partenaire économique en Allemagne. mais en tant que l’un des grands producteurs de pétrole et de gaz doté d’une production chimique importante, l’Algérie est aussi un fournisseur de matières premières essentiel pour l’Allemagne »
, lit-on dans l’introduction du guide.

Et d’ajouter : « Avec une bonne infrastructure de routes, de voies ferrées de ports de fret et d’aéroports régionaux, un niveau d’éducation élevé et une population ouverte et hospitalière, l’Algérie est à bien des égards un pays très attractif, y compris pour y investir. Le pays constitue également une porte d’entrée avantageuse vers l’espace économique africain. L’État algérien accorde par exemple, lors de la passation des marchés publics, un bonus de 25 % aux soumissionnaires producteurs en Algérie. »

« L’Algérie dispose d’un atout unique grâce à des prix de l’énergie très avantageux, résultant de son importante production nationale de pétrole et de gaz, mais surtout du gigantesque potentiel de production d’énergies renouvelables tenant à la vaste superficie du pays, à un ensoleillement très élevé et à un fort gisement éolien dans de larges zones », note la même source, et de souligner : « Aux côtés de l’Europe, l’Algérie vise un développement indépendant et affirmé, avec un fort potentiel de se développer conjointement avec des partenaires technologiques européens. L’Allemagne y joue un rôle particulier et privilégié. »

L’environnement économique est également présenté à travers plusieurs indicateurs. Le PIB nominal de l’Algérie est estimé à 285,7 milliards de dollars en 2025, contre 269,1 milliards en 2024. La croissance réelle du PIB est donnée à 3,8 % en 2025, après 3,7 % en 2024. L’inflation est estimée à 2,8 % en 2025, contre 4 % en 2024. La population est évaluée à 47,2 millions d’habitants en 2025.

Le guide relève aussi l’importance de la population jeune. Selon ses données, 60 % de la population a moins de 30 ans. Quelque 400.000 jeunes sortent chaque année de l’enseignement supérieur ou de la formation technique, tandis que 160.000 terminent une formation professionnelle. Le taux de chômage était estimé à 12,7 % en 2024 et atteignait environ 29 % chez les 15-24 ans. Le salaire moyen était évalué à environ 277 euros en 2022, tandis que le SNMG est fixé depuis janvier 2026 à 24.000 dinars.

L’Algérie dispose également d’un accord d’association avec l’Union européenne, dont les dispositions relatives à la franchise douanière sur les échanges de marchandises sont pleinement entrées en vigueur en septembre 2020. Le pays a aussi ratifié l’accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA) en 2019.

Une stratégie hydrogène adoptée en 2023

Le gouvernement algérien a adopté en mars 2023 une stratégie consacrée au développement de l’hydrogène vert. Le secteur relève de trois départements ministériels : le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, le ministère des Hydrocarbures et le ministère des Mines et des Industries minières.

Le groupe Sonatrach entend développer cette filière avec des partenaires et des investisseurs étrangers. Le guide précise toutefois que des projets indépendants de Sonatrach n’ont pas encore été développés.

À court terme, l’objectif est de réaliser plusieurs installations pilotes d’électrolyse d’une capacité comprise entre 2 et 4 MW, ainsi qu’une installation de référence de 50 MW à l’horizon 2030, avec le soutien de la KfW. Ces installations doivent servir à différentes applications du Pt-X, notamment l’e-méthanol, l’e-kérosène et l’ammoniac vert.

La stratégie prévoit également le développement de la formation universitaire et professionnelle et une meilleure intégration industrielle, notamment à travers la fabrication locale de composants. Le cadre juridique spécifique à la production et au transport de l’hydrogène vert et de ses dérivés est encore en cours d’élaboration, selon le document.

Le guide indique aussi que certaines entreprises allemandes étudient les conditions nécessaires à l’installation d’une production d’électrolyseurs en Algérie.

À plus long terme, l’objectif est d’atteindre entre 2030 et 2040 une production de l’ordre de 40 TWh, soit environ 1,25 million de tonnes d’hydrogène. Le document mentionne également l’objectif correspondant à 10 % des besoins européens. Une grande partie de cette production pourrait être transportée vers l’Europe à travers le SoutH2 Corridor, via la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne.

Pour les besoins de l’industrie algérienne, le guide évoque en parallèle la possibilité de développer jusqu’à 10 TWh par an de production d’hydrogène bleu à partir du reformage du gaz naturel avec stockage du CO₂ dans des structures souterraines.

Arzew et l’aéroport d’Alger ciblés pour les premiers projets

La proximité de l’Europe constitue, selon le guide, un élément important dans la compétitivité potentielle de l’hydrogène algérien. Le raccordement envisagé au SoutH2 Corridor pourrait réduire les coûts de transport par rapport à des producteurs plus éloignés.

Le document rappelle que le transport de l’hydrogène gazeux sur de longues distances est coûteux. En l’absence de gazoduc, l’hydrogène doit souvent être converti en ammoniac ou en méthanol avant son transport, avec des pertes liées à ces opérations.

Pour les premiers projets, le guide prévoit notamment l’utilisation d’hydrogène vert dans les installations existantes de production d’ammoniac et de méthanol. À Arzew, dans l’ouest du pays, jusqu’à 15.000 tonnes d’ammoniac par an pourraient ainsi être produites avec de l’hydrogène vert. Une installation pilote de production d’e-SAF, un carburant d’aviation durable produit à partir d’électricité renouvelable, est également prévue à l’aéroport d’Alger.

L’étude citée dans le guide estime que les sites présentant les meilleures conditions pourraient permettre une production de 18 millions de tonnes d’hydrogène par an, avec un coût complet compris entre 2,5 et 3 dollars par kilogramme. En élargissant la production à des zones moins favorables, notamment moins ensoleillées ou moins ventées et plus éloignées, le potentiel pourrait atteindre 151 millions de tonnes par an, avec un coût compris entre 3,5 et 4 dollars par kilogramme d’hydrogène.

30 GW de renouvelables pour alimenter 12 GW d’électrolyse

Le développement de l’hydrogène vert dépend directement de la disponibilité d’électricité renouvelable. Le guide rappelle que Sonelgaz a attribué 3.200 MW de projets solaires dans le cadre de contrats EPC, principalement à des entreprises chinoises et, dans une moindre mesure, turques.

La construction de ces installations a commencé. Quelque 400 MW avaient déjà été raccordés au réseau au premier semestre 2026, portant la capacité installée d’énergies renouvelables à plus de 1 GW. À titre de comparaison, cette capacité était de 600,1 MW en 2024.

La planification prévoit d’atteindre 15.000 MW de capacité solaire installée en 2035. Cette prévision ne comprend pas encore les besoins spécifiques liés à la production d’hydrogène.

Sonatrach envisage de son côté une augmentation importante de la demande d’électricité renouvelable destinée à l’électrolyse. Le schéma présenté prévoit 30 GW de capacités renouvelables, solaires et éoliennes, pour alimenter un électrolyseur d’une puissance de 12 GW.

Des premiers partenariats avec des groupes européens

Des manifestations d’intérêt ont déjà été enregistrées. Lors du NAPEC organisé à Oran en octobre 2024, deux protocoles d’accord ont été signés.

Le groupe espagnol CEPSA avait alors envisagé la réalisation d’une production intégrée d’hydrogène associant solaire, éolien et électrolyse, avec une capacité d’électrolyse de 200 MW.

Dans le même temps, VNG, SNAM, Seacorridor et Verbund ont engagé des études complémentaires sur la production d’hydrogène vert destiné au corridor SoutH2. Cet accord a ensuite évolué en 2025 vers l’Alliance de l’Hydrogène Algérie-Europe, ALTEH2A, soutenue par VNG, SNAM, Seacorridor et Verbund. L’objectif est d’évaluer la faisabilité technique et économique d’une production d’hydrogène vert à grande échelle en Algérie.

Les entreprises étrangères peuvent détenir 100 % du capital

Sur le plan juridique, le guide relève la suppression de la règle 49/51 dans la plupart des secteurs à la suite de la loi de finances complémentaire de 2020. Les entreprises étrangères peuvent donc, en principe, détenir jusqu’à 100 % du capital, sauf dans les secteurs considérés comme stratégiques.

La production d’énergies renouvelables et d’hydrogène vert ne figure pas dans la liste des activités stratégiques définie par le décret exécutif n° 21-145. Les projets dans ces domaines peuvent donc, en principe, être détenus à 100 % par des entreprises étrangères. Le guide insiste cependant sur la nécessité d’une coordination étroite avec Sonatrach et Sonelgaz.

Plusieurs formes juridiques sont disponibles : la société par actions (SPA), la société à responsabilité limitée (SARL), l’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL), la société en nom collectif (SNC), l’établissement stable et le bureau de liaison.

Pour une SPA non cotée, le capital minimum est de 1 million de dinars et de 5 millions de dinars pour une société cotée. La SARL peut être constituée avec un capital minimum de 100.000 dinars et compte de deux à vingt associés. L’EURL dispose également d’un capital minimum de 100.000 dinars et ne compte qu’un associé. La SNC ne nécessite aucun capital minimum, mais ses associés sont responsables de manière illimitée et solidaire des dettes de la société.

Une procédure de création d’entreprise détaillée

Le guide décrit les principales étapes de création d’une société. Il faut d’abord réserver la dénomination auprès du CNRC. Le certificat négatif est valable six mois.

Les documents des associés doivent ensuite être traduits, certifiés et, selon le cas, surcertifiés, légalisés ou apostillés. Le siège social doit être justifié par un bail notarié ou une preuve de propriété en arabe.

Une attestation notariale relative à la société en cours de constitution permet ensuite d’ouvrir un compte CEDAC et d’y transférer le capital. Après l’attestation de versement du capital, les statuts sont établis devant notaire en arabe. L’immatriculation au registre du commerce peut alors être effectuée. Le guide évalue son coût à environ 10.000 dinars. La constitution est enfin publiée au Journal officiel.

Le document relève cependant que la numérisation des démarches administratives progresse mais n’est pas encore généralisée. Certaines procédures peuvent ainsi rester plus lentes.

Fiscalité : IBS, TVA et retenues à la source

Le guide présente plusieurs régimes fiscaux. Pour les activités concernées par l’IFU, celui-ci est fixé à 5 % dans la production et le commerce et à 12 % dans les prestations de services, jusqu’à un chiffre d’affaires de 8 millions de dinars. Au-delà de ce seuil, le régime réel devient obligatoire.

L’IBS est généralement fixé à 23 % ou 26 % selon l’activité. La TVA est de 19 %. Une retenue à la source est applicable lorsque le cocontractant est établi à l’étranger, avec un taux généralement indiqué à 21 %, pouvant atteindre 30 % dans certains cas. Les taxes d’apprentissage et de formation professionnelle représentent chacune 1 % de la masse salariale, cette dernière étant applicable aux entreprises comptant plus de 20 salariés.

Le transfert du capital étranger vers l’Algérie passe par un compte CEDAC ouvert auprès d’une banque commerciale algérienne. Le guide insiste également sur la nécessité de conserver les justificatifs relatifs au capital versé et aux opérations sur le capital, notamment pour permettre ultérieurement le transfert des dividendes.

Le financement reste un point de vigilance

Le financement des grands projets d’hydrogène constitue l’un des principaux sujets abordés dans le document.

L’Algérie ne favorise pas l’endettement extérieur et n’autorise pas, selon le guide, de nouveaux emprunts à l’étranger pour les investisseurs. Cette restriction concerne notamment les financements de la Banque mondiale, de la Banque européenne d’investissement et de la KfW.

Des exceptions individuelles auraient été accordées pour certains investissements stratégiques, mais leur cadre concret n’est pas encore défini par un texte réglementaire.

Les entreprises peuvent en revanche recourir au financement de banques commerciales algériennes, souvent publiques. Le guide souligne toutefois le niveau élevé des taux d’intérêt. Il mentionne un taux de refinancement des banques publiques auprès de la Banque d’Algérie de 3 % et des bonifications d’intérêts pouvant atteindre 3 % pour certains investissements industriels.

Le besoin financier associé à la production d’hydrogène à grande échelle est évalué à plus de 25 milliards de dollars. Le guide estime donc que la question de l’accès au financement extérieur pourrait se poser à mesure que les projets passeront à des capacités industrielles.

À l’échelle mondiale, le Conseil de l’hydrogène estime que 514 milliards de dollars d’investissements sont prévus afin d’atteindre 48 millions de tonnes d’hydrogène propre par an en 2030. Les besoins projetés dans le scénario NZE sont cependant évalués à 64 millions de tonnes. Sur les 514 milliards de dollars annoncés, seuls 38 milliards avaient fait l’objet d’engagements fermes des investisseurs et des banques, soit environ 7 %.

Le guide insiste ainsi sur la « bancabilité » des projets, c’est-à-dire leur capacité à répondre aux conditions nécessaires à leur financement bancaire. Il souligne que les investissements dans les électrolyseurs, le transport et le stockage nécessitent des mécanismes publics de soutien, des incitations fiscales et un partage des risques.

Le mécanisme H2Global est présenté comme l’un des dispositifs susceptibles de réduire les risques de marché. Il repose notamment sur des appels d’offres portant sur des volumes subventionnés d’hydrogène vert et de dérivés comme l’ammoniac, le méthanol et l’e-SAF.

Des incitations fiscales introduites en 2026

Pour l’Algérie, le guide estime que le financement devra tenir compte de la volonté du pays de limiter sa dépendance financière extérieure. Il évoque comme piste l’association d’un ou plusieurs acheteurs européens, ou « Offtakers », capables d’apporter des fonds propres, une expertise technique et des débouchés commerciaux.

La loi de finances pour 2026 a par ailleurs introduit des mesures destinées à soutenir l’hydrogène vert et les énergies renouvelables. Parmi elles figure l’exonération des droits de douane sur les électrolyseurs destinés à la production d’hydrogène. Les dépenses engagées dans les projets de développement de l’hydrogène vert et des énergies renouvelables peuvent également être déduites fiscalement, dans les limites prévues par la législation.

Dividendes et transferts de capitaux

Le transfert des dividendes vers l’étranger est possible sous certaines conditions. Les entreprises relevant du droit algérien et exerçant une activité de production de biens ou de services peuvent transférer des dividendes à leurs actionnaires étrangers à hauteur de leur participation. Pour certaines activités mixtes, une autorisation préalable de la Banque d’Algérie est nécessaire.

Les dividendes sont soumis à une retenue à la source de 15 %. Le même taux s’applique aux bénéfices transférés par une succursale à sa société mère à l’étranger.

Le dossier de transfert doit notamment comprendre une demande, les statuts certifiés et traduits, l’extrait du registre du commerce, l’attestation bancaire de versement du capital, le procès-verbal de répartition des bénéfices, les comptes annuels, le rapport d’audit, la quittance fiscale et les publications légales requises.

Le guide rapporte par ailleurs l’expérience d’environ 80 entreprises allemandes présentes en Algérie. Selon le document, le transfert des bénéfices vers les sociétés mères est possible lorsque les conditions réglementaires sont respectées. Les dividendes peuvent être transférés en euros et sont soumis à une retenue à la source de 15 %.

Marchés publics et préférence locale

Le guide rappelle que la loi n° 23-12 du 5 août 2023 a réorganisé les règles relatives aux marchés publics. Pour les commandes dont la valeur reste sous les seuils réglementaires, une procédure de consultation simplifiée peut être utilisée, tout en respectant les principes d’égalité de traitement, de libre accès et de transparence.

Le document précise qu’en l’absence de nouveaux textes fixant les seuils, les montants de l’ancien décret présidentiel n° 15-247 continuent, en pratique, d’être utilisés : 12 millions de dinars pour les travaux ou fournitures et 6 millions pour les études ou services.

Pour les appels d’offres, les dossiers doivent comprendre les pièces juridiques, une offre technique et une offre financière. Les sous-traitants ne peuvent représenter plus de 40 % de la valeur du marché. La caution de soumission doit être d’au moins 1 % du montant du marché et la caution de bonne exécution représente entre 5 et 10 %.

Une marge de préférence pouvant atteindre 25 % peut être appliquée en faveur des offres issues de la production algérienne ou d’entreprises à capital majoritairement national lorsqu’elles sont en concurrence avec des soumissionnaires internationaux.

La loi sur l’investissement au centre du dispositif

La loi n° 22-18 du 24 juillet 2022 constitue, selon le guide, le principal cadre juridique applicable à l’investissement. Elle concerne aussi bien les investisseurs algériens qu’étrangers et vise à simplifier les procédures.

L’AAPI constitue l’interlocuteur central des investisseurs. La loi distingue notamment la création d’une activité, l’extension, la réhabilitation et la délocalisation d’une activité depuis l’étranger.

Les investisseurs bénéficiant des conditions prévues par la loi disposent notamment de garanties concernant l’accès au foncier relevant du domaine de l’État, certaines opérations de commerce extérieur, le transfert du capital et des revenus ainsi que les voies de recours en cas de litige.

Trois régimes d’incitation sont prévus : le régime sectoriel, qui concerne notamment les énergies renouvelables, le régime des zones, notamment dans les Hauts-Plateaux et le Sud, et le régime des investissements structurants pour les projets dépassant 10 milliards de dinars et créant au moins 500 emplois.

Des exonérations douanières et de TVA peuvent être accordées durant la phase de réalisation, ainsi que des allègements fiscaux liés notamment aux acquisitions immobilières, aux frais de constitution et aux concessions. Durant la phase d’exploitation, des exonérations d’IBS et de TAP peuvent être accordées pendant trois à dix ans selon la nature du projet.

Le bénéfice de ces avantages n’est toutefois pas automatique. Le projet doit être enregistré auprès de l’AAPI avant sa réalisation. Le dossier doit notamment présenter le projet, son financement, les emplois prévus ainsi que les éléments relatifs aux exigences environnementales et sociales. Un certificat d’investissement est ensuite délivré après examen du dossier.

L’AAPI assure également le suivi du projet et peut accompagner l’investisseur en cas de difficulté.

Selon les chiffres repris par le guide, plus de 20.000 projets étaient enregistrés auprès de l’AAPI, représentant plus de 9.000 milliards de dinars, soit environ 67,5 milliards de dollars, pour un potentiel de plus de 525.000 emplois.

L’agence développe parallèlement des guichets uniques pour les grands projets et les investissements étrangers, des structures régionales pour les projets locaux et un guichet numérique. L’objectif affiché est de permettre une réponse aux investisseurs dans un délai de 24 heures et un démarrage du projet dans un délai maximal de 20 jours. En mai 2026, l’AAPI a signé deux accords avec le Haut-Commissariat à la Numérisation afin notamment de développer son guichet numérique et d’utiliser les ressources cloud souveraines de l’État.

Main-d’œuvre et travailleurs étrangers

Le guide consacre également une partie importante au droit du travail. L’ANEM assure la publication des offres d’emploi et permet notamment de démontrer que les postes ont d’abord été ouverts aux candidats algériens.

La loi n° 90-11 du 21 avril 1990, modifiée notamment en 2022, constitue la principale référence en matière de relations de travail. Un contrat à durée déterminée doit être établi par écrit et préciser notamment sa durée, le poste et le motif justifiant son caractère temporaire.

L’IRG est prélevé à la source et suit un barème progressif compris entre 23 % et 35 %. Les salariés doivent être affiliés à la CNAS dans les dix jours suivant le début du contrat. Les cotisations sociales représentent 35,13 % de l’assiette concernée, avec une part salariale de 9 % et une part patronale de 26 %.

Le recours à des travailleurs étrangers est soumis à des conditions particulières. Un contrat de travail de droit algérien est nécessaire. Une exception est prévue pour les collaborateurs étrangers ne séjournant pas plus de 14 jours consécutifs en Algérie et pas plus de trois mois au total durant l’année civile.

Lorsque le recrutement d’un travailleur étranger est nécessaire, l’employeur doit obtenir un accord de principe du ministère du Travail. L’employeur doit également s’engager dans la formation de travailleurs algériens. L’autorisation provisoire de travail, le visa de travail puis le permis définitif constituent les principales étapes de la procédure.

Jusqu’à 90 % du salaire net en dinars d’un travailleur étranger peuvent être transférés à l’étranger, sous réserve notamment d’un contrat autorisé et des attestations nécessaires de l’administration fiscale et de la banque.

Protection des données et propriété intellectuelle

Pour les marques, brevets et dessins et modèles, l’INAPI est l’organisme compétent. La durée de protection indiquée est de dix ans, renouvelable. Les marques peuvent également être enregistrées à l’international dans le cadre de l’Arrangement de Madrid administré par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle.

En matière de données personnelles, le guide cite la loi n° 18-07, complétée par la loi n° 25-11 du 24 juillet 2025. Le dispositif, entré en vigueur en août 2023, concerne les organismes publics et privés qui traitent des données personnelles et prévoit l’intervention de l’ANPDP.

Les traitements doivent être déclarés avant leur mise en œuvre et les transferts de données vers l’étranger sont soumis à une autorisation préalable de l’ANPDP.

Commerce extérieur : la domiciliation reste centrale

Le guide rappelle que les opérations d’importation et d’exportation doivent en principe être domiciliées auprès d’une banque agréée avant le paiement, le transfert ou le dédouanement. Certaines opérations sont toutefois exemptées, notamment les importations et exportations de marchandises d’une valeur inférieure à 100.000 dinars FOB et certains biens importés par des entreprises non résidentes pour leurs projets en Algérie.

Le document relève un durcissement des pratiques en 2026 : la domiciliation bancaire doit intervenir avant l’envoi de la marchandise par le fournisseur étranger, sauf exceptions dûment justifiées et autorisées. Le Programme Prévisionnel d’Importation (PPI), introduit depuis juillet 2025, intervient également dans les opérations d’importation.

Le guide présente plusieurs moyens de paiement, dont le crédit documentaire, le crédit documentaire irrévocable et confirmé, la remise documentaire et le transfert libre. Il rappelle que ces solutions présentent des niveaux différents de sécurisation pour l’exportateur.

Le délai maximal de paiement indiqué est de 365 jours à compter de l’émission du document D10. Le transfert de fonds vers l’étranger prend, selon le guide, environ une semaine lorsque le dossier est complet. Les recettes en devises issues des exportations doivent être rapatriées dans les délais fixés par la Banque d’Algérie.

Une filière qui reste à structurer

Dans sa synthèse, le guide considère que la proximité de l’Europe, les ressources solaires et éoliennes, les prix de l’énergie et la possibilité de raccordement au SoutH2 Corridor constituent des facteurs favorables au développement de l’hydrogène vert et du Pt-X en Algérie.

Il relève également les garanties apportées par la loi sur l’investissement de 2022, les incitations fiscales et le rôle de l’AAPI. Mais plusieurs difficultés sont identifiées : l’interdiction de l’endettement extérieur, le niveau des taux d’intérêt intérieurs, la volatilité du taux de change et l’absence, à ce stade, d’un cadre juridique finalisé pour la production et le transport de l’hydrogène vert et de ses dérivés.

Le document estime que les entreprises allemandes présentes en Algérie donnent, dans l’ensemble, un retour satisfaisant sur le climat des affaires et que les transferts de dividendes peuvent être effectués sans difficulté majeure lorsque les formalités sont correctement documentées.

Pour les projets dans l’hydrogène et les énergies renouvelables, le guide recommande surtout d’engager rapidement les discussions avec Sonatrach, Sonelgaz et le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables afin de définir les aspects opérationnels, réglementaires et financiers.

Enfin, le document cite le Forum économique algéro-allemand organisé à Berlin le 17 juillet 2026 ainsi que les accords et mémorandums conclus dans les secteurs de l’énergie et de l’hydrogène vert comme des signes de la poursuite de la coopération entre les deux pays. Il considère que cette coopération peut ouvrir de nouveaux projets industriels dans l’hydrogène vert et le Power-to-X en Algérie.

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