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FMI : des perspectives favorables pour l’Algérie en 2026, mais des réformes restent nécessaires

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Une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par M. Charalambos Tsangarides, s’est rendue à Alger du 16 au 30 juin pour mener les consultations de 2026 au titre de l’article IV avec l’Algérie. À l’issue de cette visite, l’institution estime que les perspectives économiques de l’Algérie restent positives à court terme, portées par la hausse des prix des hydrocarbures. Elle attire toutefois l’attention sur le recul des marges de manœuvre budgétaires et appelle à poursuivre les réformes afin de consolider les finances publiques, contenir l’inflation, rendre le régime de change plus flexible et favoriser le développement du secteur privé.

Dans un communiqué publié lundi 6 juillet, M. Tsangarides a indiqué que : « La croissance est restée robuste en 2025 et atteindrait 3,9 % selon les estimations, soutenue par des investissements importants, tandis que la croissance du secteur des hydrocarbures est restée modérée. L’inflation a augmentée depuis septembre 2025, sous l’effet de la hausse importante du prix des bijoux et de l’augmentation modérée du prix des produits alimentaires ».

Le FMI relève également que : « Le déficit budgétaire a diminué en 2025, à 10,5 % du PIB, grâce aux dividendes élevés ponctuels des entreprises publiques et de la Banque d’Algérie ainsi qu’à l’augmentation des recettes hors hydrocarbures, mais il reste très élevé. Néanmoins, d’importants besoins de financement ont poussé la dette publique à 52,1 % du PIB. Les conditions monétaires se sont assouplies, parallèlement à un financement accru de l’État par la banque centrale. »

L’institution note par ailleurs une dégradation de la situation extérieure. Selon elle, « le solde extérieur courant s’est considérablement détérioré en 2025, en raison de l’envolée des importations, tirée par d’importants investissements publics, et de la baisse des exportations d’hydrocarbures. L’ampleur du déficit extérieur a entraîné une forte réduction des réserves internationales. La prime de change du marché parallèle est également restée élevée en dépit des mesures introduites par la Banque d’Algérie. »

Les prévisions du FMI pour 2026

Pour l’année en cours, le FMI prévoit une conjoncture toujours favorable. Selon ses estimations, « les perspectives à court terme demeurent globalement positives, car la hausse des prix des hydrocarbures devrait augmenter les exportations et les recettes budgétaires. La croissance du PIB devrait rester robuste à 3,8 % en 2026. L’inflation devrait s’accélérer temporairement. Le déficit extérieur devrait baisser sous l’effet de la hausse des prix des hydrocarbures et de la baisse des importations. Le déficit budgétaire devrait rester élevé ».

À moyen terme, le Fonds anticipe cependant un ralentissement de la croissance. Il estime qu’« une modération de la croissance, tandis que des déficits élevés continueraient d’accroître la dette publique et de réduire progressivement les réserves internationales. Les perspectives restent tributaires de réformes visant à renforcer la viabilité des finances publiques, à diversifier l’économie et à stimuler l’investissement privé. »

Le FMI met aussi en garde contre plusieurs facteurs de risque. « Les risques pesant sur les perspectives économiques de l’Algérie sont principalement liés à la volatilité des prix des hydrocarbures, à la persistance de déficits budgétaires élevés et aux liens financiers importants entre l’État, les entreprises publiques et les banques publiques. Parallèlement, des recours persistant au financement monétaire pourraient compromettre la stabilité des prix et la crédibilité de la politique économique », explique l’institution.

Des réformes jugées prioritaires

Le Fonds estime que « le renforcement de la résilience économique est devenu plus urgent en raison de l’érosion des marges budgétaires et extérieures. »

À court terme, il recommande « une consolidation budgétaire importante, compte tenu notamment de la détérioration du déficit extérieur, en partie due à l’investissement public. Le recours au financement monétaire devrait être évité, et la politique monétaire devrait être resserrée si l’accélération de l’inflation continue. Une meilleure gestion de la liquidité permettrait de rapprocher le taux interbancaire du taux directeur et de renforcer la transmission de la politique monétaire. Une plus grande flexibilité du taux de change améliorerait la capacité de l’économie à absorber les chocs extérieurs. La poursuite des efforts destinés à améliorer le fonctionnement du marché formel des devises, appuyés par un dosage mieux équilibré des politiques macroéconomiques, contribuerait à renforcer la confiance et à soutenir l’activité du secteur privé. Les priorités à moyen terme sont notamment le renforcement des cadres budgétaire et monétaire, la réduction de l’interdépendance entre l’État, les entreprises publiques et les banques publiques, et la poursuite des réformes structurelles destinées à favoriser une transition progressive vers une croissance durable tirée par le secteur privé. »

Les principales recommandations

Le FMI considère que « la stratégie de consolidation budgétaire doit être axée sur la mobilisation de nouvelles recettes hors hydrocarbures et la rationalisation des dépenses. Les mesures visant à accroître les recettes devraient inclure l’élargissement de l’assiette fiscale, la réduction des dépenses fiscales et le renforcement des efforts de l’administration fiscale pour améliorer le respect des obligations fiscales et réduire l’informalité grâce à la numérisation et à des contrôles plus stricts. Une réforme des subventions et des prestations sociales, ainsi que la limitation des transferts aux entreprises publiques, contribueraient à la consolidation et permettraient de dégager de l’espace pour les dépenses prioritaires, y compris une aide ciblée aux ménages vulnérables. Une efficience accrue des investissements publics aiderait les autorités à atteindre leurs objectifs de diversification économique. L’effort de consolidation devrait être soutenu par une gestion des finances publiques et des risques budgétaires renforcés et s’inscrire dans un cadre budgétaire fondé sur des règles. Les premières mesures visant à diversifier les sources de financement sont les bienvenues, notamment la première émission souveraine de Sukuk et le financement attendu d’une banque de développement régionale. »

La mission recommande également « de renforcer davantage le cadre de la politique monétaire notamment en faisant d’une faible inflation l’objectif premier et le point d’ancrage nominal. » Elle exhorte aussi « les autorités à renforcer les garde-fous réglementaires relatifs à tout financement monétaire exceptionnel de l’État afin de protéger l’indépendance opérationnelle de la banque centrale. » Le communiqué ajoute : « La BA devrait améliorer ses opérations de gestion des liquidités et chercher à rapprocher les taux interbancaires et directeurs. Il est essentiel de renforcer la surveillance du secteur financier pour atténuer les risques découlant des liens financiers étroits entre l’État, les entreprises publiques et les banques publiques. »

Concernant les réformes économiques, le FMI estime que « la poursuite des réformes est nécessaire pour soutenir une croissance plus forte et plus résiliente tirée par le secteur privé », avant de préciser : « Parmi les priorités figurent l’amélioration du climat des affaires, l’uniformisation des conditions de concurrence entre les entreprises publiques et le secteur privé, la réduction des barrières aux échanges et des restrictions administratives, l’accroissement de la flexibilité des marchés des biens et du travail, et la réduction de l’informalité grâce à la numérisation et à la réforme du régime fiscal. La position géographique de l’Algérie et sa richesse en ressources énergétiques pourraient servir de levier pour renforcer son rôle sur le marché de l’énergie, avec l’Europe et l’Afrique. » Le Fonds salue également « les efforts de diversification déployés par l’Algérie, notamment dans les secteurs minier et agricole, et encourage la poursuite des réformes visant à renforcer la compétitivité et l’investissement privé. »

Enfin, la mission se félicite « le retrait de l’Algérie de la liste grise en matière de LBC/FT, qu’elle considère comme une réalisation importante, reflétant une forte volonté et de la poursuite des efforts de réforme », et « encourage les autorités à poursuivre l’effort de réforme. » « La mission exprime sa gratitude et sa reconnaissance aux autorités et à tous les interlocuteurs pour leur accueil chaleureux et les entretiens ouverts et constructifs », conclut le communiqué.

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