Une nouvelle organisation professionnelle regroupant les acteurs du secteur des compléments alimentaires a été annoncée ce mercredi 10 juin à Alger. Il s’agit de l’Association des producteurs algériens de compléments alimentaires (APACA), créée dans un contexte de croissance progressive de cette activité en Algérie.
Lors d’une rencontre organisée à l’occasion de ce lancement, les professionnels présents ont évoqué une filière en développement, portée par un nombre croissant de producteurs et d’opérateurs. L’initiative vise à encadrer davantage le secteur et à accompagner les entreprises dans le respect des normes en vigueur, tout en renforçant les échanges entre les différents acteurs.
Le président de l’association, Mejdi Soussi, a indiqué que cette structure a pour objectif de rassembler les producteurs autour d’un cadre commun. Selon lui, cette démarche répond à la nécessité de mieux organiser la filière, d’améliorer la qualité des produits et de faciliter la mise en conformité réglementaire des opérateurs.
À plus long terme, les membres de l’association ambitionnent de renforcer la position de l’industrie algérienne des compléments alimentaires, notamment à travers l’amélioration des standards de production, le soutien à l’innovation et le développement des exportations. L’idée est également de favoriser l’attraction de nouveaux investissements dans ce domaine.
L’APACA prévoit, dans son plan d’action, de développer des outils de structuration interne et d’instaurer un dialogue régulier avec les autorités sanitaires et les institutions concernées. Elle envisage aussi la mise en place de programmes de formation, la rédaction de guides de bonnes pratiques et l’organisation de rencontres professionnelles pour suivre l’évolution du secteur.
De son côté, la secrétaire générale de l’association, Linda Aït Ahmed, a rappelé que les compléments alimentaires doivent être considérés comme un soutien à l’alimentation et non comme un substitut. Elle a également souligné les perspectives de croissance que connaît ce marché, aussi bien en Algérie qu’à l’échelle internationale.
Lors des échanges, plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de sensibiliser les consommateurs à un usage encadré de ces produits, situés entre l’aliment et le médicament, afin d’éviter les usages inadaptés.
Parallèlement à cette dynamique organisationnelle, le secteur connaît une expansion progressive. Selon les données évoquées lors de la rencontre, le marché mondial des compléments alimentaires a enregistré une croissance continue au cours de la dernière décennie, tendance qui se reflète également sur le marché algérien.
Selon le journal El Watan, « le secteur des compléments alimentaires en Algérie a franchi un cap important, stimulé par une prise de conscience accrue des citoyens pour leur santé préventive et leur bien-être. » « Les produits les plus prisés incluent les vitamines (C et D), les minéraux (zinc, magnésium), les oméga-3 ainsi que les produits de phytothérapie comme le curcuma ou le gingembre », souligne la même source, et d’ajouter : « Contrairement à d’autres secteurs, l’industrie des compléments alimentaires est portée à 90 % par des producteurs locaux. Ce sont principalement des petites et moyennes entreprises (PME) créées par de jeunes médecins et pharmaciens spécialisés. »
En Algérie, la distribution des produits repose principalement sur les pharmacies, qui restent le canal dominant. Le commerce en ligne gagne toutefois du terrain, tandis que les magasins spécialisés, notamment les boutiques diététiques et bio, occupent également une part du marché en développement.
D’après les données rapportées par El Watan : « Les pharmacies : Elles dominent avec 48 % des parts de marché, portées par la confiance des consommateurs (76 % citent le conseil du pharmacien comme déterminant). Le commerce en ligne : Ce canal connaît une progression rapide et représente déjà 21 % des ventes. Les magasins spécialisés : Les boutiques bio et diététiques captent environ 17 % du secteur. »
Le journal rappelle également que le Gouvernement a examiné en avril dernier un projet de décret exécutif fixant les spécifications techniques et les doses maximales de vitamines et minéraux autorisées. Ce texte vise à garantir l’innocuité des produits et à combler les lacunes en matière de sécurité sanitaire.







