Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, effectuera lundi 18 mai une visite à Alger consacrée à la coopération judiciaire entre l’Algérie et la France, mais aussi à plusieurs dossiers sensibles liés aux relations entre les deux pays.
Selon le ministère français de la Justice, ce déplacement vise à ouvrir « un nouveau chapitre de la coopération judiciaire entre nos deux pays », à travers des échanges avec les autorités algériennes, notamment le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa.
Les discussions devraient porter sur plusieurs questions liées à la criminalité organisée, au narcotrafic, à la lutte contre le terrorisme ainsi qu’aux affaires de délinquance économique et financière transnationale. Le dossier des « biens mal acquis » figure également parmi les sujets qui seront abordés.
Dans ce cadre, l’affaire de l’ancien ministre de l’Industrie, Abdeslam Bouchouareb, réclamé par la justice algérienne mais dont l’extradition a été refusée par la justice française, pourrait être évoquée lors des échanges entre les deux parties.
La visite devrait aussi inclure des discussions sur plusieurs affaires individuelles qualifiées de sensibles par la partie française. La chancellerie française a indiqué que « des affaires individuelles sensibles seront également discutées, en particulier le cas de notre compatriote Christophe Gleizes, incarcéré en Algérie ».
Le journaliste français a été condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». Arrêté en mai 2024, il est détenu en Algérie depuis près d’une année. Selon plusieurs médias français, il a récemment renoncé à son pourvoi en cassation devant la Cour suprême, une décision qui pourrait ouvrir la voie à une éventuelle grâce présidentielle.
Parmi les autres dossiers en suspens entre Alger et Paris figure également celui de l’agent consulaire algérien détenu en France depuis un an, dont la détention provisoire a été prolongée en mars dernier.
Gérald Darmanin, qui s’était prononcé en janvier 2025 en faveur de la suppression de l’accord franco-algérien de 2013 relatif à l’exemption réciproque de visas de court séjour pour les détenteurs de passeports diplomatiques ou de service, effectuera ce déplacement avec plusieurs magistrats français. L’Algérie avait mis fin à cet accord en septembre dernier.
Le ministère français de la Justice a par ailleurs souligné le caractère « inédit » de cette visite en raison de la présence d’une délégation de hauts magistrats accompagnant Gérald Darmanin. Celle-ci comprend notamment Laureline Peyrefitte, directrice des affaires criminelles et des grâces, Vanessa Perrée, procureure nationale anti-criminalité organisée, ainsi que Pascal Prache, procureur national financier.
Selon la même source, « ces hauts magistrats rencontreront leurs homologues pour renouer le contact et faire avancer les dossiers en cours, au service de la sécurité et de la justice dans nos deux pays ».
Cette visite intervient dans un contexte marqué par une reprise progressive des échanges entre Alger et Paris après plusieurs mois de tensions diplomatiques. Gérald Darmanin devient ainsi le troisième membre du gouvernement français à se rendre en Algérie ces derniers mois, après le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, et la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo.
Le président français Emmanuel Macron avait récemment déclaré espérer que les échanges engagés entre les deux pays marqueraient « le début » d’une reprise des relations bilatérales.






