Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé mercredi à Alger que l’Algérie poursuivait la transformation de son économie, avec l’objectif de renforcer la production nationale, de réduire les importations et de développer les exportations hors hydrocarbures.
Intervenant lors de la Rencontre nationale avec les opérateurs économiques, organisée au Centre international des conférences (CIC) Abdelatif-Rahal, le chef de l’Etat a dressé un bilan de l’évolution de l’économie nationale depuis 2019.
Il a estimé qu’avant cette période, l’économie algérienne était « à la traîne », soulignant qu’« il n’y avait aucune interopérabilité sectorielle permettant une synergie, ni aucune industrie de transformation, avec une attention quasi exclusivement tournée vers l’importation ».
Selon lui, les changements intervenus depuis ont permis à l’Algérie d’améliorer sa position économique. « Aujourd’hui, Dieu merci, la différence est immense. Nous sommes la troisième économie africaine et nous poursuivrons nos efforts pour faire encore mieux », a-t-il déclaré, selon le compte rendu de l’APS.
Le président Tebboune a également insisté sur la poursuite des réformes et sur la nécessité de corriger les insuffisances. L’Algérie, a-t-il assuré, « continuera à remédier aux lacunes et à rationaliser les importations de manière structurée ».
Il a par ailleurs présenté l’évolution actuelle comme une transformation du modèle économique. L’économie nationale se trouve ainsi dans une « phase de transformation globale d’une économie administrée vers une économie libre ».
« De nombreux pays ont connu de telles transitions, très difficiles et ayant entraîné des déséquilibres économiques. Nous œuvrons, quant à nous, à assurer cette transition en douceur, sans soubresauts susceptibles d’impacter la situation socioéconomique, et c’est une équation difficile », a-t-il expliqué.
L’Etat maintiendra son rôle social
Dans cette transition, Abdelmadjid Tebboune a insisté sur l’importance des données économiques et de la maîtrise des équilibres financiers. Il a notamment appelé à « maîtriser les chiffres afin que nous puissions compter uniquement sur nous-mêmes ».
Le président de la République a, dans le même temps, réaffirmé son attachement au rôle social de l’Etat, assurant qu’il entendait « ne pas renoncer au rôle social de l’Etat ».
« Nous n’obéissons pas aveuglément à la loi de l’offre et de la demande, même si celle-ci s’impose dans certains secteurs. En revanche, dans les secteurs à vocation sociale, l’Etat doit intervenir et la conjoncture actuelle exige que nous conjuguions tous nos efforts pour atteindre ce noble objectif », a-t-il soutenu.
Pour le chef de l’Etat, cette orientation doit permettre d’aboutir à une économie qui combine croissance et prise en compte des préoccupations sociales. « Grâce à la conjugaison des efforts de tous, nous parviendrons, à l’horizon 2027, à une économie forte tenant compte de la dimension sociale de l’Etat », a-t-il déclaré.
Une économie forte à l’horizon 2027
Abdelmadjid Tebboune a également évoqué l’évolution des échanges extérieurs. « L’économie nationale connait un essor et nous allons continuer à avancer sur la même voie », a-t-il affirmé, avant d’ajouter que « grâce à la solidarité et à la cohésion de toutes les forces vives du pays, nous parachèverons, à la fin de l’année 2027, l’édification d’une économie forte ».
Selon les données avancées lors de la rencontre, « les importations ont diminué de 40 à 42 milliards de dollars ». Une évolution qui traduit, selon lui, le renforcement de l’économie nationale.
Le président de la République a précisé que cette politique ne visait pas à empêcher les importations, mais à mieux les orienter. « Nous ne privons pas les citoyens de la possibilité d’importer, mais nous importons uniquement ce dont nous avons besoin, tel est l’objectif escompté », a-t-il expliqué.
Dans le secteur de l’énergie, il a rappelé que l’Algérie avait « cessé, ces dernières années, d’importer de l’essence et du kérosène ». Elle « cessera définitivement d’importer du gasoil dès la mise en service de la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud », a-t-il ajouté.
Le secteur pharmaceutique a également été cité parmi les domaines ayant enregistré une progression. Le chef de l’Etat a indiqué que « notre pays produit désormais 84 % de ses besoins en médicaments, y compris des médicaments complexes destinés aux patients diabétiques et atteints de cancer ».
S’agissant de l’industrie, il a fait savoir que « sa contribution au produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 10 % », tout en relevant que le citoyen « voit désormais des usines ouvrir chaque semaine ».
L’agriculture constitue également un axe de cette politique. Le président a évoqué « la contribution du secteur agricole au PIB à hauteur de 15 %, ainsi que les investissements relatifs à la production d’huile et de sucre et la réalisation de l’autosuffisance en céréales à la fin de l’année 2027 ».
Ces évolutions constituent, selon lui, « le développement de l’économie nationale et, par conséquent, la réduction des importations ».
« Une voiture algérienne d’ici la fin de 2028 »
L’industrie automobile a également été abordée lors de la rencontre. Abdelmadjid Tebboune a évoqué la perspective d’une production automobile intégrant davantage de composants fabriqués localement. Il a indiqué que « si les choses se déroulent comme nous l’avons prévu avec les Allemands et les Italiens, nous aurons une voiture algérienne d’ici la fin de 2028, une voiture dotée d’une boîte de vitesses algérienne et de pneus algériens, et non d’un gonflage de pneumatiques ». « C’est un pari que nous relèverons », a-t-il assuré.
Le président de la République a estimé que cette évolution « reflète les efforts déployés pour développer l’économie et réduire la dépendance aux hydrocarbures ».
Il a également fait état d’« étapes importantes franchies en matière d’investissement après la révision du cadre juridique », avec « 13.000 projets d’investissement réels » recensés.
Le Guichet unique de l’investissement en service dès janvier 2027
Le Guichet unique national de l’investissement doit, pour sa part, entrer en activité au début de l’année prochaine. Abdelmadjid Tebboune l’a présenté comme une « instance qui attire les investissements nationaux et étrangers, dotée de toutes les prérogatives en matière d’investissement » et qualifié son dispositif d’« expérience pionnière ».
Selon le président de la République, ce guichet unique « entrera en service à partir du 1er janvier prochain, avec l’entrée en vigueur de la loi de finances 2027 ».
Cette mise en place « témoigne d’une volonté claire de continuer à faciliter l’investissement », a-t-il indiqué, appelant en parallèle à renforcer les exportations hors hydrocarbures.
Il a insisté sur « l’impératif d’une mobilisation collective pour accroître les exportations hors hydrocarbures, car il s’agit d’un donnant-donnant : l’Etat aide l’investisseur, qui, en retour, aide l’Etat ».
Pour le chef de l’Etat, les résultats enregistrés peuvent être appréciés à partir des données économiques. « Les chiffres sont clairs et tout est clair : c’est une réalité et non une analyse politicienne », a-t-il déclaré, relevant que « les importations ont diminué et les exportations ont augmenté ».
« Nous parachèverons l’édification en 2027, qui sera une année charnière pour l’essor économique que connaît le pays », a-t-il ajouté.
Appel à agir sur les prix des produits agricoles
Abdelmadjid Tebboune a par ailleurs abordé les variations observées récemment sur les prix de plusieurs produits, notamment les fruits et légumes.
Il a appelé les opérateurs concernés à « bannir la cupidité » et à « penser à la classe moyenne et aux catégories les plus vulnérables ». Il a également rappelé que « le suivi de la production est l’affaire de tous ».
Dans ce contexte, le président de la République a demandé d’accélérer la mise en place d’un organisme économique chargé de réguler l’approvisionnement. Celui-ci devra notamment intervenir à travers le déstockage et l’achat des excédents de production auprès des agriculteurs et des producteurs.
Enfin, Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé que les hommes d’affaires et les opérateurs économiques constituent des « partenaires à part entière », soulignant que « l’avenir du pays se construit par les efforts de tous ses enfants, chacun à son niveau », a-t-il déclaré.
En conclusion, le président de la République a insisté sur la nécessité de s’appuyer sur des données économiques précises pour évaluer les résultats obtenus. Il a chargé, dans ce cadre, le ministre des Finances de prendre contact avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international afin de réexaminer les données économiques concernées.







