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Programme prévisionnel d’importation (PPI) : le président Tebboune s’exprime

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Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, est revenu sur le programme prévisionnel d’importation (PPI) et sur les mesures prises pour encadrer les demandes des opérateurs économiques. Lors de son entrevue avec des médias nationaux, diffusée samedi soir, il a notamment évoqué les irrégularités relevées dans le traitement de certaines demandes ainsi que la lutte contre la fraude.

Le chef de l’État a défendu le principe d’un contrôle des besoins exprimés par les entreprises. Selon lui, une entreprise industrielle doit être capable de déterminer avec précision les produits et équipements dont elle a réellement besoin. « La société économique publique ou privée qui ne sait pas contrôler ses besoins, cela veut dire qu’elle n’est pas une entreprise industrielle, mais fait plutôt du business », a-t-il déclaré.

Le président Tebboune a expliqué que l’objectif des autorités est également de limiter les importations qui ne correspondent pas aux besoins réels de l’économie. « Nous voulons baisser les importations du pays alors que d’autres font des grosses demandes plus que la taille de leur entreprise. Ce n’est pas naturel », a-t-il relevé.

Il a également insisté sur la nécessité de préserver les réserves de change. « Je ne permets pas que quelqu’un réduise nos réserves de change », a-t-il affirmé, tout en précisant que « ces programmes prévisionnels sont un encadrement, pas une pression sur les entreprises ». Le président Tebboune a résumé cette mesure en deux mots : « convaincre et rationaliser ». L’opérateur doit ainsi justifier ses besoins avant d’obtenir les devises nécessaires.

Des irrégularités signalées dans les demandes

Le président Tebboune a aussi évoqué la réunion qu’il avait convoquée à la suite de la découverte d’anomalies dans la plateforme numérique destinée au dépôt des demandes de PPI. Il est notamment revenu sur les données apparues lors de l’examen des PPI du deuxième semestre 2026. L’étude des dossiers a fait ressortir 3 961 opérateurs comptant entre zéro et cinq salariés, pour des demandes d’importation totalisant 130,32 milliards de dollars. Le ministère du Commerce extérieur avait alors annoncé des contrôles afin de confronter ces déclarations à l’activité effective des entreprises.

Parmi les cas mentionnés, le président a cité 581 sociétés domiciliées à la même adresse à Ouled Fayet. Il a également fait état d’environ 200 dossiers comportant des similitudes, notamment au niveau des numéros de série et des montants déclarés. Il a enfin évoqué des entreprises dont les besoins en devises lui semblaient élevés au regard de leur niveau de production.

Il a justifié son intervention par la nature des irrégularités constatées et a assuré que les outils numériques permettent désormais de mieux identifier les pratiques suspectes. « Nous ne voulons pas revenir à l’époque de la Issaba », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Aujourd’hui, il y a la numérisation, et la justice va sévir. »

Dans le même contexte, Tebboune a dénoncé certaines pratiques liées à l’utilisation des ressources publiques et aux opérations de commerce extérieur. « En plus de certains comportements de parasites qui ne veulent pas comprendre que l’Algérie, quoi qu’il en soit, ne reviendra plus jamais à la phase de la surfacturation, des ruses, etc. C’est fini ! », a-t-il affirmé.

Le président Tebboune a notamment cité le cas d’un producteur qui aurait utilisé « 750 millions de dollars » pour importer des pièces et des composants destinés à la production, alors que seulement « 29 millions de dollars » auraient été reversés au Trésor, selon ses déclarations.

Il a également évoqué la sous-facturation de certains produits destinés à l’exportation. Il a ainsi cité l’exemple de dattes déclarées à « 40 dinars », alors que leur prix sur le marché national atteindrait plusieurs centaines de dinars. « Ces comportements qui ressemblent à du parasitisme… Il essaie de voir si on le découvre ou pas. Mais nous sommes à l’affût ! » a-t-il averti.

La numérisation présentée comme un outil de contrôle

Abdelmadjid Tebboune a par ailleurs consacré une partie de son intervention à la numérisation et à son rôle dans la détection des pratiques illégales. Il a estimé que la digitalisation de plusieurs procédures avait contribué à réduire les possibilités de fraude.

Selon lui, la corruption « a considérablement diminué et n’est plus un phénomène généralisé » avec la mise en place de nouveaux outils numériques.

Il a notamment cité la détection de manipulations dans plusieurs secteurs. La numérisation a permis, selon ses propos, de « dénoncer les manipulations dans divers domaines », notamment dans les procédures liées au bénéfice du droit au change en devises garanti par l’État.

Le chef de l’État a toutefois estimé que la corruption ne devait pas avoir sa place dans les institutions et les activités économiques. Il a affirmé que « le phénomène de corruption devrait être inexistant » et mis en garde les personnes qui tenteraient de contourner les dispositifs de contrôle.

Tebboune a également évoqué les motivations qu’il attribue à certaines pratiques frauduleuses. Selon lui, certaines personnes seraient « amenés à agir ainsi dans le but d’affaiblir l’Etat et de l’empêcher d’atteindre ses objectifs, à travers des pratiques illégales, notamment en portant atteinte aux réserves de change ». Il a enfin assuré que « l’Etat restera aux aguets face à ces pratiques ».

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