Les constructeurs et opérateurs agréés dans la fabrication et le montage automobile en Algérie devront s’approvisionner en pièces et composants plastiques produits localement à partir du début de 2027, a annoncé ce jeudi 2′ septembre le Premier ministre, Sifi Ghrieb, lors d’une visite dans la wilaya de Tissemsilt.
Intervenant à l’issue de l’inauguration de l’unité de production de composants et d’accessoires plastiques automobiles General Plastic Injection (GPI), relevant du Holding Algeria Chemical Specialities (ACS), le Premier ministre a fixé au 31 décembre 2026 la fin des importations des pièces plastiques pouvant être fabriquées par cette unité.
« Plus aucune pièce plastique entrant dans l’industrie automobile qui pourrait être fabriquée chez GPI (Global Plastic Injection) ne sera importée à partir du début de l’année prochaine », a déclaré Sifi Ghrieb.
Il a précisé que les opérateurs concernés devront s’appuyer sur la production de l’usine de Tissemsilt pour les composants réalisables localement. Cette mesure sera encadrée par un cahier des charges devant définir les conditions d’approvisionnement entre l’entreprise et les constructeurs.
Le Premier ministre a également demandé que les moules nécessaires à la fabrication des différents composants plastiques soient disponibles au niveau de l’usine avant la fin de l’année.
“D’ici la fin de l’année, je dis bien avant la fin de l’année, les moules de tous les composants plastiques entrant dans l’industrie et le montage automobile seront ici dans cette usine”, a-t-il affirmé.
Sifi Ghrieb a indiqué que GTI (General Plastic Injection), qui exploite l’unité et relève du groupe public ACS, devra établir rapidement un cadre de travail avec les constructeurs automobiles.
“A partir d’aujourd’hui, cette société, GTI, doit avoir un cahier des charges aux contours clairs avec l’ensemble des constructeurs”, a-t-il déclaré.
Concernant les éventuelles difficultés liées à l’acquisition des moules, il a insisté sur la nécessité de trouver des solutions permettant de respecter les délais fixés. “Je connais toutes les chansons des moules (…) que personne ne vienne me dire qu’il faut une année pour importer le moule. Il y a des alternatives”, a-t-il dit.
Vers un taux d’intégration plus élevé
Cette orientation s’inscrit dans la volonté des pouvoirs publics d’accroître la part des composants produits en Algérie dans l’industrie automobile. Le Premier ministre a souligné la nécessité de dépasser une logique limitée à l’assemblage des véhicules. « Il faut s’éloigner des chiffres creux et de l’assemblage encore plus creux. »
Selon lui, l’objectif est de parvenir à un « taux d’intégration effectif » et de développer une industrie automobile intégrée à la chaîne de production, avec une part plus importante de valeur ajoutée créée localement.
“Personne ne dira ‘vous m’avez bloqué’. Vous allez ramener vos moules dès maintenant et je ne laisserai aucun composant plastique rentrer à partir du 31 décembre”, a-t-il également déclaré.
La même orientation devra concerner l’usine de carrosseries de Batna, lancée en avril dernier, a précisé le Premier ministre.
L’usine de Tissemsilt produira 251.000 pièces par an, destinées à équiper près de 200.000 véhicules, avec un taux d’intégration nationale estimé à 40% dans une première phase, en vue d’atteindre 70% à l’avenir.
L’unité de Tissemsilt ne devrait pas limiter son activité au secteur automobile. Ses capacités de production pourront également être mobilisées pour répondre aux besoins d’autres industries utilisant des composants plastiques, notamment l’électroménager et l’électronique.
Pour accompagner cette montée en charge, des investissements supplémentaires sont prévus afin de permettre à l’usine d’atteindre progressivement sa capacité de production et de fonctionner en continu, 24 heures sur 24.
La décision annoncée à Tissemsilt vise ainsi à renforcer la production locale de composants et à réduire le recours aux importations dans l’industrie automobile, dans le cadre du développement d’une filière industrielle intégrée.
Relance d’usines récupérées dans le cadre de la lutte contre la corruption
Sifi Ghrieb a également souligné l’attachement du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à suivre personnellement la relance de l’ensemble des projets confisqués en vertu de décisions de justice dans le cadre de la lutte contre la corruption.
Le Premier ministre a annoncé « la relance prochaine de plusieurs de ces projets industriels dans nombre de wilayas ». La récupération et la relance des projets confisqués dans le cadre de la lutte contre la corruption « se poursuivent en vue de leur réintégration dans le tissu économique national », a-t-il précisé, soulignant que « l’opération va bon train sans faire de bruit ».
Il a, dans ce cadre, rappelé « le suivi personnel de l’opération par le président de la République et l’attention particulière qu’il porte au respect des délais convenus pour l’ensemble des projets confisqués en vertu de décisions de justice dans le cadre de la lutte contre la corruption ».







