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Une entreprise algérienne prévoit d’installer trois usines de transformation de noix de cajou en Tanzanie

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L’entreprise algérienne Sarl Anacard’Or, spécialisée dans la transformation de noix de cajou, prévoit d’étendre ses activités en Tanzanie à travers la construction de trois unités industrielles. Le projet vise notamment à développer la transformation locale des noix de cajou tanzaniennes et à répondre à la demande du marché international. La Tanzanie étant l’un principaux producteurs mondiaux de noix de cajou.

Le projet a été présenté par le propriétaire et directeur général d’Anacard’Or, Walid Dib, à l’ambassadeur de Tanzanie en Algérie, Mobhare Matinyi, lors d’une visite effectuée dans l’usine de l’entreprise basée à Oran.

L’ambassadeur de Tanzanie en Algérie, Mobhare Matinyi, effectue une visite à l’usine d’Anacard’Or, spécialisée dans la transformation de noix de cajou à Oran. Crédit Photo : Ambassade de Tanzanie en Algérie sur son site internet (20 août 2026).

Selon les informations communiquées par l’ambassade de Tanzanie en Algérie le 20 août, la première unité devrait être implantée à Masasi, dans la région de Mtwara. Elle sera équipée de machines modernes en provenance du Vietnam. L’entreprise algérienne travaille déjà avec un partenaire local pour finaliser l’enregistrement de la première société, qui devrait porter le nom de Kilimanjaro Nuts Limited.

Une première unité à Masasi

Walid Dib a expliqué que le choix de la Tanzanie repose notamment sur la qualité de sa production de noix de cajou. « Les noix de cajou tanzaniennes sont d’une qualité exceptionnelle et nous avons décidé de construire trois usines, en commençant par Masasi dans la région de Mtwara, qui utiliseront des machines modernes en provenance du Vietnam », a-t-il déclaré.

L’entreprise prépare actuellement des entrepôts destinés au stockage des noix de cajou dans le district de Masasi. D’après le calendrier présenté par son dirigeant, la commande des équipements auprès de fournisseurs vietnamiens est prévue en septembre. Les machines devraient ensuite être acheminées vers la Tanzanie avec des experts chargés de former leurs homologues tanzaniens. Cette formation doit commencer en janvier 2027.

L’ambassadeur tanzanien a salué le lancement de cette démarche d’investissement et assuré que les autorités du pays accompagneraient le projet.

Dar es Salaam veut développer la transformation locale

Mobhare Matinyi a indiqué que le gouvernement tanzanien cherche à accroître les investissements dans les activités de décorticage et de transformation des noix de cajou. L’objectif est d’augmenter la valeur ajoutée avant l’exportation et de réduire les exportations de noix non décortiquées.

« Le gouvernement a l’intention de veiller à ce que les investissements dans les industries de décorticage augmentent dans le pays afin d’ajouter davantage de valeur à ce produit avant son exportation et de réduire la vente de noix de cajou non décortiquées », a-t-il affirmé.

Selon l’ambassadeur, l’installation de nouvelles unités industrielles doit également contribuer à la création d’emplois, à l’augmentation des recettes publiques, au transfert de compétences et à l’entrée de devises dans le pays.

Anacard’Or augmente ses approvisionnements tanzaniens

Lors de la visite de l’ambassadeur, le directeur général d’Anacard’Or, Walid Dib, a également présenté des noix de cajou importées de Tanzanie et transformées dans l’usine d’Oran. Il a expliqué que les produits tanzaniens avaient suivi les différentes étapes de production avant leur conditionnement et leur mise en vente.

Noix de cajou importée de Tanzanie par Anacard’Or. Crédit Photo : Ambassade de Tanzanie en Algérie sur son site internet (20 août 2026).

Le dirigeant a indiqué que son entreprise avait désormais décidé de concentrer ses achats sur les noix de cajou provenant de Tanzanie. « J’ai reçu six conteneurs le mois dernier ; actuellement, j’en ai six autres au port d’Oran, sept sont en route et sept autres se trouvent au port de Dar es Salaam en attendant de commencer leur voyage, et chaque conteneur transporte 27 tonnes de noix de cajou », a-t-il précisé.

Sur la base de ces chiffres, les volumes mentionnés représentent plusieurs centaines de tonnes de noix de cajou destinées à l’entreprise algérienne, avec des cargaisons se trouvant à différents stades de leur acheminement entre la Tanzanie et l’Algérie.

Plus de 617.000 tonnes produites en 2025/2026

L’ambassade de Tanzanie rappelle par ailleurs que la production nationale de noix de cajou a atteint 617.683 tonnes au cours de la campagne 2025/2026. Cette production aurait généré 1.250 milliards de shillings tanzaniens (environ 473 millions de dollars, ndlr), selon les données citées par l’ambassadeur.

Mobhare Matinyi a attribué cette progression aux efforts engagés par les autorités à travers le Tanzania Cashew Board (CBT), l’organisme chargé du secteur de la noix de cajou dans le pays. La Tanzanie figure ainsi parmi les principaux producteurs mondiaux de noix de cajou, derrière la Côte d’Ivoire, le Vietnam et l’Inde, selon les données présentées par l’ambassadeur.

L’ambition affichée par le CBT est de parvenir à transformer au moins 60 % de la production nationale de noix de cajou localement d’ici 2030, contre des volumes encore limités actuellement. D’après l’Agence Ecofin, plus de 90 % de la récolte annuelle noix de cajou de la Tanzanie (2ème producteur africain après la Côte d’Ivoire) est encore exporté sous forme brute. En 2025, le pays de l’Afrique de l’est aurait en effet transformé environ 20 000 tonnes de noix de cajou, selon les estimations préliminaires du service indépendant de conseil commercial N’kalô. En comparaison, la récolte de noix se chiffrait à près de 528 000 tonnes en 2024/2025.

En Tanzanie, la récolte de noix de cajou s’est fortement accrue sur la dernière décennie passant de 155 244 tonnes en 2015/2016 à 617 683 tonnes durant la campagne 2025/2026, selon les données officielles. Le CBT vise désormais 750 000 tonnes lors de la prochaine campagne, puis 1 million de tonnes d’ici 2030. Le défi pour Dodoma sera donc désormais de faire progresser les capacités industrielles au même rythme que la production.

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