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Saidal relance progressivement les lignes de production de l’ex-HUP Pharma après trois ans de fermeture

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Le groupe pharmaceutique public Saidal a commencé jeudi 20 août la remise en service progressive des lignes de production de l’ancien site de HUP Pharma à Constantine. L’opération doit permettre de réutiliser les capacités du site et de répondre aux besoins du marché national en médicaments.

Selon un communiqué de Saidal, l’opération a été supervisée par son directeur général, Younes Bouarara, conformément aux orientations du ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri. Les installations sont désormais exploitées par le groupe public.

Saidal indique que la reprise se fera par étapes, en fonction de l’état des équipements, des ressources humaines disponibles et des besoins du marché. « Cette opération s’inscrit dans le cadre d’une démarche progressive et étudiée, supervisée par les cadres du groupe, visant à optimiser l’exploitation des capacités et des moyens disponibles sur le site, tout en tenant compte des exigences techniques, des ressources humaines et des besoins du marché national ».

Des productions transférées de Médéa

Le groupe prévoit de donner la priorité aux médicaments considérés comme importants pour les patients et le système de santé. « La remise en service des lignes de production sera programmée selon des priorités définies en fonction des besoins du marché, notamment les produits pharmaceutiques revêtant une importance particulière pour les patients et le système de santé national, afin de renforcer leur disponibilité et contribuer à prévenir d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement ».

Durant la phase de réorganisation, une partie des productions actuellement réalisées sur le site Saidal de Médéa sera transférée vers Constantine. « Durant la période des travaux et de réorganisation de l’activité, la production de certains produits pharmaceutiques fabriqués auparavant au niveau de l’unité Saidal de Médéa sera transférée vers le site de l’ex-HUP Pharma à Constantine, afin de maintenir leur rythme de production et de garantir leur disponibilité continue sur le marché national ».

La reprise de l’activité doit également s’accompagner d’un retour progressif des anciens travailleurs et employés du site. Saidal précise que cette réintégration se fera en fonction des besoins liés aux différentes étapes de la relance. « Parallèlement à la reprise de l’activité et à l’évolution des opérations de production, la réintégration et la reprise progressive des travailleurs et employés seront engagées en fonction des besoins de chaque étape, tout en valorisant l’expérience et les compétences acquises par les travailleurs et les cadres du site dans le domaine pharmaceutique. »

Pour Saidal, la remise en activité de l’installation de Constantine s’inscrit dans une politique de mobilisation des capacités industrielles existantes. « Cette opération vient confirmer l’orientation du groupe Saidal vers le renforcement de ses capacités de production et la valorisation de ses sites de production, de ses ressources humaines et des compétences nationales, au service des priorités nationales en matière de sécurité des médicaments ».

« La remise en service du site de Constantine constitue une étape dans le processus de soutien et de développement de l’industrie pharmaceutique nationale, de préservation et de valorisation des expertises et compétences, ainsi que des ressources humaines, contribuant ainsi au renforcement des capacités nationales de production et à la garantie de la continuité de l’approvisionnement du marché national en médicaments », conclut Saidal.

Un site fermé en 2023

La reprise de ce site intervient trois ans après la fermeture temporaire des laboratoires HUP Pharma par les autorités. Le 26 août 2023, l’ancien ministère de l’Industrie et de la Production pharmaceutique avait annoncé cette mesure après des contrôles ayant fait apparaître « des violations des bonnes pratiques de fabrication ». La décision avait été prise deux jours auparavant, le 24 août, sur la base du décret exécutif n° 21-82 du 23 février 2021 relatif aux établissements pharmaceutiques et à leurs conditions d’agrément.

Installée dans la zone industrielle Palma à Constantine, la société HUP Pharma fabriquait des médicaments génériques destinés à la médecine humaine. Elle disposait d’une gamme de plus de 60 produits couvrant plusieurs domaines thérapeutiques, dont l’infectiologie, la cardiologie, l’endocrinologie, la neuro-psychiatrie, l’hématologie, la gastro-entérologie, la rhumatologie, la dermatologie et la gynécologie.

Le 27 août 2023, l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) avait demandé le retrait des produits fabriqués par HUP Pharma, invoquant une « non-conformité aux bonnes pratiques de fabrication, y compris de contrôle de qualité et de libération de lot ».

En septembre de la même année, des informations avaient également fait état de la production de médicaments « falsifiés ». L’ANPP avait notamment relevé la fabrication de certains produits sur des sites non autorisés ainsi que le recours à un fournisseur non autorisé et non contrôlé pour certaines matières premières et principes actifs.

Un différend autour du retrait des produits

La fermeture avait été suivie d’un différend entre le laboratoire et plusieurs acteurs du secteur concernant le retrait des produits concernés.

En octobre 2023, l’Association des distributeurs pharmaceutiques algériens (ADPHA) avait signalé des difficultés rencontrées par les grossistes pour récupérer les produits concernés auprès des pharmacies. Le Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) était ensuite intervenu pour demander à HUP Pharma de procéder au retrait des produits considérés comme non conformes.

Le syndicat avait alors déclaré : « Nous sommes indignés que près de deux mois après le lancement des alertes et des instructions, HUPP ne daigne pas encore reprendre ses millions de boîtes non conformes mises sur le marché, et ce, au mépris de la réglementation en vigueur ».

Le vice-président du Snapo, le Dr Khelifa Slama, avait également affirmé : « Notre syndicat veille à l’application stricte des lois de la République, sans complaisance aucune. Et c’est une institution de l’Etat qui a décidé que les produits de HUPP Pharma sont non conformes et doivent être retirés du marché national, avant qu’un problème de santé publique ne vienne compliquer davantage la situation. Le Snapo exécutera les décision de l’Etat et somme Hupp Pharma de retirer immédiatement ses produits et rembourser ses clients, sous peine de poursuites. »

De son côté, HUP Pharma avait contesté les accusations et estimé que la procédure de retrait n’était pas appuyée par des analyses contradictoires. Le laboratoire avait notamment soutenu que ses produits avaient reçu auparavant l’autorisation de l’ANPP et qu’aucun cas de pharmacovigilance n’avait été enregistré durant ses années d’activité.

HUP Pharma avait ainsi estimé que « cette décision de retrait, aussi soudaine que rapide, n’a pas été accompagnée d’analyses de conformité contradictoires de ces produits qui, pourtant, ont reçu l’aval préalable de l’ANPP (…) et qu’en 20 ans d’activité, aucun cas de pharmacovigilance n’a été signalé aussi bien par le centre de pharmacovigilance, par les professionnels de la santé que par les consommateurs. »

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