Les importations européennes de naphta ont progressé en juillet, avec une hausse de 39,2 % par rapport au mois précédent. L’Algérie a pris la première place parmi les fournisseurs du marché européen, devant l’Italie, l’Espagne et les États-Unis.
Le naphta est un produit issu d’hydrocarbures légers utilisé notamment dans le raffinage et la pétrochimie. Il entre dans la fabrication de carburants, de plastiques et de solvants.
Selon les données rapportées par la plateforme Attaqa, spécialisée dans les informations énergétiques, les importations européennes sont passées de 1,25 million de tonnes en juin à 1,74 million de tonnes en juillet, soit une augmentation de près de 490 000 tonnes.
Dans ce total, l’Algérie a fourni 397 400 tonnes. Il s’agit du volume mensuel le plus important enregistré par le pays sur le marché européen depuis 14 mois.
L’Italie arrive derrière avec 264 700 tonnes livrées, suivie de l’Espagne avec 212 300 tonnes. Les États-Unis ont, pour leur part, expédié 160 800 tonnes de naphta vers l’Europe.
Les tensions au Moyen-Orient modifient les flux
La progression des livraisons algériennes intervient dans un contexte marqué par les perturbations du transport maritime au Moyen-Orient. Selon les données citées par Attaqa, « l’escalade géopolitique au Moyen-Orient bouleversant le transport maritime et modifiant la carte des exportations a joué un rôle important dans l’augmentation des importations européennes de naphta algérien ».
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Les données de Kpler, reprises par Argus Media, montrent également un changement dans les itinéraires utilisés par les exportateurs algériens. En juillet, aucune cargaison de naphta algérien destinée à l’Asie n’est passée par le détroit de Bab el-Mandeb, entre la mer Rouge et le golfe d’Aden. En juin, 132 000 tonnes avaient emprunté cette route.
Les expéditions algériennes vers l’Asie ont donc été redirigées vers le cap de Bonne-Espérance, ce qui a rallongé le trajet. Elles ont représenté 441 000 tonnes en juillet, contre 292 000 tonnes un mois auparavant.
Cette situation a aussi poussé plusieurs fournisseurs à orienter davantage leurs cargaisons vers l’Europe. Les livraisons américaines vers le marché européen ont notamment atteint leur niveau le plus élevé depuis août 2025, soutenues par les exportations en provenance du golfe du Mexique.
La demande du raffinage soutient les importations
La hausse des achats européens s’explique également par les besoins du secteur du raffinage. L’écart de prix entre l’essence et le naphta a atteint 341,8 dollars la tonne en juillet, son niveau le plus élevé depuis trois ans.
Dans ce contexte, « le naphta a joué un rôle essentiel pour répondre aux aspirations européennes en matière d’exportation d’essence, et l’augmentation de la demande extérieure – en provenance du Brésil, par exemple – a contribué à des marges bénéficiaires de mélange plus élevées », indique-t-on.
Les exportations européennes d’essence contenant du naphta vers le Brésil ont ainsi atteint 420 000 tonnes en juillet. Il s’agit de leur niveau le plus élevé depuis octobre 2022. Les Pays-Bas, la Belgique et l’Espagne figurent parmi les principaux pays à l’origine de ces expéditions.
La demande brésilienne pourrait par ailleurs rester soutenue dans les prochains mois. Le pays pourrait chercher d’autres sources d’approvisionnement en essence «après que la Russie a prolongé son interdiction d’exportation d’essence jusqu’à la fin de l’année».
En juin, la Russie représentait 38 % des importations d’essence du Brésil. Cette situation pourrait donc contribuer à maintenir les besoins du marché brésilien et, indirectement, soutenir les flux européens d’essence et de naphta.







