AccueilénergieSolaire : "Une portion de l'Algérie peut couvrir tous les besoins énergétiques...

Solaire : « Une portion de l’Algérie peut couvrir tous les besoins énergétiques de l’Europe »

Date:

Quinze ans après l’échec du projet Desertec, l’Union européenne (UE) relance son intérêt pour le développement des énergies renouvelables sur la rive sud de la Méditerranée, en particulier dans les régions sahariennes. Le potentiel solaire de l’Algérie figure parmi les ressources sur lesquelles Bruxelles souhaite s’appuyer dans le cadre de sa nouvelle stratégie énergétique.

La Commission européenne a annoncé, ce mardi 9 juin, le lancement d’une nouvelle initiative destinée à renforcer le développement des énergies renouvelables sur la rive sud de la Méditerranée. Baptisé T-MED (Coopération transméditerranéenne pour les énergies renouvelables et les technologies propres), ce programme s’inscrit dans le cadre du Pacte pour la Méditerranée adopté à Barcelone (Espagne) en novembre 2025.

À travers ce projet, Bruxelles souhaite encourager les investissements dans les secteurs de l’énergie propre et des technologies vertes. Selon les objectifs présentés par la Commission, jusqu’à 25 milliards d’euros pourraient être mobilisés d’ici à 2035, rapporte le quotidien français Les Echos.

La commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Suica, a indiqué que cette initiative vise à transformer de la région méditerranéenne méridionale « en un hub mondial d’énergie propre ».

L’Union européenne estime que les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA) disposent d’atouts importants grâce à leur fort ensoleillement, à leurs ressources éoliennes et à des coûts de production de l’énergie renouvelable jugés compétitifs.

Selon les données avancées par Bruxelles, la capacité technique de production d’énergie renouvelable dans cette région dépasserait 2.300 gigawatts, soit plus de deux fois la capacité actuellement installée dans l’Union européenne. Les coûts de production y seraient également de 30 à 40 % inférieurs à ceux observés en Europe.

Dans ce contexte, un responsable européen a souligné le potentiel de l’Algérie en déclarant : « Avec une portion du seul territoire algérien, vous pouvez couvrir tous les besoins énergétiques de l’Europe ».

« Avec une portion du seul territoire algérien, vous pouvez couvrir tous les besoins énergétiques de l’Europe »

Malgré ces ressources, la part des énergies renouvelables reste encore limitée dans plusieurs pays partenaires. La Commission européenne relève qu’elles représentent entre 1 et 3 % du mix énergétique de certains États et que l’Afrique n’a attiré que 2 % des investissements mondiaux dans ce domaine en 2024.

Pour soutenir le développement du secteur, Bruxelles prévoit la mise en place d’une plateforme d’investissement qui devrait entrer en service à partir de septembre 2026. Celle-ci sera accompagnée de garanties européennes d’un montant de 5 milliards d’euros.

Le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jorgensen, a affirmé que l’Union européenne « peut débloquer jusqu’à 25 milliards d’investissements supplémentaires dans l’énergie et les technologies propres d’ici à 2035 ».

Le programme comprend également plusieurs mesures destinées à accélérer les procédures administratives, à former 100.000 travailleurs et à moderniser les infrastructures énergétiques. Parmi les projets évoqués figure la reconversion de certains gazoducs pour le transport de l’hydrogène, notamment dans le cadre du projet South H2 Corridor reliant l’Algérie au marché européen.

Bruxelles souhaite aussi favoriser la création d’un écosystème industriel autour des technologies propres grâce à la mise en place d’au moins dix partenariats euro-méditerranéens d’ici à 2030.

L’Union européenne assure avoir tiré les enseignements de l’expérience du projet Desertec

Selon Les Echos, l’Union européenne assure avoir tiré les enseignements de l’expérience du projet Desertec, lancé il y a une quinzaine d’années et qui n’avait pas abouti aux résultats escomptés. Selon les responsables européens, cette précédente initiative était « trop privée », les technologies renouvelables n’étaient « pas encore matures » et les pays concernés ne percevaient pas suffisamment les avantages du projet.

Les responsables européens insistent sur le fait que T-MED repose sur une approche différente. « Ce n’est pas une initiative d’interconnexion, c’est une initiative de développement énergétique régional », expliquent-ils.

Certaines interrogations demeurent toutefois sur l’ampleur des financements annoncés. Des observateurs estiment que les besoins réels pour développer les infrastructures énergétiques de la région sont nettement supérieurs aux 25 milliards d’euros visés par le programme. Entre 75 à 120 milliards sont estimés nécessaires – et cités par la Commission elle-même – d’ici à 2030.

Le calendrier du projet est désormais fixé. Les investisseurs privés ont jusqu’au 15 juin pour déposer leurs candidatures, tandis que les porteurs de projets disposent d’un délai jusqu’au 15 août. La première réunion de la plateforme d’investissement est prévue en octobre 2026.

Articles associés

Derniers articles