L’ambassadeur de Chine en Algérie, Dong Guangli, s’est exprimé sur l’état des relations sino-algériennes, en mettant l’accent sur la coopération économique entre les deux pays. Il a notamment évoqué les échanges commerciaux ainsi que les investissements chinois en Algérie.
Dans un entretien accordé au quotidien El Moudjahid et publié dans son édition du mardi 20 janvier, le diplomate a rappelé que « les échanges économiques et commerciaux constituent une composante essentielle des relations amicales sino-algériennes. » Il a indiqué qu’« actuellement, ces échanges ne cessent de s’approfondir et la liste de nos coopérations pragmatiques s’enrichit continuellement », tout en soulignant que « la Chine demeure depuis longtemps le premier fournisseur de l’Algérie. »
Selon Dong Guangli, « le volume commercial total des 11 premiers mois de 2025 a déjà dépassé celui de toute l’année 2024. Plus précisément, les importations chinoises en provenance de l’Algérie ont atteint 1,19 milliard de dollars, soit une augmentation de 57,1% en glissement annuel, tandis que les exportations chinoises vers l’Algérie se sont élevées à 12,28 milliards de dollars, en hausse de 17% en glissement annuel ». Sur cette période, les échanges commerciaux entre les deux pays ont ainsi atteint 13,47 milliards de dollars.
L’ambassadeur a également fait savoir que « selon les statistiques incomplètes de l’Ambassade, les investissements chinois en Algérie avoisinent près de 7 milliards de dollars, un chiffre qui continue de s’accroître ». Il a précisé que « à l’avenir, la Chine est prête à renforcer davantage l’association et la synergie entre l’Initiative la Ceinture et la Route et la Vision de la Nouvelle Algérie. »
Dans ce contexte, Dong Guangli a expliqué : « En tenant pleinement compte des préoccupations et des attentes du peuple algérien, et en nous conformant à l’orientation stratégique de l’industrialisation et de la diversification économique de l’Algérie, nous œuvrerons à porter nos échanges commerciaux vers de nouveaux succès. » Il a ajouté que « nous souhaitons faire de notre partenariat un modèle exemplaire de coopération entre la Chine et les pays africains ainsi que les autres pays en développement. »
Le diplomate a par ailleurs relevé que « l’intérêt des entreprises chinoises pour l’investissement en Algérie ne cesse de s’amplifier. » Il a indiqué qu’« au-delà des domaines traditionnels de coopération tels que les infrastructures, le commerce et l’énergie, leur présence s’étend de plus en plus à des secteurs émergents comme les énergies renouvelables, les technologies numériques, l’agriculture moderne et l’intelligence artificielle. »
À ce propos, il a cité l’exemple du solaire, affirmant que « l’Algérie bénéficie de plus de 3.000 heures d’ensoleillement par an, ce qui lui confère des conditions particulièrement favorables au développement de l’énergie photovoltaïque qui constitue ainsi l’un des axes de coopération envisagé par les sociétés chinoises. » Il a également rappelé que « dans le secteur automobile, plusieurs constructeurs chinois ont conclu des accords de production en coopération avec des entreprises algériennes, et prévoient de fabriquer des véhicules localement en Algérie ».
Ces projets, selon lui, « contribueront non seulement à la création d’un grand nombre d’emplois et à l’augmentation des recettes fiscales du pays, mais aussi à faire de l’Algérie un pôle régional de production et de chaîne d’approvisionnement dans l’industrie automobile ». Il a ajouté que « dans le domaine minier, les entreprises chinoises manifestent un vif intérêt pour des projets tels que la mine de fer de Gara Djebilet et mènent actuellement des études approfondies en coopération avec leurs partenaires algériens. »
Interrogé sur le fait que « les exportations de produits algériens vers la Chine demeurent encore modestes » et sur « quels sont les principaux facteurs expliquant cette situation, et quelles pistes pourraient être explorées pour y remédier ? », l’ambassadeur a estimé que « le commerce bilatéral sino-algérien est étroitement lié aux structures économiques et industrielles des deux parties, ainsi qu’au stade de leur coopération. »
Il a souligné que « la Chine fait preuve d’une volonté sincère d’importer davantage de produits algériens et poursuit clairement l’objectif de partager avec l’Algérie les opportunités offertes par son développement. » Il a rappelé que « la politique chinoise de tarif douanier zéro à l’égard des pays africains ayant des relations diplomatiques avec la Chine constitue l’une des mesures pragmatiques importantes visant à aider les pays africains, y compris l’Algérie, à accroître leurs exportations vers la Chine. » Selon lui, cette mesure « permettra non seulement de créer des conditions plus favorables à l’accès des produits africains au marché chinois, mais aussi de soutenir les pays concernés dans le développement de leurs industries et la diversification de leurs exportations ».
Dong Guangli a ajouté : « À l’heure actuelle, nous œuvrons activement à faire avancer les processus de coopération concernés, afin que les retombées positives de cette politique puissent bénéficier le plus tôt possible aux entreprises et à la population algériennes. » Il a également indiqué que « dans le même temps, la partie chinoise est disposée à travailler de concert avec la partie algérienne pour étudier des arrangements de coopération plus pragmatiques et concrets autour des catégories spécifiques de produits, notamment les produits agricoles. » Il s’est dit convaincu qu’« avec le perfectionnement continu des mécanismes de coopération bilatérale, la bonne dynamique des échanges économiques et commerciaux sino-algériens sera davantage consolidée ».
Abordant la coopération dans l’économie numérique, l’ambassadeur a déclaré que « la coopération sino-algérienne dans le domaine de l’économie numérique présente un fort potentiel et de vastes perspectives. » Il a rappelé qu’« en mai 2024, un mémorandum d’entente dans le domaine de la numérisation et de l’économie numérique a été signé entre le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information et le Haut-Commissariat algérien à la numérisation. » Il a également indiqué que « récemment, le Centre national des prestations numériques, projet emblématique de coopération sino-algérienne, est entré dans sa phase finale », précisant qu’« une fois mis en service, ce projet jettera des bases plus solides pour l’approfondissement de la coopération bilatérale dans le domaine numérique ».
Il a poursuivi en affirmant que « l’intelligence artificielle constitue un autre pilier majeur de la coopération. » À ce sujet, il a rappelé qu’« en juin 2025, un mémorandum d’entente sur la mise en œuvre conjointe du programme de coopération en matière de science, de technologie et d’innovation dans le domaine de l’IA a été signé entre le ministère chinois des Sciences et Technologies et le ministère algérien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. » Selon lui, « les deux parties sont en train d’oeuvrer en étroite coordination à la construction conjointe d’un laboratoire dédié à l’intelligence artificielle. » Il a précisé que « la Chine apprécie les perspectives de développement de l’IA en Algérie et considère l’Algérie comme un partenaire majeur de coopération dans ce domaine. »
L’ambassadeur a indiqué que « l’Algérie est un pays pivot stratégique dans le cadre de la construction conjointe de l’initiative « la Ceinture et la Route ». » Il a rappelé que « la Chine et l’Algérie, s’appuyant sur la coopération gagnant-gagnant et le renforcement de la coordination stratégique, ont enregistré des résultats fructueux. » Il a cité plusieurs réalisations, notant que « des projets emblématiques, tels que la Grande Mosquée d’Alger, le Centre international de conférences (CIC) et le stade Nelson-Mandela, ont été réalisés et mis en service. » Il a également évoqué le développement des infrastructures, indiquant que « les réseaux d’interconnexion, notamment l’autoroute Est-Ouest et la ligne ferroviaire minière de l’Ouest, continuent de se perfectionner. » Il a ajouté que « les investissements dans des secteurs émergents tels que l’automobile, l’électroménager et la mécanique progressent de manière stable ».
Dong Guangli a souligné que « l’ensemble de ces avancées contribue au développement économique et social de l’Algérie et à l’amélioration du bien-être du peuple algérien. » Il a affirmé que « la Chine est disposée à renforcer l’association entre l’initiative « la Ceinture et la Route » et la vision de la « Nouvelle Algérie », à œuvrer conjointement à la construction de chaînes industrielles et d’approvisionnement tournées vers l’avenir, ainsi qu’à explorer avec la partie algérienne l’approfondissement de la coopération financière, notamment en matière de swap de devises, d’élargissement de l’utilisation du renminbi (monnaie chinoise) et d’optimisation des règlements transfrontaliers, afin d’élargir sans cesse un développement gagnant-gagnant de plus haut niveau, plus résilient et plus durable ».






