La loi de finances 2026, entrée en vigueur le 1er janvier, introduit de nouvelles règles concernant les devises transportées par les voyageurs non-résidents, y compris les Algériens vivant à l’étranger. À travers l’article 129, le législateur met fin à un traitement différencié et renforce le suivi des opérations de change à la sortie du territoire.
Jusqu’à présent, les membres de la diaspora déclaraient les devises à leur arrivée en Algérie, sans être tenus d’expliquer leur utilisation au moment du départ. Cette situation contrastait avec celle des voyageurs étrangers, soumis à des contrôles plus stricts. Désormais, cette distinction n’existe plus.
À l’entrée sur le territoire national, la règle reste inchangée. Tout voyageur transportant plus de 1 000 euros, ou l’équivalent en devises, est tenu de le déclarer. En revanche, à la sortie, il devra désormais fournir un document bancaire attestant du change effectué durant son séjour. À défaut, il s’expose à des sanctions prévues par la législation en vigueur.
L’article 129 de la loi de finances 2026 modifie l’article 72 de la loi de finances pour 2016. « Tout voyageur est tenu de déclarer, auprès des services des douanes, à l’entrée comme à la sortie du territoire national, tous les montants dépassant le seuil de mille euros (1.000 €) ou son équivalent en d’autres devises », stipule le texte.
Et de préciser : « Cette obligation s’applique aux billets de banque, aux pièces de monnaie, à tous les moyens de paiement au porteur, aux effets de commerce, aux autres valeurs et titres de créance négociables au porteur ou endossables ainsi qu’aux métaux précieux et les pierres précieuses. »
« A la sortie du territoire national, le voyageur non-résident est tenu de présenter aux services des douanes le justificatif des opérations de change, d’une partie ou de la totalité de la somme déclarée lors de son entrée audit territoire, effectuées durant son séjour en Algérie », dispose le même texte, et d’ajouter : « Tout contrevenant aux dispositions du présent article est puni conformément à la législation en vigueur. ».
Cette mesure vise principalement à limiter l’alimentation du marché parallèle des devises. Une part importante des euros introduits par les non-résidents échappe en effet au circuit bancaire officiel, en raison de l’écart important entre le taux officiel et celui pratiqué sur le marché informel.
Cependant, cette approche soulève certaines limites. D’une part, elle ne traite pas la forte demande en devises exprimée par de nombreux acteurs économiques et particuliers, qui peinent à accéder aux circuits officiels. D’autre part, son efficacité dépendra largement des conditions d’application aux frontières, dans un contexte marqué par la pression sur les services douaniers et la complexité des contrôles.






