La dernière note de la Banque d’Algérie sur le crédit à la consommation pourrait avoir des effets qui dépassent le seul financement des achats des ménages. Dans une analyse publiée sur LinkedIn, le cabinet Finabi Conseil estime que ce texte peut contribuer à renforcer le rôle des banques dans le financement des particuliers, tout en soutenant la demande adressée à l’industrie nationale.
Publiée le 10 août, la note n° 4 de la Banque d’Algérie appelle les banques et établissements financiers à développer davantage leur offre de crédit à la consommation et à faciliter son accès aux ménages. Elle leur demande également d’accélérer le traitement des demandes, notamment en recourant aux canaux digitaux.
Ces crédits restent destinés exclusivement à l’acquisition de biens produits ou assemblés en Algérie.
Pour Finabi Conseil, cette orientation doit être analysée sous l’angle de la répartition du crédit bancaire. « La Note n°4 de la Banque d’Algérie mérite une lecture beaucoup plus large qu’une simple relance du crédit à la consommation », selon le cabinet de conseil, qui estime que « le véritable sujet est celui de l’allocation du crédit bancaire ».
Le cabinet relève qu' »à fin 2024, les ménages ne représentent qu’environ 12 % du crédit bancaire en Algérie, contre 24,8 % en Tunisie et 32,7 % au Maroc. » « L’écart est considérable », note la même source, ajoutant que « cela traduit moins une faiblesse de la demande qu’une sous-intermédiation bancaire des ménages. »
« Une partie du besoin de financement existe déjà, mais elle est satisfaite autrement : épargne préalable, et surtout ventes à tempérament directement proposées par les commerçants. Or ce financement hors banque est extrêmement coûteux (les taux de financement facturés par les commerçants dépassent les 50%) ! », analyse Finabi Conseil.
« C’est précisément là que la Note peut changer la donne », estime le cabinet, et de souligner : « En développant une offre bancaire plus compétitive, le système financier peut reprendre une activité réalisée en dehors de son bilan, avec plusieurs effets positifs : baisse du coût du financement pour le ménage, transparence des conditions et meilleure maîtrise du risque. »
Un effet attendu sur l’industrie
L’autre aspect mis en avant par Finabi Conseil concerne la production nationale. Le crédit à la consommation étant réservé aux biens produits ou assemblés en Algérie, son développement pourrait avoir un effet direct sur la demande adressée aux entreprises locales.
« Mais l’impact le plus intéressant est industriel », considère le cabinet de conseil, qui explique que « le crédit à la consommation algérien étant orienté vers les biens produits ou assemblés localement, chaque dinar supplémentaire de financement bancaire peut devenir un accélérateur de demande pour l’industrie nationale. »
« Pour un industriel, cela signifie potentiellement : davantage de volumes vendus, une rotation plus rapide des stocks, une meilleure utilisation des capacités de production et une visibilité accrue sur la demande », relève Finabi Conseil qui estime que « c’est là que se situe le véritable potentiel » de la note de la Banque d’Algérie.
Pour le cabinet, « un passage de 12 % vers 20–25 % constituerait déjà un premier changement structurel », et « une zone de 30–35 % représenterait ensuite un benchmark de maturité retail plus proche de la moyenne mondiale. » « Ce rattrapage devra être accompagné de scoring, de digitalisation, d’un suivi rigoureux du taux d’effort et d’une politique de risque adaptée », souligne Finabi Conseil.
Pour Finabi Conseil, l’enjeu dépasse ainsi la seule relance du crédit à la consommation. Le développement de cette activité pourrait permettre aux banques de reprendre une partie du financement aujourd’hui réalisé en dehors de leur bilan, tout en créant un débouché supplémentaire pour les producteurs locaux.
« La Note n°4 ne crée pas seulement une opportunité pour les banques. Elle peut permettre de transférer une partie du financement coûteux et informel vers le système bancaire, soutenir le pouvoir d’achat réel des ménages et surtout transformer le crédit en débouché supplémentaire pour l’industrie algérienne », conclut le cabinet de conseil.







