Les autorités américaines envisagent de réorganiser en profondeur le traitement des demandes de visa en Afrique. Selon des informations révélées lundi 1er juin par l’agence de presse américaine Associated Press (AP), le nombre d4ambassades et de consulats des États-Unis habilités à délivrer des visas sur le continent pourrait passer d’une cinquantaine à seulement vingt.
Cette mesure, qui n’a pas encore été officiellement mise en œuvre, s’inscrit dans le cadre de la politique migratoire menée par l’administration du président américain Donald Trump. D’après AP, le changement pourrait entrer en vigueur dès le mois de juin.
Selon une note interne du département d’État américain consultée par l’agence de presse ainsi que des informations fournies par plusieurs responsables américains, les services consulaires chargés du traitement des visas seraient concentrés dans un nombre limité de plateformes régionales réparties à travers l’Afrique.
Parmi les villes retenues figurent Dakar (Sénégal), Abidjan (Côte d’Ivoire), Accra (Ghana), Addis-Abeba (Éthiopie), Le Cap (Afrique du Sud), Johannesburg (Afrique du Sud), Dar es Salam (Tanzanie), Djibouti (Djibouti), Kampala (Ouganda), Kigali (Rwanda), Kinshasa (RD Congo), Lagos (Nigeria), Lomé (Togo), Luanda (Angola), Malabo (Guinée équatoriale), Monrovia (Libéria), Nairobi (Kenya), Port-Louis (Maurice), Praia (Cap-Vert), Yaoundé (Cameroun)
Si cette réorganisation est confirmée, les ressortissants des pays qui ne feront pas partie de ces centres régionaux devront se rendre dans l’un des vingt sites désignés pour accomplir leurs démarches. Les sections consulaires américaines concernées resteraient ouvertes, mais leurs missions seraient limitées à certains services, notamment l’assistance aux citoyens américains, le renouvellement des passeports, les situations d’urgence ou encore les visas diplomatiques.
Pour les Algériens, les demandes pourraient à l’avenir nécessiter un déplacement vers un autre pays africain
Pour les Algériens souhaitant obtenir un visa touristique, d’études ou de travail, cette évolution pourrait entraîner des changements importants. Les demandes, actuellement traitées à l’ambassade des États-Unis à Alger, pourraient à l’avenir nécessiter un déplacement vers un autre pays africain disposant d’un centre régional agréé.
Une telle situation pourrait engendrer des frais supplémentaires liés au transport et à l’hébergement, ainsi qu’un allongement des délais pour l’obtention d’un rendez-vous consulaire.
Cette réforme s’inscrit dans une série de mesures adoptées depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Ces derniers mois, Washington a renforcé plusieurs dispositifs liés à l’immigration et à la délivrance des visas. Certaines nationalités ont fait l’objet de nouvelles restrictions d’entrée sur le territoire américain, tandis que d’autres mesures ont concerné les procédures d’examen des demandes de visa.
Selon AP, la nouvelle organisation des services consulaires a été présentée à des diplomates américains lors d’une conférence téléphonique organisée vendredi dernier. La décision aurait été approuvée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio.
Interrogé sur cette réorganisation, le département d’État a indiqué qu’il procédait régulièrement à une évaluation de ses activités à l’étranger afin d’affecter ses ressources en fonction des priorités américaines. Il a également souligné que le système de délivrance des visas devait continuer à respecter des exigences strictes en matière de contrôle et de sécurité.
Si elle entre en vigueur, cette restructuration constituerait l’un des changements les plus importants dans l’organisation des services consulaires américains en Afrique depuis plusieurs décennies.







