L’usine du constructeur automobile chinois JAC Motors et de son partenaire local Emin Auto, située à Tamazoura dans la wilaya d’Aïn Témouchent, est prête à démarrer sa production. Le site s’inscrit dans les nouveaux projets industriels liés à l’assemblage de véhicules utilitaires en Algérie, avec une gamme prévue assez large.
Une visite de suivi a été effectuée récemment par des représentants de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), en présence des services des impôts, de l’urbanisme et des responsables d’Emin Auto. Cette inspection a permis de faire le point sur l’état d’avancement du projet et sur le passage vers la phase de production, rapporte le journal El Watan dans son édition de ce jeudi 4 juin.
Sur place, les délégations ont parcouru les différentes unités de l’usine. Elles ont pu voir les chaînes de montage en fonctionnement, notamment pour l’assemblage des premiers camions JAC 1040S, ainsi que les préparatifs liés à d’autres lignes destinées aux autobus urbains et interurbains. Selon certains responsables présents lors de la visite, « le projet est désormais une réalité industrielle tangible ».
Le complexe industriel s’étend sur 33 hectares. L’essentiel des équipements et infrastructures est déjà en place. Le lancement à grande échelle dépend encore de certaines démarches administratives, notamment l’obtention du programme prévisionnel d’importation des kits SKD.
L’usine dispose de quatre lignes de production couvrant l’assemblage des châssis, la carrosserie, la peinture et les finitions. Les installations ont été jugées conformes aux normes de sécurité et environnementales. Les démarches d’homologation des premiers véhicules produits localement sont déjà en cours.
La capacité annuelle pourrait aller jusqu’à 100 000 véhicules
À terme, le site vise une production pouvant atteindre environ 300 véhicules par jour grâce à deux lignes principales. La capacité annuelle pourrait aller jusqu’à 100 000 véhicules lorsque l’ensemble du complexe fonctionnera pleinement.
La production concernera plusieurs types de véhicules : camions de différents tonnages, utilitaires, pick-up, ainsi que des autobus et autocars. Le premier modèle lancé est le camion JAC 1040S. La production de bus devrait commencer à partir de septembre prochain.
Sur le plan logistique, environ 3 500 châssis ont déjà été réceptionnés pour l’assemblage. 4 500 autres unités sont attendues afin de soutenir la montée en cadence de la production.
Les premières livraisons de camions assemblés localement sont prévues pour juillet 2026. Le projet est également présenté comme un levier de création d’emplois dans la région.
Environ 500 emplois directs ont déjà été créés lors de la première phase. À terme, 1 500 emplois supplémentaires sont annoncés, en plus de plusieurs milliers d’emplois indirects dans la sous-traitance, la logistique, le transport ou encore la maintenance.
Intégration locale et ouverture à l’export
Le projet s’appuie sur plusieurs partenariats industriels. Trente accords ont déjà été signés avec des fournisseurs et sous-traitants locaux, dont Naftal pour la fourniture de lubrifiants et huiles industrielles.
L’objectif est d’atteindre un taux d’intégration locale de 30 % d’ici 2030, avec la mise en place progressive d’un réseau industriel autour du site. De nouvelles étapes de production sont aussi prévues, comme l’emboutissage, la soudure industrielle et des unités de peinture plus avancées. Un atelier de fabrication de moteurs thermiques est également envisagé dans les prochaines phases.
Sur le plan commercial, les véhicules seront proposés avec plusieurs modes de financement, dont le crédit bancaire et le leasing. Ils bénéficieront d’une garantie de cinq ans et d’un service après-vente organisé.
Le réseau de distribution comprend actuellement 25 concessionnaires. Il devrait atteindre 45 points de vente à partir de septembre prochain.
Le projet vise aussi les marchés extérieurs. Selon les responsables, environ 30 % de la production devrait être destinée à l’export, notamment vers des pays africains, à partir de 2027.
À l’issue de la visite, un membre de la délégation a déclaré, selon El Watan, que « ce projet n’est pas une promesse sur une maquette mais un site qui s’inscrit pleinement dans l’industrie lourde et dynamique appelé à créer une véritable valeur ajoutée à l’économie du pays ».







