Les prix du pétrole ont reculé mardi sur les marchés internationaux, dans un contexte marqué par des anticipations de reprise des discussions entre les États-Unis et l’Iran. Les opérateurs estiment qu’un retour au dialogue pourrait alléger certaines tensions sur l’offre mondiale, affectée depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février dernier.
Le baril de West Texas Intermediate (WTI), avec livraison en mai, a terminé la séance en baisse de 7,87%, à 91,28 dollars. Le Brent, référence mondiale pour livraison en juin, a également reculé de 4,60%, pour s’établir à 94,79 dollars.
Pour plusieurs analystes, le mouvement s’explique par l’évolution du contexte diplomatique. « Nous commençons à observer une série de développements positifs sur le plan géopolitique », remarque auprès de l’AFP Robert Yawger, de Mizuho USA.
Sur le plan politique, le président américain Donald Trump a affirmé lundi que les Iraniens « voudraient faire un accord, à tout prix », après l’échec de discussions tenues au Pakistan visant à mettre fin aux tensions au Moyen-Orient.
Dans le même temps, une source pakistanaise de haut rang a confié à l’AFP que « des efforts sont en cours pour ramener les deux parties à la table des négociations », ajoutant que « la réunion pourrait avoir lieu prochainement ».
Par ailleurs, Israël et le Liban ont entamé mardi à Washington des discussions directes, une première depuis 1993, ce qui est suivi de près par les marchés.
Certains observateurs notent un changement de perception chez les investisseurs. « Le marché a le sentiment que nous nous rapprochons d’une sorte de nouvel équilibre », estime Robert Yawger.
Toutefois, la tendance reste fragile. « Pour autant, le fait que le WTI se maintienne au-dessus des 90 dollars rappelle que le chemin vers la désescalade est encore long », analyse Kevin Ford, de Convera.
Selon lui, « l’optimisme a besoin d’être confirmé : la preuve la plus évidente serait une normalisation visible des livraisons de pétrole via le détroit d’Ormuz ».
Ce passage maritime reste un point sensible, puisqu’il assure habituellement le transit d’environ un cinquième du pétrole et du gaz mondial. Il est actuellement perturbé depuis le début de la guerre.
Dans ce contexte, la société de données maritimes Kpler a indiqué que deux navires partis de ports iraniens ont franchi le détroit lundi, après l’entrée en vigueur d’un blocus militaire américain visant ces installations.
Les cours ont aussi été influencés par une autre décision venue des États-Unis. Washington a annoncé mardi la prolongation de la suspension partielle des sanctions contre le groupe russe Lukoil.
Cette mesure permet à l’entreprise de continuer à approvisionner ses stations-service hors de Russie jusqu’au 29 octobre 2026, alors que l’échéance précédente était fixée au 29 avril.






