L’Algérie poursuit le développement du dessalement de l’eau de mer afin de préserver ses ressources en eau douce et de faire face à la baisse des précipitations, notamment dans l’Ouest du pays, une zone à vocation agricole.
Un responsable du secteur de l’eau, cité mercredi 18 février par l’agence Bloomberg, a indiqué que de nouvelles stations de dessalement d’eau de mer seront réalisées dans les wilayas de Tlemcen, Mostaganem et Chlef. Ces infrastructures permettront d’augmenter les capacités nationales de production de 900.000 mètres cubes par jour. Le coût de ces trois stations est évalué à un milliard de dollars.
Les contrats ont été signés en décembre dernier par l’Entreprise algérienne de dessalement de l’eau (EADE), filiale de Sonatrach, avec des entreprises nationales. Ces projets s’inscrivent dans la première phase du deuxième programme national complémentaire décidé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Ce programme prévoit la réalisation de six nouvelles usines, chacune d’une capacité de 300.000 mètres cubes par jour.
À l’échelle nationale, le programme porte sur la construction de 11 stations de dessalement pour un montant global estimé à 5,4 milliards de dollars. Cinq usines ont déjà été achevées et mises en service en 2025 pour un investissement de 2,4 milliards de dollars. D’une capacité de 300.000 mètres cubes par jour chacune, ces stations ont été implantées à Cap Blanc (Oran), Fouka 2 (Tipaza), Cap Djinet (Boumerdès), Tighremt (Béjaïa) et Koudiat Draouch (El Tarf). L’Algérie est déjà considérée comme « le plus grand producteur d’eau dessalée d’Afrique ».
Selon le directeur général de l’EADE, Lahcen Bada, l’augmentation de la production d’eau dessalée permettra de réduire la pression sur l’alimentation en eau potable et de dégager davantage de ressources en eau douce pour « des secteurs stratégiques tels que l’agriculture afin d’assurer la sécurité alimentaire du pays ». Les régions concernées figurent parmi le « grenier du pays », où sont produits notamment des fruits, des olives et des céréales destinés au marché local.
L’agriculture représente environ 15 % de l’économie nationale, estimée à près de 285 milliards de dollars et dominée par les hydrocarbures. Toutefois, le pays, « qui prône l’autonomie économique et politique », fait face, ces deux dernières décennies, à « une baisse spectaculaire des précipitations qui a asséché sporadiquement les réservoirs et a contribué à des incendies de forêt ».
Dans ce contexte, l’Algérie a fait du dessalement un axe central de sa politique de l’eau. L’Algérie vise à couvrir 60 % des besoins en eau potable à partir de l’eau dessalée d’ici la fin de la décennie, contre 42 % actuellement. Depuis 2005, 19 stations de dessalement ont été mises en service, pour une capacité totale de 3,5 millions de mètres cubes par jour. Selon les projections du plan en cours, près de 4 milliards de mètres cubes d’eau douce par an devraient être libérés au profit de l’agriculture à l’horizon 2030.
Les nouvelles stations de Tlemcen, Chlef et Mostaganem sont réalisées par des entreprises publiques liées à Sonatrach et à Cosider. Leur alimentation électrique sera assurée par Sonelgaz, aux tarifs du marché, d’après Lahcen Bada. Ce dernier a indiqué que l’investissement de 1 milliard de dollars pour ces trois projets représente « un engagement financier important », mais qu’il demeure « absolument essentiel, étant donné que la sécurité de l’approvisionnement en eau est devenue une priorité stratégique nationale ».






