Les exportations céréalières de la France vers l’Algérie ont repris timidement, avec l’expédition récente de blé et d’ogre français vers le marché algérien, selon les informations rapportées mercredi 11 février par l’agence Reuters, qui a cité l’établissement public français FranceAgriMer. Une cargaison de 5.000 tonnes de blé et de 13.000 tonnes d’orge a été expédiée vers l’Algérie pour la première fois en juillet 2024.
Pour le blé, il s’agit d’une première livraison depuis le début de la crise diplomatique entre Alger et Paris, déclenchée en juillet 2024 après la décision du président français Emmanuel Macron de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental occupé. Concernant l’orge, la même source indique qu’aucune exportation française vers l’Algérie n’avait été enregistrée depuis trois saisons.
L’analyste céréales à FranceAgriMer, Habasse Diagouraga, a précisé, selon la même source, que « les programmes portuaires faisaient apparaître un chargement de 5 000 tonnes de blé et de 13 000 tonnes d’orge à destination de l’Algérie. Il s’agirait de la première expédition de blé vers ce pays d’Afrique du Nord depuis juillet 2024 et de la première expédition d’orge depuis trois campagnes. »
Pour sa part, le président du comité grains de FranceAgriMer, Benoît Pietrement, a souligné l’importance du marché algérien pour les exportateurs français. « Les exportations vers l’Algérie sont importantes, car il s’agit d’un client traditionnel. Nous espérons que cela pourra durer », a-t-il déclaré, toujours selon la même agence.
Cette dernière rappelle toutefois que « les exportations vers l’Algérie, traditionnellement premier acheteur de blé français, sont à l’arrêt en raison des tensions diplomatiques entre Paris et Alger. » Elle ajoute également que « des négociants ont indiqué ne pas avoir connaissance de ce chargement de blé à destination de l’Algérie et se sont dits surpris compte tenu du contexte diplomatique. »
Au cours des dernières années, l’Algérie a revu sa politique d’approvisionnement en céréales. En modifiant son cahier des charges en 2020, elle a ouvert son marché aux blés provenant de la région de la mer Noire, notamment de Russie et d’Ukraine, proposés à des prix plus bas que les blés français. Alors que les achats de blé français par l’Algérie se situaient entre 5 et 6 millions de tonnes en 2019, ils sont tombés à un niveau quasi nul en 2025.






