La ligne ferroviaire reliant Béchar, Tindouf et Gara Djebilet, d’une longueur totale de 950 kilomètres, sera mise en service ce dimanche 1er février. L’annonce a été faite, ce samedi, par le Général d’Armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, à l’occasion du suivi depuis la station terrestre de télédétection, de l’opération de lancement du satellite Alsat-3B depuis la Chine.
« Ces grandes réalisations constituent, par ailleurs, une nouvelle étape dans le processus de construction de l’Algérie nouvelle et triomphante, tel qu’en témoigne, à titre d’exemple, ce à quoi nous allons assister demain à Gara Djebilet, à l’occasion de l’inauguration de la ligne ferroviaire reliant Béchar et Tindouf qui contribuera considérablement à l’exploitation de cette importante mine et reflètera ainsi la vraie image de l’Algérie émergente, souveraine dans ses choix et ses décisions », a indiqué Saïd Chanegriha dans son allocution prononcée à cette occasion, selon un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN).
Selon les explications fournies par le directeur général de l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF), Azzeddine Fridi, cité ce samedi par l’APS, ce projet a été achevé en moins de 24 mois, malgré les contraintes liées aux conditions naturelles des régions sahariennes traversées.
Le responsable a précisé que le chantier a nécessité une organisation particulière, notamment pour les travaux de base, la réalisation des ouvrages d’art et la gestion logistique des différents sites.
Les travaux de terrassement ont porté sur plus de 75 millions de mètres cubes de remblais, de déblais et de nivellements. Ces opérations ont permis de préparer la plateforme du tracé ferroviaire et d’assurer la stabilité nécessaire pour le passage des trains.
De son côté, le directeur central de la communication de l’ANESRIF, Abdelkader Mazzar, cité par la même source, a indiqué que la ligne repose sur des normes techniques destinées à garantir la sécurité de l’exploitation et la capacité de la voie à supporter les charges prévues.
Le projet comprend également la construction de 45 ponts ferroviaires, pour une longueur totale de 20 kilomètres. Parmi ces ouvrages figure le pont sur l’Oued Daoura, long de 4,11 kilomètres.
Dans le cadre de la même opération, 50 passages routiers ainsi que 1.439 ouvrages hydrauliques destinés à l’évacuation des eaux ont été réalisés.
Les responsables du projet estiment que ces infrastructures ont été conçues pour répondre aux contraintes climatiques propres aux régions du Sud-ouest du pays.
Par ailleurs, sept nouvelles gares ont été construites le long du tracé, à Abadla, Hammaguir, Hassi Khebi, Tabelbella, Oum Lassel, Tindouf et Gara Djebilet.
Le projet comprend également 28 unités d’intersection destinées à faciliter la gestion du trafic ferroviaire, les opérations techniques et le transport des minerais, des voyageurs et des marchandises.
La réalisation de la ligne a mobilisé plusieurs entreprises nationales. Selon l’ANESRIF, une vingtaine de sociétés et de bureaux d’études spécialisés ont pris part aux travaux.
Le projet est structuré en trois sections. La première, reliant Béchar à Hammaguir en passant par Abadla sur une distance de 200 kilomètres, a été confiée à des entreprises publiques, dont Cosider-Travaux publics, Seror-Est, ENGOA, Cosider-Ouvrages d’art, EPTP-Alger, EPTP-Béchar et Infrarail.
La deuxième section, longue de 175 kilomètres entre Tindouf et Oum Lassel, a été réalisée par plusieurs entreprises publiques, notamment SEROR, Infrarail, SAPTA, Infrafer, GCB et SNTP.
La troisième section, d’une longueur de 575 kilomètres, reliant Hammaguir à Oum Lassel, Tindouf et Gara Djebilet, a été prise en charge dans le cadre d’un partenariat entre le groupe chinois CRCC et Cosider-Travaux publics.
D’après les données techniques communiquées par les responsables du projet, cette infrastructure est destinée à accompagner le développement des projets miniers et à renforcer le réseau national de transport.
Une fois l’exploitation lancée, 24 trains minéraliers devraient circuler quotidiennement dans les deux sens. La ligne accueillera également deux trains de marchandises, pouvant atteindre 80 km/h, ainsi que deux trains de voyageurs dont la vitesse maximale est annoncée à 160 km/h.






