L’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, rappelé en avril 2025, s’est exprimé sur la situation entre les deux pays. Dans un entretien avec la radio française RFI, il a indiqué que « des canaux de communication ont été rétablis entre Paris et Alger » récemment, tout en reconnaissant que la crise, qui dure depuis 18 mois, n’est pas complètement résolue.
L’ambassadeur a qualifié les derniers mois de « quasi rupture des relations entre la France et l’Algérie ». « Des contacts ont été initiés depuis maintenant plusieurs semaines, des réunions de travail ont eu lieu entre spécialistes français et algériens », a expliqué Romatet. Il a ajouté que la France attend que les Algériens « prennent les premières mesures qui permettent de marquer la reprise de cette coopération consulaire ».
Selon lui, la France a deux priorités d’une « nécessité absolue et impérative » : la reprise de la coopération sécuritaire et migratoire, y compris la réadmission des personnes sous OQTF. « Nous avons des exigences, la reprise de la coopération sécuritaire, la reprise de la coopération migratoire. Elle est essentielle. Il faut absolument que nous dépassions ce qui s’est passé depuis maintenant 18 mois, c’est-à-dire la quasi-rupture des relations entre la France et l’Algérie », a affirmé l’ambassadeur.
La reprise des échanges s’est traduite par la visite de la secrétaire générale du Quai d’Orsay, Anne-Marie Descôtes, à Alger en novembre dernier. Cette visite a marqué « le rétablissement pour la première fois depuis juillet 2024 d’un canal diplomatique, notamment pour traiter le sujet de la crise au Sahel ». L’ambassadeur a précisé qu’il aurait également été possible « d’évoquer la question du Sahara occidental après le vote de la résolution 2797 » du conseil de sécurité de l’ONU.
Concernant la visite annoncée du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, Stéphane Romatet a confirmé qu’elle a été planifiée et que le ministre a été invité, soulignant que « ça fait partie effectivement des gestes que nous avons constatés de la part des autorités algériennes ».
Cette visite doit être préparée afin de garantir que « les conditions de succès de cette visite puissent être réunies, notamment sur les gestes qui sont attendus de la part des autorités algériennes ». Le ministre doit pouvoir obtenir des résultats concrets sur la coopération sécuritaire et migratoire, « à la hauteur de nos attentes ». Pour son propre retour à Alger après son rappel, Romatet a rappelé que cela dépend d’une décision du président français Emmanuel Macron, « dès qu’il jugera que les conditions politiques » sont réunies.
L’ambassadeur a identifié un « double obstacle » pour un retour à la normale : le maintien en détention du journaliste Christophe Gleizes et le projet de loi algérien sur la criminalisation de la colonisation. Selon lui, « ces deux événements rendent aujourd’hui plus compliquée cette voie de volonté de retrouver un chemin d’apaisement avec l’Algérie ».
Un autre sujet de tension concerne l’économie. Romatet a expliqué que l’Algérie a employé « l’arme économique » pendant la crise, citant « des témoignages concordants de mesures de quasi-boycott économique prises à l’égard des entreprises françaises ». « Il est évident qu’on ne peut pas aujourd’hui renégocier cet accord d’association (avec l’Union européenne) tant que ces mesures de discrimination et d’obstacles aux échanges demeurent en vigueur en Algérie », a-t-il précisé.






