Les prix du pétrole ont poursuivi leur repli lundi, sous l’effet combiné des discussions autour du conflit en Ukraine et des anticipations d’un excédent d’offre sur le marché mondial.
Le baril de Brent de la mer du Nord, échéance février, a reculé de 0,92 % pour s’établir à 60,56 dollars, un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis le mois de mai. De son côté, le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine pour livraison en janvier, a cédé 1,08 %, tombant à un seuil inédit depuis février 2021.
Selon plusieurs analystes, la poursuite des négociations entre Moscou et Kiev pèse sur les cours. Bjarne Schieldrop, de la banque Seb, estime que ces discussions contribuent à entretenir une dynamique baissière sur le marché pétrolier.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a évoqué lundi des avancées dans les échanges avec les États-Unis en vue de mettre fin au conflit avec la Russie. Dans le même temps, des pays européens ont proposé la mise en place d’une force multinationale destinée à garantir la paix en Ukraine.
Pour Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, un éventuel accord resterait fragile, mais il serait perçu par les marchés comme une étape supplémentaire vers un allègement de certaines sanctions américaines visant la Russie. Une telle évolution pourrait faciliter le retour de volumes russes sur le marché.
D’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les exportations de pétrole russe ont diminué de 420 000 barils par jour en novembre, en raison des sanctions et des attaques de drones visant les infrastructures énergétiques. Un accord politique pourrait donc permettre une hausse de l’offre, exerçant une pression supplémentaire sur les prix.
Par ailleurs, les inquiétudes liées à une offre excédentaire continuent de peser sur les perspectives à moyen et long terme. David Morrison, de Trade Nation, souligne que cette crainte reste dominante sur le marché.
Ces derniers mois, les cours du pétrole ont progressivement reculé, notamment en raison des augmentations répétées des quotas de production décidées par l’OPEP et ses alliés, dans un contexte où la demande progresse plus lentement. L’AIE a d’ailleurs indiqué récemment que les stocks mondiaux observés avaient atteint en octobre leur niveau le plus élevé depuis quatre ans.
Malgré cette baisse, certains observateurs rappellent qu’un pétrole moins cher peut soutenir l’activité économique mondiale. Selon Bjarne Schieldrop, cette situation pourrait à terme encourager une reprise de la demande en énergie.






