La récente revalorisation de l’allocation touristique, passée à 750 euros, a entraîné une hausse des déplacements de voyageurs algériens vers la Tunisie. À l’approche de la fin d’année, cette augmentation s’est traduite par une forte pression sur les postes-frontières entre les deux pays.
Face à cet afflux, les autorités algériennes ont introduit, le 7 décembre, une nouvelle mesure imposant aux bus assurant le transport de voyageurs vers la Tunisie de présenter une autorisation provisoire de transport international. Cette décision, appliquée sans annonce préalable, a provoqué des perturbations importantes aux frontières, notamment à Oum Teboul et El Ayoune, dans la wilaya de Taref. Plusieurs bus se sont retrouvés bloqués, contraignant les passagers à attendre sur place. Cette situation a entraîné des désagréments pour de nombreux voyageurs, certains véhicules étant immobilisés faute du document exigé.
Confrontés à ces blocages, certains passagers ont choisi de franchir la frontière à pied. L’agence de voyages Metnani a fait état de cette situation dans une publication datée du 13 décembre sur Facebook, accompagnée d’une photo montrant des voyageurs contrôlés par la police tunisienne au poste frontalier de Melloula. Selon l’agence, une fois le passage effectué, ces voyageurs peuvent ensuite emprunter des moyens de transport côté tunisien. Commentant la scène, l’agence écrit : « La Tunisie à pied… Ceci n’est plus du tourisme, mais de la galère ».
Dans le même message, Metnani annonce la suspension de tous les voyages en bus vers la Tunisie « jusqu’à ce que les choses soient plus claires ». Elle précise toutefois que les déplacements restent possibles « par avion, par train, ou par voiture ». L’agence exprime également son mécontentement face à la situation actuelle : « L’allocation touristique ne va pas nous faire abandonner notre amour propre et notre dignité est prioritaire ».
Les séjours organisés en Tunisie constituent l’activité principale de nombreuses agences de voyages en Algérie. Le transport par bus, moins coûteux que l’avion, permettait jusque-là de proposer des offres accessibles à un large public. Les nouvelles conditions aux frontières pourraient ainsi avoir un impact direct sur ce secteur.
Des touristes algériens bloqués en Tunisie
Plusieurs touristes algériens se retrouvent bloqués en Tunisie à la suite de la nouvelle mesure appliquée aux bus de transport touristique, qui doivent, désormais, présenter une autorisation internationale de transport, en remplacement de l’autorisation touristique ordinaire utilisée jusque-là.
Cette décision a provoqué le blocage de nombreux bus au niveau des postes-frontières entre l’Algérie et la Tunisie. Des voyageurs ayant déjà rejoint la Tunisie dans le cadre de séjours organisés se retrouvent ainsi dans l’impossibilité de rentrer, leurs agences ne pouvant pas envoyer de bus pour les récupérer.
Face à cette situation, les agences de voyages concernées sont invitées à se rapprocher des directions des transports de leurs wilayas afin d’obtenir le nouveau document exigé. Sans cette autorisation, les bus ne sont pas autorisés à entrer sur le territoire tunisien pour rapatrier les clients.
Dans un communiqué publié vendredi 12 décembre et repris par le site Visas & Voyages Algérie, la direction du tourisme de la wilaya de Sétif a appelé les agences ayant des clients bloqués en Tunisie à entamer les démarches nécessaires auprès des services compétents. Elle précise que « les agences de tourisme et de voyages qui ont organisé des voyages touristiques vers la Tunisie, où se trouvent leurs clients, peuvent s’adresser à la direction des transports à partir de samedi pour obtenir des autorisations de sortie afin de ramener leurs clients en Algérie ».
Selon les mêmes explications, une fois l’autorisation obtenue, les bus chargés du rapatriement doivent quitter le territoire national par le poste-frontière d’Oum Teboul. « À la sortie d’Algérie, le bus doit être vide », indique la même source. Les agences sont également tenues de « présenter une liste nominative des touristes » concernés par l’opération de retour.
Cette nouvelle procédure confirme que des touristes algériens se trouvent toujours en Tunisie en attendant leur rapatriement. Leurs agences, privées de l’autorisation internationale requise, ne peuvent pas encore organiser leur retour.
Pour rappel, cette mesure visant les bus touristiques à destination de la Tunisie aurait été décidée afin de limiter l’afflux lié à l’allocation touristique de 750 euros et les tentatives de détournement de ce montant vers le marché parallèle des devises.






