Les premiers résultats de l’étude de faisabilité du projet ALTEH2A, consacré à la production d’hydrogène vert en Algérie et à son acheminement vers l’Europe, sont attendus en 2027, a annoncé jeudi à Alger le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal.
L’annonce a été faite à l’ouverture de la deuxième réunion des ministres de l’Energie des pays partenaires du projet SoutH2 Corridor, organisée au Centre international des conférences (CIC) Abdelatif-Rahal. La rencontre réunit l’Algérie, l’Autriche, l’Allemagne, l’Italie et la Tunisie autour des perspectives de coopération dans le domaine de l’hydrogène renouvelable.
Selon Mourad Adjal, l’étude de faisabilité d’ALTEH2A a désormais atteint une nouvelle phase. Les travaux portent notamment sur « l’identification et l’analyse des sites potentiels de production d’hydrogène renouvelable en Algérie, la détermination du coût du projet, l’étude des différentes options de transport et l’évaluation des capacités du marché européen ».
Le projet ALTEH2A doit permettre de développer une chaîne intégrée de production d’hydrogène vert en Algérie à partir des énergies renouvelables, puis de l’exporter vers le marché européen. Son transport s’inscrit dans le cadre du SoutH2 Corridor, qui doit relier l’Algérie à l’Allemagne en passant par la Tunisie, l’Italie et l’Autriche.
Quatre millions de tonnes d’hydrogène par an
Le SoutH2 Corridor prévoit le transport de quatre millions de tonnes d’hydrogène vert par an depuis l’Algérie vers l’Europe, sur une distance d’environ 3.000 kilomètres. Selon les données présentées lors de la réunion, ce volume correspondrait à 10% de la demande européenne attendue pour ce combustible à l’horizon 2040.
L’acheminement devrait notamment s’appuyer sur les réseaux existants de transport de gaz naturel, qui devront être modernisés et adaptés au transport d’hydrogène.
Les premières étapes du projet remontent à octobre 2024, avec la signature à Oran d’un mémorandum d’entente entre Sonatrach, Sonelgaz et les groupes allemand VNG, italiens Snam et Sea Corridor et autrichien Verbund Green Hydrogen. Cet accord portait sur la réalisation des études nécessaires pour évaluer la faisabilité et la rentabilité d’un projet intégré de production d’hydrogène vert en Algérie et d’exportation vers l’Europe.
La coopération s’est également poursuivie dans le cadre des relations algéro-allemandes. Lors de la visite du président de la République Abdelmadjid Tebboune en Allemagne en juillet dernier, Sonatrach a signé deux protocoles d’accord avec Robert Bosch et Siemens Energy. Ces accords portent notamment sur la fabrication d’électrolyseurs, la production d’hydrogène ainsi que la maintenance, la réparation des équipements et la formation.
Vers une coordination entre les pays partenaires
Lors de son intervention, Mourad Adjal a appelé à poursuivre la coordination entre les différents partenaires, notamment sur les questions réglementaires et les normes applicables à l’hydrogène renouvelable.
Le ministre a réaffirmé « l’engagement total de l’Algérie et sa disponibilité à poursuivre les efforts nécessaires, en coopération avec l’ensemble de ses partenaires, pour concrétiser cette initiative sur le terrain ». Il a également souligné la volonté de l’Algérie de « préserver son rôle d’acteur central dans les relations énergétiques avec l’Europe ».
La réunion d’Alger constitue, selon le ministre, une nouvelle étape après la première rencontre ministérielle organisée à Rome en janvier 2025. Cette dernière avait abouti à la signature d’une Déclaration commune d’intentions politiques visant à renforcer la coopération entre les pays concernés et à mettre en place un groupe de travail commun.
Mourad Adjal a par ailleurs indiqué que la rencontre devait confirmer « notre engagement commun » en faveur d’une coopération autour des énergies nouvelles et renouvelables. Il a évoqué une « nouvelle étape » dans le processus engagé l’année précédente.
Le développement du corridor doit ainsi s’accompagner d’un travail sur l’harmonisation des réglementations, la certification et la normalisation, afin de faciliter à terme les échanges d’hydrogène renouvelable entre les pays concernés.
Pour l’Algérie, le développement de cette filière s’inscrit dans sa stratégie de diversification des sources d’énergie et de développement des énergies renouvelables. Le pays entend notamment s’appuyer sur son potentiel solaire, ses infrastructures énergétiques et sa position géographique pour développer la production d’hydrogène destiné aux marchés européens.







