Le projet d’implantation d’une usine Opel en Algérie continue de progresser. La visite à Alger de Florian Huettl, président-directeur général mondial de la marque allemande, relevant du groupe Stellantis, s’inscrit dans une série de rencontres entre les responsables du constructeur et leurs partenaires algériens autour du développement de l’industrie automobile.
Le dirigeant est arrivé en Algérie à la fin de la semaine accompagné d’une délégation comprenant notamment Xavier Chéreau, président du conseil d’administration d’Opel. Les responsables ont été reçus mercredi par le président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula.
D’après un communiqué du CREA, les discussions ont porté sur les moyens de développer la filière automobile en Algérie, de renforcer le réseau national de sous-traitance et d’examiner les perspectives de développement de la marque sur le marché algérien.

Cette visite intervient quelques jours après celle de Falk Zimpel, Brand Manager d’Opel pour le Moyen-Orient et l’Afrique, illustrant la poursuite des échanges entre le constructeur et les acteurs concernés en Algérie.
Un premier site de production hors d’Europe
En janvier dernier, Florian Huettl avait annoncé que l’Algérie avait été retenue pour accueillir la première usine Opel implantée en dehors de l’Europe. Cette décision est le résultat de plusieurs mois de discussions et d’études menées par le groupe Stellantis.
Le futur site devrait être intégré au réseau industriel européen d’Opel. Selon les déclarations faites à cette occasion par le dirigeant de la marque, l’usine appliquera les mêmes standards de production et de qualité que ceux en vigueur dans les sites européens du constructeur.
À travers ce projet, Stellantis entend également faire de l’Algérie une base industrielle destinée à approvisionner plusieurs marchés de la région.
Un projet inscrit dans la stratégie de Stellantis
Le développement du projet Opel intervient alors que Stellantis poursuit ses investissements dans la région Moyen-Orient et Afrique. En mai dernier, le groupe a présenté son plan stratégique FaSTLAne 2030, qui prévoit un investissement global de 60 milliards d’euros pour accompagner sa croissance au cours des cinq prochaines années.
Dans le cadre de cette stratégie, Stellantis ambitionne d’atteindre une production annuelle d’un million de véhicules dans la région à l’horizon 2030, avec un taux d’intégration locale pouvant atteindre 90 %, selon les objectifs présentés par Samir Cherfan, directeur des opérations du groupe pour le Moyen-Orient et l’Afrique.
Le responsable avait également annoncé qu’une délégation du comité exécutif mondial de Stellantis devait se rendre en Algérie afin de présenter officiellement le projet Opel aux autorités, en coordination avec les partenaires locaux.
Le choix du site reste en discussion
La localisation de la future usine n’a pas encore été arrêtée. Deux options sont actuellement étudiées. La première consiste à construire une nouvelle unité industrielle sur un nouveau terrain. La seconde prévoit une extension du complexe de Tafraoui, près d’Oran, où Stellantis assemble déjà plusieurs modèles Fiat.
Aucune décision officielle n’a encore été communiquée. Toutefois, plusieurs éléments laissent penser que l’absence du quatrième modèle Fiat, prévu initialement dans l’accord conclu entre Stellantis et le Fonds national d’investissement (FNI), pourrait conduire le groupe à regrouper les productions Opel et Fiat sur un même site. Une telle solution permettrait de partager certaines infrastructures industrielles.
Les sous-traitants allemands s’intéressent au marché algérien
Parallèlement à l’avancement du projet Opel, plusieurs entreprises allemandes spécialisées dans les équipements automobiles et la sous-traitance ont récemment effectué une mission en Algérie. Cette visite, organisée à Alger et Oran, s’est déroulée sous l’égide de la Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie (AHK Algérie) ainsi que du ministère fédéral allemand de l’Économie.
Parmi les investissements déjà annoncés figure un projet d’usine de fabrication de systèmes d’échappement à Oran. Cette unité, financée par des capitaux allemands, fournira notamment Stellantis, premier client attendu.
Ces initiatives s’inscrivent dans la mise en place progressive d’un réseau de fournisseurs destiné à accompagner le développement de la production automobile en Algérie.
Les prochaines rencontres entre Alger et Berlin attendues
Le calendrier officiel du projet n’a pas encore été dévoilé par Stellantis. Les prochains rendez-vous entre les autorités algériennes et allemandes pourraient toutefois constituer une étape importante.
Une visite d’État est prévue le 16 juillet, avant la tenue du Forum économique algéro-allemand à Berlin le 17 juillet. La rencontre entre le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et le chancelier allemand Friedrich Merz pourrait être l’occasion d’aborder ce dossier dans le cadre du renforcement de la coopération économique entre les deux pays.
En attendant les décisions concernant le choix du site et le lancement du projet, les échanges entre Stellantis, Opel et leurs partenaires algériens se poursuivent autour de la mise en place de cette future implantation industrielle.







