Pour la deuxième année de suite, le Conseil du renouveau économique algérien (CREA) prend part au SelectUSA Investment Summit, organisé dans l’État du Maryland. Dans ce rendez-vous dédié à l’attraction des investissements vers les États-Unis, les entreprises algériennes adoptent une démarche différente : présenter les opportunités offertes par l’Algérie à des partenaires américains.
Une délégation d’une trentaine de chefs d’entreprise a fait le déplacement à National Harbor, où se tient l’événement du 3 au 6 mai 2026 au Gaylord National Resort & Convention Center. Cette 12e édition rassemble environ 5 500 participants issus de plus de 100 pays.
Le groupe algérien est conduit par Kamel Moula, président du CREA, avec la participation de représentants de grandes entreprises ainsi que de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI). La présence de Mark A. Schapiro, chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Alger depuis février 2026, accompagne les échanges tout au long du sommet.
Le sommet SelectUSA a pour objectif principal d’encourager les investissements étrangers vers le marché américain. Comme l’a rappelé le secrétaire au Commerce américain, Howard Lutnick : « L’Investment Summit, c’est l’endroit où l’Amérique et le monde se rencontrent pour faire des deals et amener des entreprises dans la plus grande économie du monde. »
Dans ce cadre, la délégation algérienne cherche plutôt à attirer l’attention sur son propre marché. Des rencontres bilatérales sont prévues à Washington avec des responsables d’institutions publiques, des agences économiques et des entreprises. L’objectif est de mettre en avant les évolutions du climat des affaires en Algérie, notamment les réformes engagées, le cadre réglementaire et les équilibres macroéconomiques.
Lors de la précédente édition, 35 chefs d’entreprise algériens avaient participé à ce sommet. Le CREA indique que l’Algérie figure encore cette année parmi les délégations les plus importantes d’Afrique du Nord.

Entre les deux participations, le cadre commercial a évolué. En avril 2025, une mesure américaine avait instauré un droit de douane de 30 % sur certains produits algériens. Cette décision avait été relativisée par les autorités algériennes, les exportations d’hydrocarbures n’étant pas concernées.
En février 2026, la Cour suprême des États-Unis a annulé une grande partie de ces mesures tarifaires. La décision, rendue sous la présidence du juge John Roberts, a estimé que leur fondement juridique n’était pas conforme à la Constitution. À la suite de cela, un tarif compris entre 10 % et 15 % a été appliqué de manière uniforme à l’ensemble des partenaires commerciaux. L’Algérie se retrouve ainsi soumise à ce taux standard.
Les investissements américains en Algérie restent concentrés dans le secteur des hydrocarbures. En 2025, Sonatrach a conclu des accords avec Occidental Petroleum portant sur des techniques de récupération assistée du pétrole et l’étude de réservoirs carbonatés.
Par ailleurs, ExxonMobil et Chevron poursuivent des discussions autour de projets dans les bassins d’Ahnet et de Gourara. Ces négociations, encore en cours, s’inscrivent dans des cycles longs propres à l’industrie énergétique.
La participation au SelectUSA vise à encourager ces projets, mais aussi à élargir les domaines de coopération. Les autorités économiques algériennes cherchent à renforcer les liens avec des partenaires américains dans d’autres secteurs.
Dans un communiqué publié lundi 4 mai à Washington, le CREA indique que la délégation algérienne a pris part à la cérémonie d’ouverture du sommet aux côtés de responsables américains et de représentants diplomatiques.
Elle a été reçue par Kelly Calderon, responsable de SelectUSA, qui a évoqué l’intérêt d’un renforcement des partenariats entre entreprises algériennes et américaines, notamment sous forme de coentreprises.
Des échanges ont également eu lieu avec Matt Meyer, gouverneur du Delaware, autour des possibilités de coopération économique entre les entreprises des deux parties.
Le CREA souligne enfin l’appui des représentations diplomatiques des deux pays, qui ont facilité l’organisation de rencontres avec plusieurs responsables américains.
Durant toute la durée du sommet, la délégation algérienne prévoit de multiplier les contacts afin de présenter les opportunités d’investissement en Algérie et de renforcer les relations économiques bilatérales.






