La plateforme panafricaine de commerce en ligne Jumia a annoncé son retrait du marché algérien à partir de février 2026, à l’issue de la publication de ses résultats financiers pour l’exercice 2025, présentés mardi 10 février par la société.
« En février 2026, Jumia a décidé de cesser ses activités en Algérie. En 2025, l’Algérie représentait environ 2 % de la valeur brute des marchandises (GMV). La société anticipe que l’arrêt de ses opérations en Algérie pourrait temporairement avoir un impact négatif sur les indicateurs financiers de Jumia. À court terme, les effets comprendront des coûts liés aux licenciements des employés, à la résiliation des baux et à la liquidation des actifs. À plus long terme, ces changements dans l’empreinte géographique de Jumia devraient améliorer l’efficacité opérationnelle et l’allocation des ressources, permettant à la société de se concentrer sur des marchés présentant de meilleures trajectoires de croissance et des perspectives de rentabilité plus solides », lit-on dans le communiqué annonçant les résultats financiers du groupe.
Sur le plan opérationnel, la filiale locale, Jade E-Services Algeria SARL, a déjà entamé la procédure d’information de ses partenaires commerciaux. Selon les notifications adressées aux vendeurs, la plateforme ne sera plus accessible au plus tard le 10 mars 2026. Pour les vendeurs tiers utilisant la marketplace, la transition est donc imminente. Jumia indique s’être engagé à régler l’ensemble des paiements dus avant la fermeture effective de la plateforme. Les partenaires disposent désormais de moins d’un mois pour réorganiser leurs circuits de vente et se tourner vers d’autres solutions logistiques disponibles sur le marché local.
Implantée en Algérie depuis 14 ans, Jumia y a progressivement déployé son réseau logistique dans 44 wilayas. Le développement de la plateforme s’est accompagné d’une adaptation aux spécificités du marché, notamment la préférence persistante des consommateurs pour le paiement à la livraison et le recours majoritaire aux transactions en espèces. Dans un contexte où les moyens de paiement électroniques restent peu utilisés, Jumia avait misé sur un modèle reposant principalement sur le paiement en cash, en tenant compte de la faible adoption des solutions numériques par les commerçants et les consommateurs.
Le départ de l’Algérie s’inscrit dans une politique de recentrage engagée par le groupe ces dernières années. Jumia s’est déjà retirée de plusieurs marchés africains, notamment le Cameroun, la Tanzanie, la Tunisie et l’Afrique du Sud. Cette stratégie, conduite sous la direction du PDG Francis Dufay, vise à concentrer les ressources du groupe sur des pays jugés plus porteurs en matière de croissance et de rentabilité, à l’image du Nigeria et de l’Égypte.
L’annonce intervient dans un contexte financier encore fragile pour la plateforme. En 2025, le chiffre d’affaires du groupe a atteint 188,9 millions de dollars, contre 167,5 millions de dollars en 2024, soit une progression de 13 %. Malgré cette évolution, Jumia enregistre une perte d’exploitation de 63,2 millions de dollars, contre 66,0 millions de dollars un an plus tôt. La perte d’EBITDA s’est, pour sa part, établie à 60,1 millions de dollars en 2025, contre 97,6 millions de dollars en 2024.






