Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé la possibilité pour l’Etat de s’orienter vers l’application d’une nouvelle politique de soutien social à la fin de l’année en cours et au début de l’année prochaine, en s’appuyant sur la numérisation.
Lors de son entrevue périodique accordée aux représentants de la presse nationale, diffusée samedi soir sur les chaînes de télévision et de radio nationales, le président Tebboune a souligné que la numérisation « permettra, à la fin de l’année en cours et au début de l’année 2027, l’application d’une nouvelle politique de soutien social », précisant que cela se fera à travers « une commission nationale composée de partis et de syndicats actifs ». Il a souligné que l’Etat tend à aboutir à « une véritable justice sociale », indiquant que « les conditions, à ce jour, n’ont pas permis d’atteindre cet équilibre ».
Il a évoqué « les disparités constatées entre les différentes catégories de la société », faisant observer qu’« il est inacceptable que le soutien soit accordé de manière égale à tous », mais le recours à la numérisation, a-t-il dit, permettra d’« orienter le soutien vers les véritables bénéficiaires ». Le président Tebboune a, par ailleurs, souligné la nécessité de préserver les acquis réalisés par le pays, affirmant que « l’option actuelle consiste à ne pas exercer de pressions sur les citoyens ».
Il a, dans ce sens, évoqué le phénomène du gaspillage du pain, notamment à l’approche du mois sacré de Ramadhan, faisant remarquer qu’il s’agit d’un « gaspillage de sommes colossales », ce qui exige, a-t-il ajouté, une prise de conscience de la part du citoyen pour éviter de tels comportements qui affectent négativement l’économie nationale.
S’agissant du soutien social, il a réaffirmé l’attachement de l’Etat à la gratuité de l’enseignement et des soins, affirmant qu’il « n’y aura aucun recul à ce sujet » et que « les défis que l’Algérie relève aujourd’hui reposent essentiellement sur l’éducation et le renforcement du potentiel scientifique de ses enfants ».
Amendement technique de la Constitution
Soulignant l’importance de l’amendement technique de la Constitution dans la poursuite du processus de construction d’une véritable démocratie, le président Tebboune a indiqué que « l’amendement technique de la Constitution participe de la construction d’une véritable démocratie, fondée sur une référence constitutionnelle et politique ».
« Il n’y a rien à redire sur la Constitution de 2020, qui a introduit de nouvelles dispositions telles que la constitutionnalisation de la Déclaration du 1er Novembre 1954, du Conseil supérieur de la jeunesse et de la société civile », a-t-il soutenu, relevant, toutefois, « des lacunes dans l’application de certains articles, notamment en lien avec le renouvellement par moitié des membres du Conseil de la nation ».
Répondant aux parties ayant lié la démarche de l’amendement technique de la Constitution à une volonté d’ouvrir les mandats présidentiels, le président Tebboune a lancé : « Nous travaillons avec patriotisme et sincérité, contrairement à ces parties stipendiées et instrumentalisées pour déstabiliser le pays ».
Evoquant le dialogue qu’il mène avec la classe politique, il a rappelé ses efforts constants pour l’édification d’un « Etat fort et solide, qui ne disparaît pas avec la disparition des hommes ». Il a en outre précisé que le projet d’amendement de la loi sur les partis, initié à la demande de ces derniers, constitue une « étape démocratique », soulignant que le dialogue avec les formations politiques « porte sur un projet de société ».
A ce titre, le président Tebboune a indiqué que la liberté d’expression est « garantie par la Constitution », tandis que « la liberté d’insulter et de diffamer » est rejetée, prévenant que l’Etat ne tolèrera aucun discours de division entre les membres du peuple algérien au nom de la liberté d’expression.
Dans le même contexte, il a abordé les mesures de régularisation pour les jeunes Algériens établis à l’étranger en situation précaire ou irrégulière, précisant que tous les Algériens sont concernés par ces mesures, à l’exception de ceux « dont l’implication dans des faits d’intelligence avec des parties étrangères a été avérée, et qui seront traduits devant la justice ». Il a, en outre, réfuté tout lien entre ces mesures de régularisation et les obligations de quitter le territoire français (OQTF) imposées par les autorités françaises à des citoyens algériens sans leur accorder la plénitude de leurs droits.
Evoquant les réserves soulevées autour du code de la route et les « tentatives d’incitation à la provocation » auxquelles se sont livrées certaines parties concernant ce dossier, le président Tebboune a salué le niveau de conscience atteint par le peuple algérien, qui n’a pas cédé à ces tentatives de semer la confusion, ainsi que l’efficacité des institutions de l’Etat dans le traitement de cette question dans un cadre démocratique.






