Le port de Béjaïa a enregistré, mercredi 4 février, la première escale d’un navire transportant 11.700 têtes de moutons en provenance de Roumanie, indique l’Entreprise du Port de Béjaïa (EPB) dans un communiqué publié ce jeudi.
« Cette arrivée constitue la première de ce type pour l’année 2026 dans la catégorie des moutons, et intervient seulement deux jours après l’accueil du premier lot de veau en provenance du Brésil », précise la même source. Et de souligner : « Cette opération s’inscrit dans le cadre du programme d’approvisionnement du marché national en viandes rouges, et représente une étape importante pour assurer la stabilité de l’approvisionnement et répondre aux besoins des citoyens dans toutes les régions du pays. »
Pour rappel, l’Algérie a décidé d’importer un million de moutons en prévision de l’Aïd El-Adha. La décision a été annoncée début janvier dernier. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche a été chargé de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour la mise en oeuvre de l’opération d’importation.
Une opération similaire avait déjà été réalisée à l’occasion de l’Aïd El Adha 2025. Début mars de la même année, le président Tebboune avait annoncé l’importation d’un million de moutons afin de répondre aux besoins liés à la fête religieuse célébrée début juin. Des ovins avaient alors été importés notamment d’Espagne et de Roumanie.
Dans le but de renforcer le cheptel et d’augmenter la production locale, le gouvernement algérien diversifie ses sources d’approvisionnement en bovins vivants sur le marché international. En plus de l’importation des moutons, le pays importe également des bovins, qui représentent la troisième source de viandes après la volaille et les ovins. Récemment, l’Algérie a ouvert son marché aux bovins ukrainiens, destinés à la boucherie, à l’engraissement et à la reproduction.
Dans le cadre de la loi des finances 2026, l’Algérie a mis en place des mesures fiscales pour soutenir le commerce de bétail vivant. Les importations de bovins destinés à l’abattage sont exemptées de droits de douane, de TVA, de taxe de domiciliation bancaire, de contribution de solidarité et du précompte, pour la période du 15 novembre 2025 au 30 juin 2026, en lien avec l’Aïd el-Adha. Après cette période, les importations de bovins pour l’abattage bénéficieront d’un taux réduit de 5 % de droits de douane jusqu’au 31 décembre 2026.
Selon les données de la plateforme Trade Map, reprises récemment par l’agence Ecofin, le pays a importé en 2024 pour près de 18,5 millions de dollars de bovins vivants depuis le Brésil, l’Irlande, l’Allemagne, la Pologne et l’Italie. Les données de la FAO montrent que les importations algériennes de viande bovine sont passées de 10.328 tonnes en 2023 à 91.579 tonnes en 2024, et pourraient atteindre 115.000 tonnes en 2025. Cette hausse importante des importations indique que la production locale ne répond pas entièrement à la demande.
Le président Tebboune a admis récemment que la politique de production de la viande n’a pas atteint ses objectifs. Cette déclaration a été faite mardi 30 décembre lors de son discours à la nation devant les deux chambres du Parlement, réunies au Palais des Nations à Club des Pins à Alger. Le chef de l’Etat a reconnu « un échec dans la production de viandes de toutes sortes », ajoutant que cette situation « soulève de grandes interrogations ». Il a appelé les responsables à assumer leurs responsabilités et précisé que « les fonds destinés à l’importation de viandes devraient revenir en priorité aux enfants de l’Algérie ».






