Le magazine Forbes Afrique a dévoilé en janvier 2026 son classement annuel des milliardaires africains. L’homme d’affaires algérien Issad Rebrab y figure à la 11e place, avec une fortune estimée à 3 milliards de dollars. Si sa présence dans ce palmarès reste solide, elle se situe toutefois en dehors du Top 10 continental, illustrant une trajectoire moins ascendante qu’au début de la décennie.
Forbes Afrique rappelle qu’Issad Rebrab a bâti, en près de quarante ans, le premier groupe privé d’Algérie, Cevital, qui emploie environ 18 000 salariés. Le conglomérat est actif dans plusieurs secteurs industriels, notamment les huiles végétales, le sucre, l’électroménager et la fabrication du verre.
L’évolution récente de la fortune d’Issad Rebrab traduit cependant un changement de dynamique. En 2021, sa richesse était estimée à 5,1 milliards de dollars, ce qui lui valait alors la 5e place du classement africain. Après une baisse progressive, Forbes avait évalué sa fortune à 2,5 milliards de dollars en 2025. L’édition 2026 revoit cette estimation à la hausse, à 3 milliards de dollars, confirmant une forme de stabilisation, mais à la 11e place du classement. Selon le magazine, le chiffre d’affaires du groupe familial s’était contracté de 2,7 milliards de dollars en 2022 à 1,4 milliard de dollars en 2024
Cette évolution s’explique en partie par des événements judiciaires qui ont marqué le parcours de l’homme d’affaires. En 2020, Issad Rebrab a été condamné pour des infractions fiscales, bancaires et douanières, avec une interdiction d’exercer toute activité dirigeante. Depuis ce retrait forcé, la direction opérationnelle de Cevital est assurée par Malik Rebrab, le fils cadet du fondateur. Forbes Afrique décrit cette période comme « une nouvelle étape de transition au sein du groupe », dans un contexte économique jugé difficile.
En outre, le classement 2026 met en évidence une concentration accrue des grandes fortunes africaines. Le patrimoine cumulé des milliardaires recensés dépasse les 100 milliards de dollars, un seuil jamais atteint auparavant. Le classement confirme la forte représentation de l’Afrique australe et de l’Afrique du Nord, avec une prédominance des secteurs de l’industrie, des mines, de la finance et de l’énergie.
En tête figure le Nigérian Aliko Dangote, dont la fortune est estimée à 25,2 milliards de dollars, devant le Sud-Africain Johann Rupert deuxième avec 16 milliards de dollars et Nicky Oppenheimer, troisème avec 10,5 milliards de dollars. L’Égyptien Nassef Sawiris arrive à la quatrième position avec 8,4 milliards de dollars, le Nigérian Abdul Samad Rabiu, cinquième avec 7,9 milliards de dollars.
A la sixième position on retrouve un autre nigérian, Mike Adenuga avec 6,3 milliards de dollars. Au septième rang, Naguib Sawiris avec 5 milliards de dollars, suivi à la huitième place par le sud-africain Koos Bekker avec 3,8 milliards de dollars. L’égyptien Mohamed Mansour arrive à la neuvième position avec 3,4 milliards dollars. Le top 10 est complété par le sud-africain Patrice Motsepe avec 3,4 milliards de dollars.
Dans la suite du classement des milliardaires africains, on retrouve : Issad Rebrab 11e avec 3 milliards de dollars, le sud-africain Michiel Le Roux 12e avec 2,9 milliards de dollars, le tanzanien Mohammed Dewji 13e avec 2,2 milliards de dollars, le sud-africain Jannie Mouton 14e avec 2,1 milliards de dollars, le marocain Othman Benjelloun 15e avec 1,9 milliard de dollars, le sud-africain Christoffel Wiese 16e avec 1,8 milliard de dollars, le marocain Aziz Akhannouch 17e avec 1,6 milliard de dollars, le marocain Anas Sefrioui 18e avec 1,6 milliard de dollars, et l’égyptien Youssef Mansour 19e avec 1,4 milliard de dollars.
Dans l’ensemble, Forbes Afrique souligne que ces fortunes reposent sur des groupes bâtis sur le long terme, souvent familiaux, mais aussi sur des trajectoires marquées par des phases de croissance, de ralentissement et de recomposition. Le classement 2026 reflète ainsi les évolutions contrastées de la richesse privée en Afrique, entre continuité et transitions.






