AccueilénergieRèglement européen sur le méthane : un report d'un an envisagé pour...

Règlement européen sur le méthane : un report d’un an envisagé pour les importations d’hydrocarbures

Date:

L’Union européenne (UE) pourrait reporter d’un an l’application d’une partie de son règlement sur les émissions de méthane concernant les importations d’hydrocarbures. Cette éventualité intervient après plusieurs demandes formulées par des pays producteurs de gaz, dont l’Algérie, ainsi que par plusieurs Etats membres de l’UE.

Le commissaire européen à l’Energie, Dan Jorgensen, a indiqué que la Commission examinait cette possibilité. « J’ai demandé à mes services d’examiner les possibilités de reporter d’un an la partie de la législation (sur le méthane) concernant les importations » d’hydrocarbures, a-t-il déclaré dans un entretien accordé à Bloomberg.

Cette annonce intervient dans un contexte marqué par les incertitudes sur les approvisionnements énergétiques européens, notamment en raison de la situation au Moyen-Orient et des tensions autour du détroit d’Ormuz.

Cité par l’AFP à l’issue d’un point de presse vendredi 25 septembre, Dan Jorgensen a expliqué que ce délai supplémentaire permettrait aux opérateurs de se préparer à l’entrée en vigueur des nouvelles obligations. « Cela donnerait aux acteurs du marché le temps nécessaire pour s’assurer qu’ils peuvent effectivement mettre en œuvre ces nouvelles règles sans nuire à notre sécurité d’approvisionnement ni faire grimper les prix » de l’énergie.

Le commissaire européen a également évoqué la perspective d’un hiver marqué par des difficultés sur le marché de l’énergie. Il a justifié l’examen d’un éventuel report par la perspective d’un « hiver potentiellement très difficile, compte tenu des incertitudes entourant la situation dans le détroit d’Ormuz et des prix de l’énergie très élevés ».

Plusieurs pays avaient demandé un délai

La possibilité d’un report avait déjà été évoquée au sein de l’UE avant l’aggravation de la situation au Moyen-Orient. Le 26 juin 2026, lors du Conseil « Transports, télécommunications et énergie », l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, la République tchèque, la Hongrie, l’Italie, la Lituanie, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie et la Suède avaient demandé un report de trois ans pour certaines obligations du règlement.

Cette démarche avait reçu le soutien de l’Allemagne. Ces Etats estimaient notamment qu’un délai supplémentaire était nécessaire afin de préserver la sécurité énergétique de l’Union et de tenir compte des difficultés liées à l’application des nouvelles règles.

En juin, Dan Jorgensen avait défendu le maintien du dispositif européen en réponse à ces demandes. « Certains des outils les plus efficaces dont nous disposons pour lutter contre le changement climatique, comme le règlement sur le méthane, doivent être préservés », avait-il déclaré.

La position exprimée vendredi marque toutefois une évolution, même si aucune décision officielle de report n’a encore été annoncée par la Commission européenne.

L’Algérie demande une adaptation du calendrier

L’Algérie avait, pour sa part, engagé des démarches avec le Qatar, le Nigeria et les Etats-Unis pour demander une révision du calendrier d’application du règlement européen sur le méthane.

Adoptée en 2024, cette réglementation prévoit que les importateurs de pétrole et de gaz dans l’Union européenne devront, à partir de janvier 2027, surveiller et déclarer les émissions de méthane liées à leurs approvisionnements. L’objectif affiché par l’UE est notamment de réduire les émissions liées aux fuites de méthane dans la chaîne de production et d’approvisionnement des hydrocarbures.

Dans sa démarche auprès de la Commission européenne, Alger a également mis en avant les mesures prises par le secteur national des hydrocarbures pour réduire ces émissions. Elle a notamment affirmé que Sonatrach et ses partenaires producteurs de pétrole et de gaz « ont déployé des efforts concrets et injecté des investissements considérables en matière de réduction des émissions de méthane, des efforts qu’ils continuent de renforcer, en parfaite adéquation avec les objectifs du règlement européen et les engagements internationaux de l’Algérie ».

L’éventuel report concernerait donc les obligations liées aux importations. Pour l’heure, la Commission européenne n’a pas annoncé de décision définitive sur le calendrier d’application.

Articles associés

Derniers articles